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Dossier Introduction

Zimbabwe : Quel bilan après trente ans d’indépendance ?

Le chemin vers la démocratie

, par CRIDEV

Riche de ses ressources naturelles (minerai, or, cuivre...), le Zimbabwe a, dès la fin du XIXe siècle, attiré les convoitises de la puissance britannique.

En 1965, Ian Smith, vétéran de la Seconde Guerre Mondiale déclare l’indépendance de la Rhodésie du Sud vis à vis de la couronne britannique ; il instaure un régime de ségrégation raciale, sur le modèle de l’Apartheid sud-africain. Dès l’adoption de la constitution, une guérilla nationaliste dirigée par Robert Mugabe, chef du parti ZANU, lutte contre le pouvoir blanc. Au terme de dix années de guerre civile, le Zimbabwe accède à l’indépendance, Robert Mugabe est premier ministre, il est acclamé comme Père de la Nation.

Le gouvernement fait naître des espoirs, nourris par la promesse d’une réconciliation nationale et des progrès concrets dans le domaine de l’enseignement : le droit à l’éducation est affirmé pour tous les enfants et les adultes rejetés par le système colonial.

Pourtant, très rapidement le régime va réprimer les oppositions (répression du Matabeleland), instaurer un régime de parti unique et limiter la liberté d’expression.
En 1998, l’inertie du gouvernement face à la crise et aux pénuries alimentaires fait monter les oppositions au régime. Un nouveau parti, le MDC (Movement for Democratic Change) émerge comme force principale de l’opposition.

Dès les années 2000, le régime zimbabwéen se radicalise. Les conflits autour de la terre vont amener le gouvernement à réprimer violemment toute opposition. En janvier 2002, une loi « Public Order and Security Act » est adoptée : elle limite les droits de manifestation, d’association et de réunion, punit la diffamation à l’égard du président et officialise le contrôle des médias par la ZANU. Appuyant sa légitimité sur cette loi, la police réprime violemment les nombreuses manifestations contre le régime, dénonçant sa responsabilité dans l’effondrement du système de santé et de l’économie zimbabwéenne. En mars 2008, pour la première fois, l’opposition emporte officiellement les élections législatives face à Robert Mugabe qui refuse de quitter le pouvoir. Fort de ses résultats, le MDC obtient la signature d’un accord de partage du pouvoir.

Le 11 février 2009, Morgan Tsvangirai est nommé premier ministre, instaurant pour la première fois dans l’histoire du Zimbabwe une coalition intergouvernementale. Cette évolution politique réveille les revendications de la population à assurer les droits humains au Zimbabwe : droits d’accès à l’information, le droit à la manifestation, le droit d’expression et la fin de la répression contre les journalistes critiquant le gouvernement (ils risquent des peines de prisons, sous le motif officiel de « mauvaises informations »).

En 2010, Human Rights Watch constate l’échec de cette coalition intergouvernementale. En effet, Morgan Tsvangirai a des difficultés à s’imposer face à Robert Mugabe. Selon HRW, la police continue à poursuivre les activistes de MDC ; la ZANU contrôle toujours une large partie du pouvoir (ministère de la jutice, défense, affaires étrangères) et ne veut rien céder. La situation économique et sociale du pays est toujours très difficile.

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