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Maroc, sous la plage… les pavés

Chronologie, repères historiques

Le territoire du Maroc actuel s’inscrit dans l’histoire de puis l’antiquité. Dans ce carrefour d’immigrations et d’invasions, les populations autochtones (Imazighen) ont été en contact avec les Phéniciens, les Romains (païens puis chrétiens), les Vandales ariens, les Arabes, les Portugais, les Espagnols, les Africains du Sénégal et du Niger, et plus près de nous les Français.

La période coloniale et les premières années d’indépendance

1906 : Conférence d’Algésiras où douze puissances reconnaissent à la France des "droits spéciaux" sur le Maroc.
1912-1934 : Traité de Protectorat signé par le sultan Abdelhafid qui partage le Maroc entre la France et l’Espagne. Conquête militaire du territoire par les armées françaises après une longue résistance.
1943 : Création du Parti de l’Istiqlal qui publie en janvier 1944 un "manifeste du droit à l’Indépendance".
1953-1955 : Exil de Mohamed V à Madagascar. Développement de la résistance, implantation d’une armée de libération dans le nord et le sud du pays.
1956 : Proclamation de l’indépendance.
1958 : Répression de la révolte du Rif par le prince héritier Hassan et le général Oufkir.
1959 : Scission du Parti de l’Istiqlal (parti de l’indépendance). Sous l’égide de Mehdi Ben Barka, constitution de l’Union Nationale des Forces Populaires (UNFP) qui deviendra à la suite d’une scission l’Union Socialiste des Forces Populaires (USFP).
1961 : Mort de Mohamed V et avènement de Hassan II.
1963 : Guerre des frontières avec l’Algérie.

Le "système Hassan II" : les "années de plomb"

1965 : Soulèvement de Casablanca, la répression fait plus de 1000 morts.
Enlèvement et assassinat de Mehdi Ben Barka à Paris (novembre).
1965-1970 : État d’exception.
1971 et 1972 : Deux tentatives de coup d’État militaire. Épuration de l’armée et lourdes condamnations. "Suicide" du général Oufkir, "disparition" de sa famille et du syndicaliste Hocine El Manouzi.
1973 : Soulèvement armé du Moyen Atlas (à Khenifra et Goulmima) suivi d’une terrible répression. Récupération des terres de colonisation.
1973-1990 : Nombreux assassinats, disparitions. Répression contre les syndicats, les étudiants…
1974 : Lancement par le roi de la "Marche verte" pour récupérer le Sahara occidental évacué par les Espagnols.
1979 : Occupation par le Maroc du Sahara occidental après le retrait de la Mauritanie.
Guerre avec le Polisario (Front populaire de libération du Sahara occidental).
1981 : Suite à une grève générale décrétée par la CDT, "émeutes de la faim" à Casablanca (en juin) : 600 à 1000 morts dont de nombreux enfants. Interdiction de la CDT et de la presse d’opposition. Procès des dirigeants de l’USFP.
1984 : Émeutes dans plusieurs villes (sauf Casablanca) : des centaines de morts, des milliers d’arrestations, 80 procès et 1600 condamnations.
Grèves de la faim des prisonniers politiques : 3 d’entre eux meurent à Marrakech.
Procès de 72 islamistes : 5 condamnations à mort, 21 à perpétuité.
1986 : Candidature du Maroc à la CEE.
1988 : Construction de la Grande Mosquée de Casablanca, après une souscription obligatoire dans tout le pays.
1989 : Grèves de la faim dans plusieurs prisons : 1 mort. 60 prisonniers sont graciés.
1990 : Suite à la publication de "Notre ami le Roi" de Gilles Perrault, annulation des "temps du Maroc", manifestation culturelle qui devait se dérouler dans toute la France à l’initiative du Maroc.
Création du Conseil Consultatif des Droits de l’Homme.
En décembre, grève générale lancée par la CDT et la CGT : émeutes populaires à Fès et à Tanger.

