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"L'idéal est pour nous ce qu'est l'étoile pour le marin. Il ne peut être atteint, mais il demeure un guide." Albert Schweitzer
Abolition du servage, de l'esclavage, Déclaration Universelle des droits de l'Homme et du citoyen, indépendance des pays colonisés, droit de vote des femmes, chute de dictateurs, droits sociaux et congés payés, chaque progrès, chaque avancée vers plus d'équité et de respect des êtres humains est le résultat de l'action d'hommes et de femmes qui ont réagi aux injustices.
À de nombreuses reprises, les hommes ont cru que des temps meilleurs viendraient et avec un peu de naïveté ont imaginé des fins de l'histoire heureuses. Après les déceptions qui ont suivi les indépendances des pays du Sud par exemple (qui ont souvent conduit à la mise en place de dictatures) ou le dévoiement des idéaux dans les régimes dits " communistes ", on a assisté à un recul des idées "utopiques", des rêves d'un monde meilleur, des espoirs d'établir la justice sur terre. Les années 80 par exemple ont été marquées d'un certain vide politique qui a permis au capitalisme et au libéralisme de s'imposer un temps comme les seules voies possibles.
Mais rapidement, le chômage, la précarité, la situation des sans papiers, des mal-logés, les marées noires et les lois sécuritaires, ont conduit à de nouvelles oppositions dans les pays du Nord. Et, depuis le début des années 90, de nouvelles formes de mobilisations se multiplient.
Au Sud de même, les dictatures, l'impact de la dette, des
normes internationales imposées par l'Organisation Mondiale
du Commerce ou les Institutions Financières internationales
ont également soulevé de nombreuses oppositions
et mouvements de contestation.
Ainsi aujourd'hui comme hier, certains pensent encore à changer le monde. Il n'y a plus de modèle unique proposé, ni de voie évidente, ce qui rend quelquefois les mobilisations plus difficiles. Mais on assiste à un foisonnement de propositions, d'initiatives, d'échanges qui attestent d'une vitalité nouvelle.
Une mobilisation mondiale
De plus, le phénomène de globalisation des problèmes et des solutions sur la planète accroît la nécessité d'être citoyen du monde ! Au cours des années 90, les liens entre mouvements du Nord et du Sud se sont donc accélérés. Une revendication commune a même vu le jour avec l'exigence d'une taxation de la spéculation financière (la taxe Tobbin). Nord et Sud se retrouvent pour contester l'action des IFI ou de l'OMC. Et, de fait, depuis 1999 où une manifestation a réussi à gêner l'Organisation Mondiale du commerce à Seattle, on assiste à la naissance d'un véritable mouvement citoyen mondial. On l'appelle quelquefois altermondialiste au sens où ce mouvement s'oppose au discours fataliste de gouvernements et d'entreprises qui tendent à faire penser que la mondialisation ne peut être que néolibérale ( basée sur une concurrence accrue, la marchandisation de tous les aspects de la vie humaine et la course généralisée aux profits).
Un autre discours
Comme les Lumières au XVIIIe siècle ont contesté
le discours des puissants de l'époque, les mouvements sociaux
contestent et diffusent d'autres idées. Que ce soit sur
les effets des plans d'ajustements structurels, de la libéralisation
des marchés, du brevetage du vivant ou de l'utilisation
d'Organismes Génétiquement Modifiés (OGM),
on assiste à une véritable contre-expertise citoyenne.
Le symbole le plus frappant étant la tenue de Forums sociaux,
locaux mais aussi mondiaux où des acteurs de tous les pays
échangent, s'informent et rediffusent une autre information.
Ils réussissent même à élaborer des
propositions et d'autres discours qui ébranlent les positions
dominantes. On a ainsi vu des gouvernements parler de développement
durable et de nécessaire lutte contre la pauvreté.
Si cela reste encore du niveau des discours, c'est un signe que
les Etats ne peuvent rester sourds face à tant de mobilisations.
Des initiatives multiples
D'autant qu'au-delà des discours, de nombreuses initiatives
se mettent en place un peu partout. Elles témoignent que
l'on peut agir, produire et échanger autrement : commerce
équitable, économie solidaire, diffusion de logiciel
libre, agriculture biologique, énergie renouvelable, budget
participatif... Autant d'exemples qui prouvent que l'on peut penser
et vivre un autre commerce, une autre économie, une autre
agriculture, que la démocratie n'est pas aboutie et que
l'on peut encore progresser vers plus de justice et d'égalité
entre les hommes.
© Ritimo, novembre 2007
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