Le MST
Le mouvement des sans-terres voit le jour en 1984. Pour la première fois, des militants paysans revendiquent l’accès à une terre inexploitée et qui leur est interdite.
Les médias baptisent ces paysans des “sans terr ”. Ceux-ci reprennent ce terme et un an plus tard, le 1er congrès du mouvement des travailleurs ruraux sans terre, MST, avait lieu, réunissant 1500 participants venus de 23 Etats du Brésil. Ces “ sans-terres ” revendiquent depuis la propriété de la terre à “ ceux qui la travaillent ”. Celle-ci est historiquement concentrée entre les mains des grands propriétaires terriens. A partir des années 60 les affrontements se sont multipliés entre paysans, propriétaires et industriels. Les expropriations illégales se sont déroulées dans la violence et le sang.
Mais les sans-terre bénéficieront peu à peu du soutien de juristes, syndicalistes et religieux ce qui renforcera son action et augmentera le nombre de ses militants.
Parallèlement à la lutte pour la terre, le MST cherche aussi à poser les bases d’une société nouvelle en généralisant l’éducation des enfants, l’alphabétisation des adultes, en se souciant de la protection de l’environnement, en organisant la vie communautaire dans les assentamentos (campements établis sur les terres occupées) selon des règles de démocratie directe.
Aujourd’hui, le MST est un mouvement social incontournable au Brésil et qui a essaimé son message et ses luttes dans toute l’Amérique du Sud. Son rôle a été déterminant dans l’élection de Lula et il ne cache pas aujourd’hui sa déception quant à la timidité du chef de l’Etat dans sa volonté de progresser sur la question de la réforme agraire.
Mais le modèle proposé par le MST n’a pas convaincu le gouvernement de Lula. Il ne croit pas que le MST soit capable de proposer une production agricole alternative économiquement viable. C’est pourquoi il fait la sourde oreille face aux revendications du MST qui poursuit ses occupations de terres.
Parallèlement au MST, d’autres mouvements organisés sur le même modèle apparaissent sur d’autres terrains de lutte comme le MSTS (Mouvement des Sans toit de Salvador) par exemple. Ce mouvement tente d’attirer l’attention sur la situation des sans domicile fixe à Salvador de Bahia particulièrement. Tout comme le MST occupe les terres, le MSTS occupe les immeubles non habités afin de faire pression sur le gouvernement sur la nécessité de créer des logements sociaux.
Dans tous ces mouvements, la volonté de rendre à la population le pouvoir de décider de son sort est omniprésent. Autant le MST que les différents Mouvements des sans toit qui se créent progressivement accordent une place important à la prise de décision collective et à la démocratie participative.
© Ritimo, Ciip, 2005
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