Une dictature "à l'ancienne" soutenue par la France
Le Togo est l'une des plus anciennes dictatures du continent africain. Soutenu par la France, Etienne Gnassingbé Eyadema, disparu en février 2005 après trente-sept ans au pouvoir, était l'un des plus purs produits de ce qu'on a appelé la Françafrique. Depuis sa mort, son fils Gnassingbé dirige le gouvernement de façon autoritaire et laisse le pays aller à vau-l'eau.
Les relations franco-togolaises restent un mystère pour beaucoup d'observateurs. On s’est interrogé sur l’acharnement du gouvernement français à soutenir le Général-Président, notamment quand il bafouait ouvertement les "principes de La Baule". Comment, pourquoi, les différents gouvernements français, de droite comme de gauche, ont-ils continué à soutenir le régime d'Eyadema ? Faut-il y voir de véritables relations mafieuses comme le soupçonnent certains commentateurs ?
Le Togo ne constitue pas un point stratégique et ses richesses, modestes, ne justifient pas un tel engouement. Il semble que des ressources en pétrole sur le littoral feraient un motif vraisemblable. En fait, cela fait dix ans qu'on en cherche, en vain jusqu'ici, avec l'espoir de trouver, au mieux, un gisement qui permettrait, comme au Bénin, au Ghana et en Côte d'Ivoire, de couvrir à peu près les besoins nationaux, ou au moins une bonne partie de ceux-ci, ce qui serait déjà précieux. Les conditions naturelles ne sont pas celles des îles du fond du golfe du Biafra. Le Togo n'est pas une future Guinée Equatoriale.
Alors ?
L'acharnement de la France à soutenir cette dynastie totalitaire est incompréhensible.
© Ritimo, Cdtm Montpellier, 2007
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