Introduction
Une société dans le chaos
Sept ans après le départ des Talibans et le début d'une laborieuse reconstruction assortie d'une démocratisation parachutée, la situation de l'Afghanistan est catastrophique. Corruption, violences et trafics de toutes sortes restent les maux habituels. Le fossé entre riches et pauvres n'a jamais été aussi grand : d'un côté une poignée de personnes s'installent dans des villas somptueuses et dépensent sans compter, de l'autre un grand nombre d'Afghans restent le ventre vide.
La République islamique d'Afghanistan est dirigée par le Président Hamid Karzaï et un parlement, élus l'un et l'autre. Mais le pays subit l'influence de différentes factions : L'Alliance du Nord, essentiellement implantée dans les zones tadjiks du nord du pays, et les Talibans dans la région Sud, en particulier au Waziristan, avec des groupes pachtounes fortement armés et une mosaïque de mercenaires.
En 2008, la situation économique est très précaire. L'électricité n'arrive pas dans les petites villes ; dans les grandes, le courant est distribué de façon irrégulière. L'alimentation en eau est tout aussi aléatoire. Dans les grandes villes, les conditions de logement sont déplorables : on compte plus de 60 % de sans-logis à Kaboul.
L'Etat afghan a bénéficié d'une aide massive de la part de la communauté internationale, grâce à quoi des routes ont été refaites, des ponts et des tunnels reconstruits, des biens publics qui avaient été pillés ont été remplacés. Mais ces avancées sont annihilées par la corruption, les pots-de-vin, la présence d'hommes de main incontrôlables, le trafic des stupéfiants et l'incompétence de nombreux fonctionnaires.
Des ONG ont apporté et apportent encore leur aide à l'Afghanistan : mais cette aide, souvent conçue sans connaissance réelle du terrain, est inefficace quand elle n'est pas contraire aux intérêts de la population. Des voix s'élèvent pour proposer des solutions, qui prendraient en compte les souhaits des habitants et éviteraient cette avalanche d'aides qui détruisent un peu plus le pays. Ce n'est pas le soutien éparpillé à de nombreux projets qui est nécessaire, mais la consolidation de l'Etat qui, lui-même, pourra alors coordonner la reconstruction du pays.
© Ritimo, CDTM Montpellier, 2008
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