Noir bilan, déjà une longue histoire
Dans les années 70, Nestlé fait scandale. Poussant la commercialisation de lait en poudre dans les pays en voie de développement, l'entreprise est accusée d'avoir entraîné des centaines de décès de nouveaux-nés, victimes d'une utilisation inadéquate de ce lait.
1984, Bhopal, (Inde) un réservoir explose, laissant s'échapper 40 tonnes de gaz toxiques : plus de 20 000 personnes décéderont. Il faudra des poursuites judiciaires et 13 ans de détermination sans faille pour que les victimes soient indemnisées par la responsable, une multinationale américaine. Le site n'a par contre toujours pas été nettoyé et continue d'empoisonner les cours d'eau.
Le 12 décembre 1999, l'Erika coule laissant s'échapper 20 000 tonnes de pétrole et pollue irrémédiablement les côtes bretonnes.
Dans les Maquiladores du Mexique ou les usines chinoises produisant pour de grandes marques, les conditions de travail odieuses s'associent en général à une répression syndicale violente pouvant aller jusqu'aux menaces de mort.
Dans les grandes plantations bananières dépendant de Chiquita ou Del Monte, des avions déversent des pesticides sans se soucier des hommes qui y travaillent.
Des délocalisations sauvages laissent des régions entières dans le désarroi économique. Inversement, certaines grandes surfaces peuvent déstructurer le tissus économique des pays où elles s'installent.
Cette série pourrait être allongée mais il n'est pas besoin de multiplier les exemples pour montrer que le bilan des activités des entreprises est noir et qu'une régulation est nécessaire.
Des grandes catastrophes médiatiques...
Les voyous de la mer - naufrages, pollution et sécurité : le bilan de la santé de la mer
Christian Buchet, Ed Ramsay, 2003, 198 p.
Prestige, Erika, Ielovi Sun, Olympic Bravery, Amoco Cadiz.. L'auteur fait un point sur le bilan santé de nos mers et fait des propositions concrètes pour garder espoir.
L'Erika : responsabilité pour un désastre écologique
Sabrina Robert, préface d'Alexandre Kiss et avant propos de Brigitte Stern, Paris : Edition A. Pedone, 2003, 260 p.
L'Erika, pétrolier maltais est venu souiller de ses quelques 20 000 tonnes de pétrole les côtes bretonnes. Le navire s'est brisé le 12 décembre 1999 au large des côtes françaises. Il restait encore à trouver les responsables d'une telle catastrophe. Propriétaire du navire, affréteur, société de classification, Etat du pavillon. Tous étaient impliqués dans la gestion du navire. Se plaçant du point de vue des victimes, de toutes les victimes de dommages économiques ou écologiques, l'auteur, juriste, nous fraie un chemin dans le labyrinthe des réglementations nationales et internationales. Tout en étant très rigoureuse, elle réussit à donner une dimension poétique et accessible au non-praticiens, à son ouvrage.
Il était minuit cinq à Bhopal
Dominique Lapierre, Javier Moro, Paris, Robert Laffont, 2001/03, 444 p.
Minuit cinq dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984. Un foudroyant nuage de gaz toxique s'échappe d'une usine américaine de pesticides construite au cœur de l'ancestrale ville indienne de Bhopal. Il fait entre seize et trente mille morts et cinq cent mille blessés. C'est la plus meurtrière catastrophe industrielle de l'histoire. Ce livre raconte la poignante aventure humaine et technologique qui a conduit à cette tragédie. (résumé de l'éditeur)
Pourquoi l'Erika a coulé ?
François Lille, ed. L'esprit frappeur, 2000, 102 p.
Le naufrage de l'Erika a surtout révélé l'état de la dégradation de la navigation maritime. L'auteur met en cause les pratiques douteuses des multinationales et de certains Etats, pavillons de complaisance et paradis fiscaux. A partir de l'exemple de l'Erika, l'auteur tente d'amener les citoyens à prendre conscience de la gravité de cette dérive mondiale et de la nécessité d'y mettre fin.
Pétroliers de la honte
Patrick Benquet et thomas Laurenceau, Edition 1, 2000.
Chaque mois, un pétrolier coule quelque part dans le monde. Cet ouvrage est une enquête sur le pourquoi de ce phénomène. La réalité qu'il dévoile est parfois effrayante : les bateaux peuvent changer de nom et de pavillon en pleine mer, les marins ne comprennent même pas la langue de leur commandant. Cet ouvrage révèle les véritables ambitions de ceux qui laissent circuler ces pétroliers.
....aux violations quotidiennes
Nestlé est-elle une organisation humanitaire ?
Elodie Devillers, Défis Sud, n°79, 2007/09, p. 24-26
Forte de sa position de leader de l'agro-alimentaire sur de nombreux marchés africains, Nestlé soutient des projets dans les domaines sanitaire, éducatif et social. Elle adopte parfois un discours proche de celui des ONG et se vante de contribuer aux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Mais ce discours est contredit par l'action de Nestlé qui ferme des usines, baisse les salaires, exploite des sources d'eau minérale au détriment de l'environnement, exporte du lait en poudre subventionné par l'UE, influence la réglementation internationale des substituts au lait maternel, etc.