Démocratisation" apparente sous la pression internationale

1991 : Libération des 22 survivants (sur 61 détenus en 1973) du bagne de Tazmamart. Libération et expulsion vers la France d’Abraham Serfaty après 18 ans d’emprisonnement.
Constitution d’un front commun des principaux partis pour la révision de la Constitution.
1992 : Arrestation (26 mars) et condamnation à 20 ans de prison ferme (26 mai) de Noubir Amaoui, secrétaire général de la CDT. Il sera libéré en juillet 1993.
Le 17 mai, constitution du "bloc démocratique" (Istiqlal, USFP, UNFP, PPS, OADP).
1993 : Janvier à mars : troubles dans les universités, grève dans plusieurs secteurs, nombreuses arrestations.
Libération de 1000 détenus.
En juin, réforme partielle de la "Moudawana" (code de la famille et de la femme).
En novembre : nouveau gouvernement, le bloc démocratique dénonce la manipulation des élections et refuse de participer.
1994 : Amnistie "générale" : libération de 424 prisonniers d’opinion (8 juillet).
1996 : Référendum approuvant par près de 100% des votants ( !) de la réforme de la Constitution présentée par le roi (20 août).
1997 : Élections communales (juin) et législatives (novembre) toujours manipulées par le Pouvoir.

Période d’ouverture

1998 : Constitution du gouvernement d’Abderrahmane Youssefi, Secrétaire général de l’USFP.
1999 : Mort de Hassan II (23 juillet) et intronisation de son fils Mohamed VI (30 juillet).
Août : commission royale chargée de l’indemnisation des anciens prisonniers politiques et des familles de "disparus".
Septembre : retour d’Abraham Serfaty.
9 novembre limogeage du ministre de l’Intérieur Driss Basri (surnommé le "grand vizir" de Hassan II).
2000 : Levée de l’assignation à résidence (depuis 1989) du cheik Abdelassam Yassine ("guide" de la principale organisation islamiste Al-Adl wa Al-Ihssane – Justice et bienfaisance), le 16 mai.
Autorisation du "pèlerinage" d’anciens détenus à Tazmamart (7 octobre).
Dispersion violente de manifestations réunissant des défenseurs des droits de l’Homme et des islamistes (9 et 10 décembre).
2001 : La FIDH (Fédération internationale des Droits de l’Homme) qui tient son 1er congrès en terre arabe (à Rabat, du 10 au 14 janvier) relève des "signes inquiétants de régression".
2002 : Mise en demeure par Kofi Annan, Secrétaire général des Nations unies,  de débloquer la situation au Sahara Occidental (19 février).
Près d’un million de manifestants à Rabat pour la Marche de solidarité avec le peuple palestinien (7 avril).
Mariage de Mohamed VI, "le roi des pauvres", avec une " fille du peuple" Salma Bennani (12 juillet).
Élections législatives (27 septembre) : percée de la seule formation islamiste légalisée, le Parti de la Justice et du Développement (PJD) qui devient la 3e force politique derrière le Parti de l’Istiqlal (PI, national-conservateur) et l’USFP.

Essor de l’islamisme et renforcement de la politique sécuritaire

2003 : Attentats islamistes de Casablanca : 43 tués des centaines de blessés (16 mai).
Adoption d’une législation antiterroriste (22 mai) par la Chambre des représentants qui va vers un durcissement du régime.
Élections communales (12 septembre) : le PJD devient la 2e force devant l’USFP.
2004 : Réforme du code de la famille (16 janvier).
Création de l’Instance équité et réconciliation (IER) (janvier).
Attentats islamistes de Madrid (11 mars) : 191 morts, la plupart des auteurs étaient marocains.
Amnesty International (juin) s’inquiète de la "multiplication des cas de torture" et des détentions au secret pendant des mois dans le cadre de la lutte antiterroriste.
Depuis 2004 : Répression de la presse : interdiction d’exercer et emprisonnement de journalistes, interdiction de titres.
Collaboration entre le Maroc, l’Espagne et la France, avec des finances de l’UE, pour lutter contre le terrorisme et contre l’immigration clandestine.
2005 : Affrontements mortels entre les forces de l’ordre hispano-marocaines et des candidats à l’émigration à la frontière entre le Maroc et les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla ; expulsion de plusieurs centaines de ces immigrés qui sont abandonnés dans le désert du Sud marocain et algérien (octobre).
2006 : Nombreuses manifestations de Sahraouis (brutalités, arrestations, procès de militants). Arrestation et inculpation de 200 militants islamistes, interrogatoire de 3000 membres de l’association islamiste Al Adl wal Ihsan.
Expulsions illégales de demandeurs d’asile.
2007 : Poursuite de la répression contre les militants syndicaux et de défense des droits de l’Homme, les journalistes, etc.
Élections législatives en septembre 2007 : taux d’abstention record (63%) et victoire surprise de l’Istiqlal (PI) devant le Parti de la Justice et du Développement (PJD).

(Sources : "Maroc, un peuple blessé à la conquête de ses droits", CIIP ;
CICRM 2000/09 et "État du monde" 2000 à 2007)

© Ritimo, Ciip, 2007

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