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Burundi, une réconciliation inachevée

Le point sur la situation politique

Après dix années de guerre civile, le référendum sur la nouvelle Constitution, ainsi que les élections communales, législatives et présidentielle prévues pour novembre 2004, ont été reportés à plusieurs reprises. Finalement le référendum s'est déroulé dans le calme le 28 février 2005. Plus de 90 % de la population ont voté OUI à la nouvelle Constitution.

Les élections communales ont été organisées le 3 juin 2005, notamment grâce à l'appui de l'Organisation des Nations Unies pour le Burundi (ONUB). Environ 60% des 3225 sièges de conseillers communaux ont été remportés par le principal mouvement rebelle hutu, le CNDD-FDD (Conseil national pour la défense de la démocratie – Forces de défense de la démocratie), dirigé par Pierre Nkurunziza. Les élections se sont globalement déroulées dans le calme, sauf à Bujumbura-Rural (province située aux portes de la capitale) où il y a eu des violences.

Les élections législatives du 4 juillet se sont déroulées dans la transparence et dans le calme, en présence d'observateurs internationaux. D'après les résultats provisoires, la nouvelle Assemblée nationale comprend 118 députés dont 18 cooptés. Le CNDD-FDD a remporté 64% des sièges. Le Sénat compte 49 membres élus au suffrage indirect.

Depuis l'accord de cessez-le-feu conclu par le président hutu Domitien Ndayizeye (Front  pour le démocratie au Burundi – Frodébu), la sécurité sur le territoire burundais s'est nettement améliorée. L'accord a également permis le retour très progressif et la réinstallation partielle des réfugiés. (…) Mais il reste des groupes rebelles minoritaires.

Les défis pour la paix restent  énormes : cessez-le-feu avec la dernière faction rebelle, élections, justice et réconciliation, démobilisation et formation d'une nouvelle armée, retour des réfugiés, développement économique du pays, question foncière. L'espoir reste entier.

En Mars 2006, la Ministre de la Justice a annoncé que la Commission chargée d'identifier les prisonniers politiques a terminé son travail. 3299 détenus ont été libérés. Mais, au Burundi, il n'y a pas eu, comme dans d'autres pays, de véritable politique de Réconciliation nationale.
Une grave crise politique secoue le pays en 2007 ; le conflit entre la majorité présidentielle et l'opposition prend de l'ampleur, avec une campagne de presse qui rappelle de tristes souvenirs des années 1990.

Sources : L'état du monde 2006 /2007/2008
Politique africaine 2007/108

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© Ritimo, Cdtm Montpellier, 2008

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