L' Inde et son coca
Notre Terre vers un développement durable, n°20, 2006/12, 12 p.
Sélection d'articles traduits de la revue Down To Earth (New Delhi, Inde) sous la rubrique : "CSE-Multinationales du coca. David contre Goliath".
Le Center for Science and Environment en Inde se bat avec ténacité contre les multinationales Coca Cola et Pepsi Cola qui offrent aux Indiens des boissons pleines de pesticides et de sucre sans aucun respect de normes en vigueur dans le reste du monde et très nocives pour la santé. Le CSE interpelle en permanence le gouvernement indien pour qu'il établisse des règles capables de protéger les citoyens.
Total "ONG" de développement inhumanitaire
Donat Carlier, Gaëtan Vanloqueren, Défis Sud, n°72, 2006/03, p. 39-41
Le pétrolier Total pour installer un gazoduc, n'a pas hésité à "collaborer" avec la junte birmane, un des régimes militaires les plus sanglants au monde. L'entreprise verse de confortables pots de vin aux militaires et essaie de cacher les exactions (travail forcé, emprisonnements) auxquelles elle participe par sa seule présence. Un plan de communication destiné à redorer l'image de Total n'a pas réussi, malgré le soutien inattendu du Bernard Kouchner.
L'eau des multinationales : Les vérités inavouables
Roger Lenglet, Jean-Luc Touly, Paris, Fayard, 2006/01, 251 p.
Collusion entre le politique et l'affairisme, corruption généralisée, financements opaques, entreprises au fonctionnement douteux, situations de monopole... Voilà les aspects essentiels qui caractérisent le commerce et la distribution du bien public mondial, qu'est l'eau. Le livre révèle les méthodes des grandes entreprises de l'eau pour transformer les usagers en payeurs aveugles et acheter des élus.
Petites mains du Sud pour firme du Nord
Jean-Christophe Servant, Le Monde Diplomatique, n°622, 2006/01, p. 18
Fait partie d'un dossier de deux articles "La multinationale du XXIe siècle". Notes.
Peu sourcilleuse sur les conditions de travail dans les entreprises auprès desquelles elle se fournit, Wall-Mart (multinationale américaine, devenue la plus grosse entreprise de distribution du monde), sous-traite une grande partie de ses produits en Afrique, en Amérique latine et désormais en Chine, où les salaires sont encore plus bas.
L'empire de la honte
Jean Ziegler, Paris, Fayard, 2005/03, 329 p.
Cet ouvrage est dédié aux membres de la délégation de l'ONU à Bagdad, tués dans un attentat.
Cet ouvrage est un cri de colère. Contre l'emprise des Etats-Unis sur le monde, contre les multinationales, qui ne cherchent qu'à écraser les peuples de l'hémisphère Sud, en utilisant deux "armes de destruction massive" : la dette et la faim. Par la dette, les Etats abdiquent leur souveraineté ; par la faim qui en découle, les peuples agonisent et renoncent à la liberté. Les méthodes les plus basses sont utilisées : brevetage du vivant, destruction des syndicats, développement de la culture des OGM par la force. Jean Ziegler analyse le cas de l'Ethiopie, complètement écrasée par le problème de la dette, et celui du Brésil où Lula ne peut développer son programme en raison de l'énorme dette accumulée au cours des années. Mais il y a des espoirs dans les mouvements populaires, dans cette insurrection des consciences qui se manifeste de plus en plus : la guerre pour la justice sociale planétaire est à venir.
S'implanter dans les pays en développement : huit entreprises françaises face à leurs responsabilités sociales et environnementales
Centre français d'information sur les entreprises ; Paris, 2003/01, 109 p.
Cet ouvrage prend en exemple huit entreprises françaises : Accor en Tunisie, Carrefour en Chine, Renault en Roumanie, Suez en Argentine, TotalFinaElf en Birmanie, Saint-Gobain au Brésil, Aventis à Madagascar, Vivendi en Afrique du Sud. Il prend le soin de les présenter (historique, stratégie, chiffre d'affaire...) puis pour chacune d'entre elles, prend un cas concret d'implantation dans un pays qu'il n'oubliera pas de présenter (situation sociale, politique, économique...). Une conclusion après chaque cas permet d'avoir une vision rapide des effets positifs et négatifs de l'activité de la multinationale en question. : Accor en Tunisie, Carrefour en Chine, Renault en Roumanie, Suez en Argentine, TotalFinaElf en Birmanie, Saint-Gobain au Brésil, Aventis à Madagascar, Vivendi en Afrique du Sud.
A quelles conditions investir en zone de conflit ?
François Misser, Demain le Monde, 2003/03, n°72-73 P. 20-21.
