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Le Brésil en mouvements

La nécessaire réforme agraire

L’exemple le plus emblématique de ces inégalités est celui des paysans sans terre. Ceux-ci attendent depuis de nombreuses années une réforme agraire qui tarde à se mettre en place.

Le plan de réforme agraire rendu public le 21 novembre 2003 prévoyait de dégager de l’expansion des entreprises agricoles 2 750 000 emplois ruraux nouveaux. Le Brésil en est bien loin. Face aux critiques acerbes de la société civile et des “ sans-terre ”, Lula invoque la nécessité de procéder de manière réfléchie à la réforme.

L’agriculture familiale domine de beaucoup la production de denrées : manioc, haricots... qui sont la base de l’alimentation au Brésil. De plus, elle emploie de plus des ¾ de la main d’oeuvre agricole du pays. Si ce modèle était étendu à tout le territoire, 26 millions d’emplois seraient créés.
Si l’agriculture intensive était généralisée : 12 millions d’emplois disparaîtraient !

Le retard pris par le gouvernement Lula est le résultat à la fois de la pression des gros propriétaires terriens renforçant leur répression “ privée ” des “ sans-terres ” mais aussi le résultat de l’option prise par le gouvernement Lula de développer l’agriculture intensive d’exportation que certains ont baptisé “ l’agrobusiness ”.

La culture du soja est l’exemple le plus représentatif des problèmes posés par l’agriculture intensive. Le soja est très rentable et largement exporté, notamment vers l’Europe. Mais ce soja est soupçonné d’être transgénique ce qui entraîne la méfiance des marchés européens.
Au Brésil, malgré les réticences affichées par Lula quant à la culture des OGM avant son élection, il n’en a pas interdit la culture une fois élu. Leur rentabilité arrange en effet à la fois les industriels producteurs et l’Etat qui en tire les bénéfices à l’exportation au détriment de la protection de l’écosystème.

© Ritimo, Ciip, 2005

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