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Répondre aux préjugés sur les migrants

, par RITIMO

Les attentats du 13 novembre et l’état d’urgence qui en a découlé ont non seulement jeté la suspicion sur les migrants, mais ont totalement occulté la situation toujours aussi critique dans laquelle ils se trouvent. C’est pourquoi il nous semble nécessaire de ne pas les oublier et de déconstruire un certain nombre de préjugés qui entretiennent le racisme et font parfois obstacle à la solidarité. Aussi, nous vous proposerons, chaque semaine, une réponse à l’un de ces préjugés, issue du Petit guide de survie pour répondre aux préjugés sur les migrations, réédité et mis à jour en 2015 et dont voici l’introduction.

Le préjugé est une idée que l’on tient pour vraie, sans information objective ni démonstration suffisante. Un préjugé n’est pas forcément négatif, mais il est dangereux lorsqu’il ne correspond pas à la réalité ou qu’il enferme l’autre dans un schéma.

En France et en Europe, les conversations sur l’immigration foisonnent de préjugés, d’idées reçues, de mensonges et de fantasmes. Tour à tour « délinquants »,
« feignants », « imposteurs », « poules pondeuses », « parasites sociaux », les migrants ont rarement le beau rôle. Reprises du slogan de certains partis politiques, de la bouche du voisin qui les a entendues de sa cousine, qui elle-même les avait répétées parce que c’est un journaliste qui en parlait, ces formules choc sont typiquement des préjugés. Elles ont pour objectif de frapper les esprits, en désignant des coupables : nos gouvernants utilisent cette logique du bouc-émissaire pour (mal) cacher leur incompétence à résoudre les problèmes des citoyens en temps de crises. Et quand les médias reprennent à leur compte cette manipulation par la peur, on ne s’étonne guère que les préjugés deviennent des lieux communs admis de (presque) tous.

Des arguments pour combattre les idées reçues

Parce que ces préjugés sont basés, la plupart du temps, sur des idées fausses et qu’ils nient la réalité concrète des migrations, il est urgent de défaire ces contre-vérités et de valoriser d’autres propos. Répondre aux dix idées reçues les plus répandues vous permettra d’avoir en tête :

• Des chiffres clés, basés sur des statistiques officielles, qui démontent instantanément les idées fausses sur les migrations ;
• Des arguments, pour répondre aux discours de la peur, de la haine, de la stigmatisation ;
• des discours qui font du bien, soulignant toutes les richesses apportées par les migrations ;
• des situations inversées, qui montrent que les migrants d’aujourd’hui pourraient bien être nos accueillants demain et que dans un monde interdépendant, aux sociétés de plus en plus métissées, c’est le choix du vivre-ensemble qui porte l’avenir ;
• des pistes pour s’informer et pour manifester notre solidarité à l’égard des migrants.

Changer de regard sur les migrations

Depuis 2013, d’importants flux migratoires confrontent le monde à une crise humanitaire de grande ampleur : des centaines de milliers de personnes, fuyant la guerre, les violences et le chaos, passent les frontières pour chercher refuge dans un pays limitrophe. Certains de ces exilés, venus de Syrie, d’Irak, d’Érythrée, du Soudan, tentent de rejoindre les pays du Nord, notamment l’Europe, pour y trouver la protection et de meilleures conditions de vie.

Dans cette crise devenue globale, les pays européens sont largement tentés par le repli sur soi : construction de murs « anti-migrants », refus d’accueillir, refoulement et contrôle accru aux frontières… Pourtant, la mise en place de politiques coordonnées d’accueil, de solidarité et d’entraide vis-à-vis de ces nouveaux arrivants est indispensable pour relever le défi migratoire sur le court et le long termes.

Seuls un partage de peuple à peuple et une conscience des interdépendances planétaires permettent d’appréhender la migration comme un phénomène enrichissant, globalisant (nous sommes tous concernés) et inhérent à nos sociétés humaines.
Participer chacun à notre manière et à notre échelle (actions citoyennes, interpellations des gouvernements, soutien à des projets de développement…) à construire un monde où la décision de migrer serait un choix délibéré, et non une obligation pour survivre, et où chacun aurait les mêmes possibilités de départ pour réussir sa vie, c’est contribuer à l’avènement d’un monde plus juste et solidaire.

À venir :

Préjugé n°1 : « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde« 
Préjugé n°2 : « C’est l’invasion, ils arrivent plus nombreux chaque année« 
Préjugé n°3 : « C’est si facile de venir en France« 
Préjugé n°4 : « Les immigrés profitent des aides« 
Préjugé n°5 : « L’immigration renforce le chômage et la crise« 
Préjugé n°6 : « On va toutes finir voilées !« 
Préjugé n°7 : « Les migrants menacent notre sécurité« 
Préjugé n°8 : « Ils/Elles essayent tou(te)s de se marier avec un(e) Français(e)« 
Préjugé n°9 : « Ils ne veulent pas s’intégrer à la société française« 
Préjugé n°10 : « Il faut qu’ils se prennent en main chez eux« 

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