Une démocratie en construction
Sortie d’une dictature de près de trente ans en 1997, la République Démocratique du Congo a plongé dans des conflits mettant en jeu ses alliances avec les pays voisins. Le processus de paix et la reconstruction démocratique mis en place dès 2003 ne sont pas encore accomplis sur l’ensemble du territoire.
Depuis la fin du « Parti-Etat » en avril 1990, l'ex-Zaïre du maréchal Mobutu était « en transition ». Une première guerre en 1996-97 permit àLaurent-Désiré Kabila de prendre le pouvoir. Une seconde (1998-2002) fut déclenchée par l'Ouganda et le Rwanda qui suscitèrent de nouvelles rébellions, avant qu’un Dialogue intercongolais permît la mise en place, en juillet 2003, d'institutions de transition, fortement encadrées par la communauté internationale – à commencer par la Mission des Nations Unies au Congo (MONUC). Entre-temps, Joseph Kabila succéda à son père, assassiné en janvier 2001.
Après un référendum constitutionnel en décembre 2005, la transition s’est achevée fin 2006 avec l’élection de Joseph Kabila à la présidence de la République. Début 2007, les institutions de la IIIème République ont été mises en place, avec un gouvernement dirigé par le premier ministre Antoine Gizenga. Encombré de 64 membres, il a été remanié en novembre 2007 et ramené à 41 membres pour entreprendre un train de réformes : renégociation des contrats miniers, décentralisation (avec rétrocession de 40% des recettes de l’Etat aux provinces), création d’une commission de bonne gouvernance. Mais ces projets ont rencontré de nombreux freins politiques et administratifs qui ont ralenti leur réalisation. En mars 2007, de violents affrontements entre l’armée congolaise et la garde de Jean-Pierre Bemba, candidat malheureux aux élections présidentielles, Jean-Pierre Bemba ont causé la mort de 200 personnes dans les rues de la capitale, avant que Bemba ne s’exile au Portugal.
Dans ce contexte, la démobilisation des anciens miliciens et la reddition de chefs de bandes et d’officiers mutins rendent cruciales la question de la formation d’une armée nationale réunifiée et professionnelle. Alors que la première phase du programme de démobilisation et de réintégration est achevée depuis octobre 2007, la reprise du conflit armé au Nord-Kivu a déjà causé le déplacement de 350.000 personnes supplémentaires depuis fin août 2007 et rappelle de manière brutale la difficulté de mener le processus à terme.
Indépendamment du conflit, les rapports des Nations unies indiquent que les soldats des Forces Armées de la RDC ont perpétré 40 % des violations des droits humains enregistrées durant le second semestre 2006. En janvier 2007, les forces de l’ordre ont massacré plus de cent personnes proches du mouvement mystico-politique Bundu Dia Kongo au Bas-Congo. Tout ceci témoigne de l’ampleur des réformes à accomplir en matière de maintien de l’ordre, mais aussi de la persistance d’une culture politique qui préfère le recours à la force, fût-elle brutale, à la négociation.
© Ritimo, Cosi 2008
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