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L'enjeu alimentaire

Glossaire

A C D F G I M R S

Agriculture durable :

Agriculture qui respecte les milieux naturels et les sociétés qui y vivent et qui permet aux petits agriculteurs de se développer sans détruire le milieu naturel. Chaque milieu a ses propres ressources qui doivent être valorisées et qui ne sont pas seulement agricoles. L’activité agricole couvre non seulement la production d’aliments mais aussi les productions énergétiques (combustibles…), pharmaceutiques (plantes médicinales…) Il se crée donc une concurrence entre ces diverses productions avec des conséquences qui peuvent être graves lorsqu’elles concernent les cultures destinées à nourrir les populations.
L’agriculture durable vise à atteindre un prix juste afin que les paysans et leur famille puissent vivre décemment et investir dans leurs productions. En cela, elle rejoint le commerce équitable.

Agriculture paysanne :

En opposition à l’agriculture capitaliste fonctionnant avec des salariés, l’agriculture paysanne est une agriculture familiale ancrée dans « son » pays ; les paysans qui ont une fine connaissance et le respect des écosytèmes locaux, vivent de leur travail et ne délocalisent pas brutalement leurs capitaux au gré des opportunités de profit capitalistiques. Ils transmettent un patrimoine à leurs enfants et sont donc soucieux de développement durable, à l’inverse d’une multinationale.
C ‘est une vision  de l’agriculture qui insiste sur le rôle social et environnemental des paysans. Elle répond à des critères à la fois de durabilité, de respect de l'environnement  et du tissu social. C’est également un mouvement de lutte syndicale contre le productivisme et les politiques agricoles néo-libérales. Il est porté par différentes organisations telles que l’Association pour le maintien d’une agriculture paysanne, Via Campesina et la Confédération paysanne.

Aide alimentaire :

Transfert de produits alimentaires, par des donateurs publics ou privés à un pays ou à des populations bénéficiaires, à titre de don ou à des conditions exceptionnelles. Cette aide, en cas de famine, répond à une nécessité d’urgence. Mais il est nécessaire de la limiter dans le temps et de l’accompagner de mesures permettant son retrait et l’assurance de la sécurité alimentaire des populations. La plus grande partie de l’aide alimentaire est consentie par les pays riches aux pays en développement dans le cadre de programmes qui permettent aux agriculteurs du Nord d’écouler leurs excédents, mais qui ne sont pas favorables aux agriculteurs du Sud. Cette aide alimentaire est remise en vente dans les circuits nationaux par les Etats qui en bénéficient, entraînant des effets pervers, notamment parce qu’elle entre en compétition avec les productions locales. Elle ne peut, ni ne doit, devenir durable. Elle déséquilibre les marchés locaux, perturbe bien souvent les habitudes alimentaires et pire encore, en cas de conflits, devient une «arme» négociable, source de revenus pour les combattants.

Arme alimentaire :

L’arme alimentaire existe. Les grandes puissances agro-exportatrices ont en effet compris qu’elles avaient le pouvoir de déstabiliser les pays « insoumis » en leur imposant un embargo sur des biens essentiels, comme les produits alimentaires.

Autosuffisance alimentaire :

Capacité d’un pays à couvrir ses besoins alimentaires internes par la production nationale.

Crise alimentaire :

Période sous-alimentation, due  soit à une pénurie de l'offre.

Disette :

Diminution occasionnelle et passagère de la ration alimentaire. Les femmes enceintes et les enfants en sont les premières victimes.

Dumping :

Pratique commerciale visant à vendre un produit à un prix inférieur à son coût réel de production, sur les marchés des autres pays.

Faim :

La plupart des personnes qui souffrent de la faim n’en meurent pas mais elles sont dans un état de très grande vulnérabilité aux maladies, leur capacité physique est réduite et, dans le cas des enfants, la faim a pour conséquence un retard de leur croissance et de leur développement intellectuel ; ils subissent des lésions souvent irréversibles.