Cet article apporte une attention particulière au fait que les multinationales pourraient être accusées de financer ou de tirer profit de situation de non-droit, suite à des investissements dans des zones de conflit.
Les multinationales et la nouvelle colonisation de l'Afrique
François-Xavier Verschave ; Alternatives non-violentes n°116, 2003/03, p. 20-25
Les multinationales, leurs investissements, leurs soutiens à des gouvernements pour obtenir des possibilités d'exploitations des richesses naturelles plus " facilement " génèrent une nouvelle forme de colonialisme qui rime avec mondialisation, dépendance économique, corruption. Les relations d'Etat à Etat n'en sortent pas indemnes. Cet article nous montre comment les multinationales et le pouvoir étatique sont les deux acteurs d'une nouvelle colonisation qui a débuté juste après l'indépendance des pays africains.
Chine : des jouets fabriqués dans la douleur
Réseau solidarité, 2001, 72 p.
La société multinationale Mattel, numéro 1 mondial du jouet, est devenue célèbre grâce à la poupée Barbie. En mars 1997 elle a publié un "code de conduite" et a instauré une cellule de travail pour en assurer le contrôle. Mais l'entreprise est toujours montrée du doigt par des ONG. Cette publication est le fruit d'une enquête menée en Chine par l'Asian Monitor Resource Center (AMRC), une Organisation Non-Gouvernementale, basée à Hong Kong, spécialisée dans l'étude et le suivi des conditions de travail dans les entreprises asiatiques. Elle comporte de nombreux témoignages d'ouvrières du jouet de ce pays.
No Logo : la tyrannie des marques
Naomi Klein, édition Actes Sud, 2001, 573 p.
Aujourd'hui, le village est planétaire, et la société de consommation dominée par les marques. Les multinationales ne se sont pas contentées de bouleverser les mentalités et le monde du travail, elles ont modifié l'économie de nombreux pays. Dans cette course au profit, beaucoup sont en effet passés maîtres dans l'art de bafouer les droits de l'homme: l'esclavage moderne existe dans les zones franches industrielles ou dans certains Etats du Tiers-Monde, véritables paradis fiscaux pour sociétés capitalistes. Pendant ce temps, en Occident, les usines ferment les unes après les autres et migrent sous des cieux plus complaisants, les mises à pied massives se succèdent à un rythme effréné, les contrats à temps partiel ou intérimaires remplacent les emplois permanents, les acquis sociaux sont laminés, voire disparaissent. Mais le nombre augmente de ceux qui prônent l'urgence d'une mobilisation vigilante, et qui dénoncent les abus commis par les grandes sociétés.
Sociétés transnationales et droits humains. Etude de cas et responsabilités
Cetim/AAJ, Cetim, 176 p., 2000.
Cette brochure donne des exemples divers et concrets de violations des droits de l'homme par les sociétés transnationales, que ce soit des violations des droits économiques, sociaux et culturels ou plus largement du droit au développement. L'étude présentée ici se situe principalement dans le cadre des " pays en développement ", mais pas uniquement, car il est évident que ces violations sont très présentes dans les pays du Nord. Elles sont néanmoins plus systématiques dans les pays du Sud où les STN et les autorités étatiques ont une plus grande facilité encore à faire bon marché des droits humains fondamentaux.
Cette brochure regroupe des textes en français, anglais et espagnol.
Bolloré : monopoles, services compris : tentacules africaines
Agir Ici. - Paris : L'Harmattan, 2000, 79 p. - (Dossiers noirs n°15).
Le groupe économique Bolloré figure est très actif. Ce dossier montre le caractère tentaculaire d'un empire économique, ses accointances avec les dictatures africaines et le gouvernement français, ainsi que les atteintes à l'environnement causées par une exploitation forestière incontrôlée.
Projet pétrolier Tchad-Cameroun : dés pipés sur le pipe-line
Agir Ici. - Paris : L'Harmattan, 1999, 63 p. - (Dossiers noirs n°13).
Cet ouvrage démonte les rouages d'un imbroglio économico-politique, lié à la découverte de pétrole sur le continent africain (Tchad - Cameroun). Les intérêts politiques et économiques se confondent et la corruption y trouve son apogée.
La Françafrique : le plus long scandale de la République
François-Xavier Verschave, Paris, Stock, 1998, 375 p.
Cet ouvrage retrace une partie de l'histoire tumultueuse et bien souvent douloureuse des relations franco-africaines. Y sont mis en avant non seulement les malversations liées à l'exploitation de l'Afrique par des multinationales, mais aussi le rôle joué par les Etats et notamment l'appui des gouvernements occidentaux aux dictatures africaines et les conflits larvés entre " grandes puissances " qui prennent leurs dimensions concrètes au cour du continent africain.

© Ritimo, Cedidelp, CRD, 2008
Références extraites de la base de données bibliographique Ritimo. Tous les documents cités sont consultables dans les centres Ritimo.
|