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Dossier Introduction

Palestine : la paix par le droit

, par CDTM 34

En 1948, les Palestiniens ont connu la "nakba", la "catastrophe" en arabe : la création de l’État d’Israël sur la terre palestinienne et le début d’un long processus de dépossession et d’expulsion. Depuis cette date, les Palestiniens réclament leur terre, leurs droits et un État, au prix d’une lutte incessante et de nombreuses souffrances.
L’indifférence de nos sociétés et des puissances occidentales, comme les États-Unis et l’Union européenne, vis-à-vis de ce conflit interminable est incompréhensible.
Pourtant, le droit à la terre a été reconnu depuis fort longtemps et les différentes résolutions de l’Organisation des Nations unies (ONU), disent, réitèrent, détaillent, depuis 1967, les droits des Palestiniens et précisent les obligations d’Israël. Rien de tout cela n’est cependant appliqué.

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Photo de M.K. Ream, 2011.

La paix ne se fera que par l’application du droit

En mars 2009, le tribunal Russel sur la Palestine a été créé pour remettre le droit international au centre de la question israélo-palestinienne, en se fondant notamment sur les résolutions de l’ONU. De 2010 à 2013, les cinq sessions de ce Tribunal ont dénoncé les violations constantes des règles fondamentales du droit international par l’État d’Israël.
Depuis le 29 novembre 2012, la Palestine est reconnue comme État observateur non-membre auprès de l’ONU, ce qui lui permet d’adhérer à 16 traités internationaux ainsi qu’à la Cour pénale internationale (CPI). A la demande du président Mahmoud Abbas, la CPI a ouvert une procédure d’examen préliminaire de la situation en Palestine. Une première étape qui pourrait conduire des responsables israéliens devant cette juridiction, bien que le chemin soit encore long.
Mais l’occupation et la colonisation israélienne continuent…

Comment parler de paix alors qu’aucun gouvernement israélien ne s’est jamais impliqué dans un processus de décolonisation ? Au contraire, la colonisation progresse à un rythme soutenu avec la confiscation des terres et des maisons et l’extension des constructions dans les territoires occupés et à Jérusalem. Plus de 500 000 colons vivent aujourd’hui illégalement en Cisjordanie et à Jérusalem.
Dans le même temps, le mur construit depuis 2002 sur 700 km, présenté par Israël comme une barrière de sécurité et les routes réservées aux seuls Israéliens qui sillonnent les territoires occupés, séparent et isolent les communautés palestiniennes entre elles et ravagent leur vie quotidienne.

La situation est catastrophique à Gaza

Depuis l’accession du Hamas au pouvoir en juin 2007, Israël s’efforce d’étrangler Gaza : un barrage empêche les marchandises d’arriver par terre, par mer ou par les airs, et seules quelques marchandises peuvent venir approvisionner Gaza sous contrôle express des autorités israéliennes.
Début juin 2010, la « flottille de la liberté » comprenant des bateaux de différents pays qui souhaitaient apporter à Gaza des matériaux de construction pour rebâtir les maisons détruites lors de l’offensive de janvier 2008, des aliments de base et du matériel médical, a été attaquée par l’armée israélienne dans les eaux internationales : des militants ont été tués et les marchandises confisquées.
Entassés sur une étroite bande de terre entre la mer et le désert, 1,7 millions de Palestiniens subissent le blocus imposé par Israël. Ils sont dans une situation humanitaire, sociale et économique qui pose la question de leur survie.
Plus que jamais, il est indispensable d‘exiger qu’Israël lève le blocus de Gaza.

La mobilisation contre l’impunité d’Israël s’organise

Face à ces violations des règles du droit international et de l’impunité dont bénéficie Israël depuis les premiers pas de son entreprise de colonisation, la protestation s’amplifie. L’Union européenne a adopté après de longs débats, en novembre 2015, la décision de rendre obligatoire l’étiquetage des produits commercialisés par Israël et provenant des territoires palestiniens occupés.
Cette mesure a provoqué la colère du gouvernement de Netanyahou habitué à une confortable passivité du monde politique en général et alarmé par le développement international de la campagne « Boycott, désinvestissement, sanctions » (BDS) initiée par 172 organisations palestiniennes en 2005 et soutenue par de nombreuses personnalités et associations de solidarité dans le monde.

La stratégie du gouvernement israélien basée sur l’occupation illégale des territoires palestiniens, la violence et l’oppression est une impasse. Elle est dénoncée par tous les organismes, associations et mouvements de solidarité avec le peuple palestinien et par de plus en plus de d’organisations en Israël.
Une solution politique reposant sur l’application du droit international doit être trouvée
pour que cesse la situation dramatique de ce peuple, privé du droit d’avoir un pays, de vivre chez lui et non dans des camps de réfugiés ou emmuré dans des ghettos, contrôlé sans cesse par une armée d’occupation, privé du droit de cultiver sa terre et récolter ses olives, de circuler librement et de connaître enfin une Paix juste et durable.

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