Politique
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- La Constitution est un acquis de l’indépendance.
- Apparence d’un État moderne (parlementaire, pluripartisme). |
- Monarchie "constitutionnelle" de droit divin (le roi commandeur des croyants) mais pouvoir absolu souvent exercé de façon arbitraire.
- Aucune séparation des pouvoirs. |
Le système politique peut être défini comme une « monarchie constitutionnelle de droit divin » (État du Monde).
Établir une monarchie constitutionnelle était une revendication essentielle du mouvement nationaliste (UNFP) dans le cadre de la lutte pour l’indépendance et le sultan, le futur Mohammed V s’était engagé à y apporter une réponse. Celui-ci meurt en 1961, son fils Hassan II reprend le projet en l’adaptant aux circonstances nouvelles de la rivalité entre le pouvoir royal et le mouvement nationaliste. La 1ère constitution (1962) rédigée avec le concours de juristes français, présente formellement les critères d’un régime démocratique de type occidental : un parlement, des élections (législatives, régionales et municipales), le pluripartisme, un droit inspiré du droit occidental à l’exception du code de la famille.
Quatre constitutions apporteront par la suite des modifications sur certains points mais sans changer l’essence du pouvoir.
Sous les apparences constitutionnelles le pouvoir est, en fait, absolu. La monarchie reste, comme dans le passé, de droit divin. Le roi est « amir el mouminine », commandeur des croyants, il détient donc le pouvoir religieux, l’islam étant religion d’État.
Il détient également l’essentiel du pouvoir politique : la séparation des pouvoirs n’apparaît pas dans le texte de la constitution. L’absence de réels contre-pouvoirs, l’interdiction de toute remise en cause des fondements religieux, institutionnels et politiques de l’État ainsi que de toute critique de la personne du roi laissent place aux abus et à l’arbitraire de l’exercice de ce pouvoir.
D’autre part, la monarchie marocaine s’appuie traditionnellement sur le « Makhzen », système de gouvernement et d’administration constitué d’un réseau de fonctionnaires et de « clients », formant une caste privilégiée qui quadrille la société et contrôle ainsi toute initiative susceptible d’atteindre le pouvoir établi.
Ce pouvoir est néanmoins vulnérable. Il a été menacé dans les décades précédentes et ces menaces n’ont pas disparu :
- l’armée : deux coups d’État en 1971 et 1972
- des révoltes populaires (Casablanca, Fès, Tanger…1965, 1981, 1991)
- la concurrence de puissants groupes économiques alliés aux compagnies étrangères
- conflits au sujet du Sahara avec l’Espagne et l’Algérie
- la montée de l’islamisme radical.
© Ritimo, CIIP, 2007.
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