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Selon les Nations Unies, la culture de paix est un ensemble de valeurs, de comportements et de modes de vie qui rejettent la violence et préviennent les conflits en s'attaquant à leurs racines, par le dialogue et la négociation entre les individus, les groupes et les Etats. Pour la promouvoir, il faut intervenir dans l'éducation, défendre un développement durable, le respect des droits de l'homme, l'égalité entre hommes et femmes, favoriser la participation démocratique, la tolérance et la solidarité, la libre circulation des connaissances et agir en faveur de la paix internationale.
En 1997, suite à un appel des Prix Nobel de la Paix les Nations Unies ont proclamé les années 2001 à 2010 " Décennie internationale de promotion d'une culture de la non-violence et de la paix, au profit des enfants du monde ". Mais de la proclamation aux actes, il y a souvent un fossé.
Un monde qui reste violent
Les conflits sont inhérents aux rapports humains, mais ils ne génèrent pas nécessairement la violence. Régler des différends, entre personnes ou entre Etats, peut se faire de diverses manières : par la coopération, la discussion, la négociation. Ce qui menace la paix, ce ne sont pas les conflits mais la violence comme mode de résolution des conflits.
La violence est donc évitable, mais elle n'est pas souvent
évitée. Depuis 1945, le monde a connu peu de jours
de paix. Si le nombre de guerres traditionnelles, impliquant des
Etats, a diminué, grâce à la fin des guerres
de colonisation et de la guerre froide et au rôle important
de l'ONU en termes de prévention et de maintien de la paix,
la violence est loin d'avoir disparu. La seule Afrique a vécu,
pour la même période, 35 conflits majeurs qui ont
causé plus de 10 millions de morts. Aujourd'hui encore,
l'Irak, la Tchétchénie, le Soudan, la Palestine
sont le théâtre de conflits sanglants.
Depuis 1945, les guerres traditionnelles ont été en partie remplacées par des guerres dites asymétriques où les armes opposant les deux camps sont de nature différente. On estime également que les guerres actuelles font moins de morts, mais en même temps que seules 10 % des victimes d'un conflit le sont d'une violence directe, les autres meurent de maladie, de malnutrition, de toutes ces conséquences indirectes des guerres.
Car au-delà des drames humains évidents, la guerre affecte aussi l'économie, l'administration, l'environnement, de pays, voire de régions entières. Elle fragilise et appauvrit les pays de façon profonde, ce qui alimente d'autant les tensions.
Des responsabilités multiples
C'est en grande partie la pauvreté, l'injustice, les frustrations de toutes sortes, qui restent responsables de la violence. Si les conflits religieux ou politiques existent, ils sont exacerbés par les difficultés économiques et sociales qui génèrent de la violence, du désespoir et de l'incompréhension.
Mais par ailleurs, la violence peut être alimentée
plus ou moins volontairement par des groupes qui y trouvent intérêt,
pour garder le pouvoir ou faire des affaires. Un des enjeux importants
dans les situations de fin de guerre est de réussir à
sortir de l'économie de guerre (trafics en tous genres
qui bénéficient évidemment à certains)
pour passer à une économie de paix.
D'autre part, l'existence et la prolifération des armes
participent également à alimenter la violence. En
effet, si les armes ne sont pas la cause des conflits, elles les
aggravent et rendent difficile le passage à la paix. De
ce point de vue, la responsabilité des grandes puissances
est très importante car depuis 50 ans, elles sont les principaux
fournisseurs d'armes du monde. L'interdiction de la vente de certaines
armes et le contrôle de leurs transferts sont une exigence
pour la paix.
Construire la paix
La paix se construit et se préserve, elle n'est pas une
donnée stable et peut à tout instant être
remise en cause. Maintenir et construire une paix durable va au
delà du simple dépôt des armes. Cela passe
par la diminution de la pauvreté et le renforcement de
la démocratie et aussi par le développement d'une
éducation à la paix et à la non-violence.
En effet aujourd'hui encore, la compétition reste une valeur
trop souvent mise en avant au détriment de la coopération.
La médiation, les formes d'apprentissage de règlement
non-violent des conflits, le travail sur les préjugés
et les présupposés sont souvent négligés.
De même, l'histoire des luttes non-violentes ou des réconciliations
reste moins enseignée que celle des batailles et des guerres.
Renforcer la coopération
D'un point de vue international, de grandes avancées ont
eu lieu depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Ainsi
en 1945, la création de l'Organisation des Nations Unies
(ONU) semblait concrétiser le rêve d'une démocratie
mondiale où les peuples s'unissent pour préserver
la paix. L'organisation a participé à cet effort
de paix en adoptant de nombreux textes en vue du respect des droits
de l'homme, en luttant contre la pauvreté, en créant
des tribunaux pour juger les criminels de guerre, ou en assurant
de nombreuses opérations de réconciliation et de
maintien de la paix. Mais son rôle reste en deçà
des espoirs qu'elle a suscités. Créée par
les pays qui venaient de gagner la guerre, L'ONU est restée
sous leur contrôle, ce qui freine son action et mène
à de graves dérives. Sans force propre, l'ONU reste
dépendante des Etats, qui malgré leurs beaux discours
n'ont pas toujours les meilleures intentions. Néanmoins,
elle reste l'institution la plus légitime au niveau international
et la plus grande instance de coopération entre les Etats.
Même si l'institution mérite d'être réformée,
ses actions pour la paix et les droits doivent être renforcées.
Si les Etats n'y sont pas enclins, la société civile
peut les y contraindre.
© Ritimo, 2006
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