Les Etats-Unis toujours un eldorado
Les migrations vers les Etats-Unis
Officiellement 9,8 millions de Mexicains sont recensés aux Etats-Unis mais le nombre réel, comprenant les illégaux, pourrait être de 20 millions. Signe de cette réalité qui est celle de beaucoup de familles du pays, lors de sa première rencontre avec le président Bush en mars 2007, le nouveau président Felipe Calderòn a reconnu que des membres de sa famille travaillaient aux Etats-Unis (légalement !).
Pendant tout le XXième siècle, les Etats-Unis ont adapté l’ouverture ou la fermeture de la frontière à leurs nécessités économiques, provoquant des flux de migrations d’abord temporaires.
Les entrepreneurs américains ont besoin aujourd’hui encore de ces travailleurs migrants dans le secteur agricole et dans celui des services.
La politique migratoire s’est durcie sous la présidence de Georges W. Bush Jr. avec la volonté d’accroître considérablement la surveillance à la frontière, dans le but de lutter contre l’immigration illégale.
Le Mexique au pied du mur ?
« […] les barrières ne sont pas une solution aux problèmes migratoires. » (Déclaration du gouvernement mexicain)
La frontière avec les Etats-Unis, en partie naturelle (Rio Bravo), connaît un trafic journalier de 8000 véhicules et 300 000 personnes avec passeport. Les illégaux (mojados) tentent leur chance dans un jeu du « chat et de la souris » face à la police migratoire (la migra) : on peut estimer que chaque année un million de personnes tentent de passer et peut être 500 000 y parviennent.
Le passage est dangereux à cause des risques naturels (fleuve, zone désertique), des passeurs (coyotes) et des trafics : 472 personnes ont péri en 2005 selon les chiffres officiels d’organismes mexicains.
Sous le prétexte de lutter contre l’insécurité et le terrorisme, le gouvernement américain a promulgué, en novembre 2006, une loi pour la construction d’une « clôture » de 1200 km sur la frontière d'ici 2008, instaurant une véritable militarisation de la zone (radars, détecteurs, caméras à infrarouge, clôture..). Cette mesure a provoqué un net refroidissement des relations entre Mexico et Washington. Ce renforcement rendra le passage encore plus difficile et dangereux, et les migrants pourront être tentés de se fixer aux Etats-Unis.
La frontière…
…commence « à ressembler au bilan d’un conflit larvé dans une région en voie de développement. » Ruben Martinez, La Frontera.
A la suite des accords de l’ALENA l’installation massive des « maquiladoras » (usines de sous-traitance) dans les villes frontalières a attiré le prolétariat misérable de l’intérieur du pays, au lieu de faire revenir les ouvriers agricoles émigrés aux Etats-Unis. De plus, la difficulté du franchissement de la frontière a fait se développer et a renforcé la criminalité. Une délinquance spécifique due à tous les trafics (drogues, armes, faux-papiers, traite des femmes …) couverts et parfois aidés par la police, se révèle particulièrement violente : la disparition de nombreuses jeunes femmes près de Ciudad Juarez est connue au-delà des frontières nationales.
Cette frontière est aussi le lieu de passage de la drogue : 4 cartels y sont établis (94 % de la cocaïne consommée aux Etats-Unis provenait des cartels mexicains en 2004.).
© Ritimo, Cides, 2007
|