Introduction
La dette extérieure totale des pays en développement s’élève en 2006 à 2850 milliards de dollars, ce qui représente 110 milliards de plus qu’en 2005. Quant au service de la dette extérieure en 2006, le montant atteint 540 milliards de dollars, soit exactement le montant de la dette extérieure totale en 1980. Une dette colossale pour ces pays – le remboursement les prive de ressources nécessaires au financement des secteurs sociaux essentiels. Les pays riches, la banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), sont loin d’être étrangers à l’accumulation de cette dette.
Dans les années 1960 / 1970, les pays du Sud, jeunes Etats indépendants, empruntent pour se "développer", construire, bâtir, moderniser. Les taux d’intérêts sont bas, les banques occidentales, qui ont des réserves à placer, incitent à l’emprunt. Mais au tournant des années 1970 / 1980, les cours des matières premières (la principale source de revenus des pays en développement) chutent alors que les taux d’intérêts son triplés. Cela les oblige à emprunter pour rembourser enclenchant une infernale spirale.
Ainsi, la dette alimente la pauvreté. Elle étouffe les pays et pompent leurs ressources. Bien souvent, les emprunts ayant été contractés par des dictateurs ou des dirigeants corrompus, les populations n’ont tiré aucun bénéfice de ces emprunts. Et aujourd’hui, au lieu de construire des écoles, de former des médecins, des professeurs, d’assainir l’eau, de construire des logements sociaux…, les Etats doivent consacrer leur budget au remboursement de cette dette illégitime, souvent plus de 40% de leur budget alors qu’ils ne peuvent consacrer que 7 à 8 % à l’éducation.
Chaque année, plus de 300 milliards de $ sont déboursés par les Etats endettés. Entre 1980 et 2003, ils ont ainsi remboursés 4600 milliards de $. Ils ont donc payé plusieurs fois le montant des sommes empruntées au départ. Sans pour autant parvenir à rembourser leur dette, les taux d’intérêts de leurs emprunts ayant été multipliés sans limite, obligeant à de nouveaux emprunts. Aujourd’hui la dette est un obstacle majeur à la satisfaction des besoins fondamentaux des populations et un outil de domination pour les grandes puissances et les multinationales. Après des siècles de pillage, d’esclavage, de colonisation, la dette est devenu un mécanisme subtil de domination et le moyen d’une nouvelle colonisation empêchant tout développement humain.
Les mouvements citoyens, au Sud comme au Nord, revendiquent l’annulation des dettes illégitimes et odieuses (dettes bilatérales et multilatérales), assortie de mesures en faveur des populations victimes du remboursement excessif de la dette. Pour s’attaquer aux causes profondes, il faut mettre en place un système de règlement incluant un droit international arbitrant les intérêts des créanciers et des débiteurs, l'établissement d'un lien garanti entre l'annulation et l'investissement dans le développement durable et la révision des modalités de financement du développement.
© Ritimo, Ciip, novembre 2007
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