Du miracle au naufrage économique
Le miracle économique ivoirien, dit des « vingt glorieuses », débuté à l'aube de l'indépendance en 1960, a subi plusieurs coups durs qui ont mis à mal la stabilité économique du pays. C'est d'abord la chute du cours du cacao au début des années 1980, due à l'entrée de nouveaux producteurs notamment en provenance d'Asie du Sud-Est, qui donne le premier coup d'arrêt à la croissance du marché ivoirien. La fluctuation des cours du cacao, dans un pays presque exclusivement tourné vers cette culture, où l'industrie est très peu développée, met à mal l'économie ivoirienne. Cette première crise s'accompagne d'un gonflement de la dette publique qui pousse la Côte d'Ivoire dans les programmes d'ajustements structurels des institutions de Bretton Woods et leur lot de privatisations et de licenciements de fonctionnaires.
Ces programmes portent un nouveau coup à l'économie ivoirienne. Ils conduisent notamment la Côte d’Ivoire à démanteler, en 1999, la Caisse de Stabilisation et de soutien aux prix agricoles (Caistab) crée par Houphouët-Boigny dans les années 70. Cette caisse fixait les prix d’achat aux producteurs agricoles, délivrait les autorisations aux exportateurs et prélevait les taxes. Elle garantissait un prix aux producteurs les protégeant ainsi des fluctuations du marché mondial. Ce dispositif qui était décrit comme un modèle de performance économique sur le continent africain entretenait par ailleurs un système de clientélisme et de corruption autour du Président et de son entourage .
La disparition de ces gages de stabilité touche en profondeur les planteurs ivoiriens et fait réapparaître des conflits inter-ethniques pour l'exploitation d'une terre qui est devenue une valeur monétaire. Cette crise économique sème les graines d'un conflit foncier et identitaire qui se développe dans le début des années 1990.
© Ritimo, Cdtm Montpellier, 2007
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