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Dossier Le Kosovo, un Etat sans Etat

Quels espoirs pour la société kosovare ?

, par Forum Réfugiés-Cosi

Les dirigeants kosovars étant impuissants ou manquant de volonté afin de construire un véritable État de droit et un État social, le Kosovo est aujourd’hui dans une situation désastreuse : la misère économique touche quasiment la moitié de la population, 60% des jeunes de moins de 25 ans sont au chômage alors qu’ils représentent la moitié de la population. Le taux de chômage peut atteindre 80% dans certaines régions.

Sans réseaux, il est impossible de trouver un travail, la corruption étant largement répandue dans toutes les sphères de l’administration, de la justice à la santé. Les autorités du Kosovo ne peuvent avoir recours aux forces de police ou à l’armée pour contrer les mouvements de contestation, la communauté internationale ne l’accepterait pas. Mais l’autoritarisme économique et administratif fait bien d’autres dégâts et le résultat est catastrophique : en quelques mois, 10% de la population a quitté le pays et l’exil se poursuit.

Pourtant, le Kosovo ne manque pas de ressources : un territoire riche en ressources minières, notamment en lignite, et aux terres fertiles. Cependant, ces ressources sont largement sous-exploitées, ou mal exploitées. En 2009, un scandale a éclaté, lorsque le média Balkan Insight a révélé qu’une des principales usines de production d’électricité importait en grande quantité de la lignite, celle produite au Kosovo n’étant pas d’une qualité suffisante.

Le Kosovo est le pays le plus jeune d’Europe. Si pour certains, une telle pyramide des âges est l’assurance d’un dynamisme économique, le marché de l’emploi est tellement saturé que les jeunes sont, au contraire, dans une situation de précarité extrême. Les dirigeants kosovars regrettent que leurs citoyens ne bénéficient pas d’une liberté de circulation plus large au sein de l’espace Schengen. Pendant de nombreuse décennies, l’émigration a été, en Yougoslavie, un moyen de contrer la précarité économique, grâce aux transferts d’argent et aux investissements de la diaspora. Cette pratique a été encouragée par les autorités yougoslaves et bénéficiait également aux pays occidentaux qui manquaient de main d’œuvre. Aujourd’hui, la jeunesse kosovare émigre, mais bien souvent pour se trouver en situation irrégulière dans les pays d’Europe occidentale. Une situation qui ne leur permet pas de faire profiter leur famille de leur émigration.

Ces dispositifs d’exception semblent cependant devoir perdurer. Le développement du Kosovo nécessite une véritable politique d’intégration au sein de l’espace européen : pour cela, la normalisation des relations avec la Serbie est essentielle et indispensable. La Serbie ne semble pourtant pas prête à reconnaître l’indépendance du Kosovo, et l’Union européenne continue de réclamer des avancées, notamment sociales et sociétales : des préoccupations perdurent, notamment dans le domaine de la lutte contre les discriminations à l’égard des minorités ethniques (Roms, Ashakalis, Egyptiens) et sexuelles. Les discriminations envers les femmes sont encore également fréquentes et la violence domestique n’est pas suffisamment combattue. Si la capitale Pristina ressemble de plus en plus à n’importe quelle capitale européenne au niveau des mœurs, la campagne kosovare n’a pas suivi. Les femmes y sont souvent reléguées à un rôle inférieur aux hommes et les mariages forcés restent fréquents.

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