Famine :

Situation dans laquelle une population n’a pas de quoi se nourrir, entraînant un extrême état de faiblesse et la mort des plus faibles.

GATT :

Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (General Agreement on Trade and Taxe) ancêtre de l’OMC.

G20 :

Constitué en 2003, il regroupe des pays « émergents » (Cuba, Argentine, Chili, Chine, Thaïlande, Zimbabwe…) derrière leur chef de file, le Brésil. Pendant symbolique du G7/8 il a pour objectifs de renforcer le poids des pays en développement dans les négociations internationales concernant notamment les questions agricoles. Il demande une plus grande libéralisation de l’agriculture dans les pays en développement.

Groupe de Cairns :

Il regroupe, depuis le milieu des années 80, des pays développés et des pays en développement qui se définissent comme des agro-exportateurs loyaux, car soutenant peu leur agriculture. (Afrique du Sud, Argentine, Brésil, Canada, Thaïlande…).

Insécurité alimentaire :

Situation à laquelle sont confrontées les populations lorsqu’elles ne peuvent accéder à une nourriture suffisante en quantité et en qualité. La première des causes en est la pauvreté.

Malnutrition :

Etat pathologique résultant du déséquilibre de la ration alimentaire. Ceux qui, quotidiennement, ont une nourriture à peu près suffisante, mais déséquilibrée, sont mal nourris, il manque à leur nourriture certains éléments nécessaires à une croissance normale.

Maladie de carences :

Maladies liées au manque de certains éléments nutritifs comme les sels minéraux et les vitamines.

Réforme agraire :

Processus de redistribution ou de déconcentration de la terre en faveur des petits paysans. Des réformes agraires ont eu lieu dans de nombreux pays du monde. Au-delà d’une redistribution plus équitable des terres, c’est la démocratisation du moyen de production qu’est la terre, qui est en jeu. Elle est revendiquée par les mouvements paysans, notamment le Mouvement des Sans Terre, au Brésil, pays où 53% des paysans possèdent moins de 3% des terres cultivables.

Révolution verte :

Lancée dans les années soixante, son objectif était d’augmenter les rendements notamment grâce au développement de l’irrigation et à la diffusion d'engrais et de variétés de plantes améliorées. Dans certaines régions elle a considérablement amélioré la productivité de cultures vivrières importantes (riz, maïs, manioc…) et la sécurité alimentaire de pays comme l’Inde. Mais elle n’a pas été génératrice d’un développement plus équitable dans le monde rural et n’a apporté qu’une solution très partielle au problème de la faim dans le monde. En particulier, elle n’a pas amélioré le sort des petits paysans car les mesures mises en place ne tenaient pas assez compte de l’importance de la diversité des milieux naturels et humains, ce que proposent par contre les partisans d’une « agriculture durable ».

Sécurité alimentaire :

Elle est définie par l’accès à tout moment, pour chaque individu, à une nourriture quantitativement et qualitativement suffisante pour mener une vie saine et active et en tenant compte de ses habitudes alimentaires. La sécurité alimentaire peut se décliner à l’échelle des familles, des pays, des régions… L’accès à la nourriture étant vital, il peut être un enjeu stratégique en cas de conflits (embargos sur les produits alimentaires).

Sous-alimentation et sous-nutrition :

Concerne ceux qui, quotidiennement, sont insuffisamment nourris ou qui n’ont pas accès à une quantité suffisante de nourriture.

Souveraineté alimentaire :

C’est le droit de chaque nation de maintenir et développer sa propre capacité de production alimentaire, en respectant la diversité des produits et des cultures et sans nuire à la sécurité alimentaire des autres pays. Cette approche donne la priorité à la production locale, prône le droit des consommateurs à choisir leurs produits et le droit des Etats à se protéger des importations agricoles et alimentaires à bas prix.

© Ritimo, Cdtm34, Cridev, 2006

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