Un peu d’histoire
Des royaumes africains à la colonisation
Avant l'arrivée des Européens, quelques royaumes, comme l'Atakpamé et le Notsé, existaient sur le territoire de l'actuel Togo, partagé à partir du XVIIème siècle entre les zones d'influence du royaume d'Abomey et de l'Ashanti. Portugais, Danois ou Hollandais s'installent dans la partie côtière pour commercer, avant l'arrivée des Français au Dahomey (actuel Bénin) et des Britanniques en Gold Coast (actuel Ghana). Le pays prend une nouvelle physionomie avec la colonisation allemande à la fin du XIXème siècle.
D'un colonisateur à l'autre
Pendant la première guerre mondiale, le Togo allemand est envahi par les alliés français et anglais qui se partagent ce territoire en 1919. Le Togo actuel en est la partie française. Il est placé sous Mandat par la Société des Nations, puis sous Tutelle par l'ONU, avec un droit d’accès à l’autonomie, voire à l’indépendance. Les Français favorisent l'unité de ce pays conçu artificiellement, en imposant l'enseignement du français.
A petits pas vers l'indépendance
Le Togo obtient un statut d’autonomie en 1956 et se constitue en République – même si la France traîne un peu les pieds. En 1958, Sylvanus Olympio, leader indépendantiste (UFC : Union des Forces de Changement) gagne les élections comme Premier ministre, (un an après l’accession à l’indépendance du Ghana "modèle" de N’Khrumah). Il est représentatif de ces familles partagées entre le Togo et le Ghana. Né à Lomé, il a fait ses études en Angleterre, puis est devenu cadre dans une filiale du groupe Unilever.
En 1960 la France doit accorder l’Indépendance au pays ; Olympio est élu Président de la République en avril 1961. Il fait voter une nouvelle Constitution.
L'apprentissage du pouvoir
Dès son élection, Olympio se tourne vers l’Allemagne pour obtenir la création d’un port en eau profonde. Il a pour objectif d'asseoir le développement économique du Togo sur le phosphate, en toute indépendance par rapport à la France. Très vite, il impose un régime très autoritaire. Les démocrates d'aujourd'hui ont beaucoup de peine à admettre que le "père de l'Indépendance" a sans doute été aussi le fossoyeur de la démocratie.
Un assassinat politique
En 1963, trois ans après l’Indépendance du Togo, Sylvanus Olympio, premier Président élu de ce pays, est assassiné. C’est le premier crime du genre en Afrique (avant Lumumba). La France, qui a vraisemblablement donné son feu vert à l’élimination d’Olympio, pense faire place à la fraction francophile de la bourgeoisie sud-togolaise. Mais les militaires putschistes, incapables de gouverner, rappellent d'exil Grunitzky, autre grand Togolais, malgré la consonance de son nom. On monte de bric et de broc un gouvernement d'Union nationale, qui refuse toute recherche de la vérité et sombre bientôt dans de sordides chicaneries internes. La IIème République, impuissante, est vite discréditée.
Et voilà comment s'installe une dictature
Pendant ce temps, Eyadema devenu Colonel et qui revendiquera plus tard l'élimination du président, s'assure du contrôle de l'armée, manipule l'opinion et prend le pouvoir sans un coup de feu, le 13 janvier 1967 (jour anniversaire du meurtre d'OIympio - le régime jouera toujours méthodiquement sur la confusion entre les deux dates). La dictature se manifeste par :
- La dissolution des partis et de l’Assemblée nationale,
- La suspension de la Constitution (cela durera jusqu’en 1979),
- La constitution d'un parti unique, le RPT, dont toutes les organisations civiles (syndicats, mouvements de jeunesse, etc…) deviennent des filiales.
L'habileté politique d'Eyadema va être de prétendre mettre en place la "véritable union nationale", par opposition à l'ancien régime des "querelles stériles des partis'' Cela lui vaut une certaine popularité, du moins au début, et de solides soutiens internationaux.
© Ritimo, Cdtm Montpellier, 2007
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