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Maroc, sous la plage… les pavés

La réalité sociale

La plage

les pavés

- Vitrine de luxe proposée à l’étranger
- Une minorité privilégiée

- La pauvreté pour une grande majorité
- Pas d’accès à l’eau, aux soins, à l’éducation, au travail
- Un habitat rural sous équipé et des bidonvilles

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Une culture longtemps niée

Le Maroc bénéficie de sites naturels et historiques très favorables au développement d’un tourisme de luxe comme de masse, rêve assuré dans les hôtels 5 étoiles ou le Club Med, dans les ryads et la palmeraie de Marrakech ou par les sports de prestige : golf, chasse, ski, surf, jetski, etc.
Le pays offre également les richesses architecturales de ses villes impériales (Mekhnès, Fès, Marrakech, Rabat), ses festivals de musique et de cinéma, la qualité de son artisanat (tapis, poterie, ferronnerie, bijoux…), tout cela accompagné d’un accueil avenant et d’une hospitalité généreuse.
Mais, derrière cette façade attractive, se cache une réalité que le touriste n’a généralement pas l’occasion ni peut-être le désir de découvrir.
Les inégalités sociales sont considérables et ont tendance à s’accroître entre une minorité privilégiée, à l’opulence ostentatoire et une majorité qui a de la peine à vivre.

Le Maroc occupe la 124ème place dans l’indice de développement humain établi par le PNUD (2005) (Algérie : 103ème, Tunisie : 89ème). Plus de 40 % de la population est analphabète, le taux de scolarisation reste faible dans les zones rurales où l’accès à l’eau et l’électricité n’est encore assuré que pour la moitié d’entre elles.
Beaucoup d’enfants meurent avant l’âge de 5 ans (39‰), des maladies comme le sida et la tuberculose sont en progression, les médecins, nombreux dans les grandes villes et le secteur libéral, sont en nombre très insuffisant dans les zones rurales délaissées.
L’exode rural, accentué par la sécheresse et la rareté des ressources pour des familles où la moyenne d’enfants reste élevée, vient grossir les bidonvilles et aggraver le chômage surtout parmi les jeunes.
Les villes s’étendent, des quartiers nouveaux sortent de terre à un rythme accéléré mais en marge de ceux-ci se développe un habitat précaire, insalubre, parfois consolidé et équipé, parfois éradiqué pour renaître aussitôt ailleurs, l’éloignement du centre sans moyens de transport rendant la vie encore plus difficile.

Un vaste programme pour le développement de 250 quartiers urbains pauvres et 360 communes rurales a été lancé en décembre 2005 à l’initiative du roi (250 M. Dh.), mais le manque de préparation et de consultation préalable de la population risque d’en limiter l’impact.

Une bureaucratie pesante, une corruption très étendue du haut en bas de l’échelle sociale, le détournement des deniers publics, entraînent une déperdition d’énergie et le découragement des initiatives qui pourtant ne manquent pas, en particulier à travers les nombreuses ONG, signe de vitalité de la société civile.

© Ritimo, CIIP, 2007.

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