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Lutter contre le racisme et la xénophobie

« Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde (…), Article 1 : Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. »
Déclaration universelle des droits de l’Homme, 1948.

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Manifestation contre la xénophobie d’État, Grenoble, France, 2010

Il n’est plus possible de parler encore aujourd’hui de « races » au sens biologique. Cependant, le préjugé raciste et le lieu commun xénophobe sont courants à tous les niveaux de notre société et ne sont pas nouveaux dans le langage politique.

Maghrébins, Européens de l’Est, Roumains, Turcs, Africains… Au nom d’une origine supposée ou réelle, c’est une utilisation politique de la figure de l’étranger qui est mise en service pour trouver les « tenus pour responsables » des maux de notre société. Trop souvent, les discours politiques tendent à accréditer l’idée que ce sont les étrangers les principaux responsables de la montée du chômage et du climat d’insécurité qui règnerait en France. Ces dernières années, deux postures se sont conjuguées : l’utilisation politique par le gouvernement du lien insécurité-immigration et la théorie de la préférence nationale utilisée par le Front national.

La xénophobie d’Etat s’exprime dans la construction d’un discours dénonçant le « poids » supposé des étrangers, leur inadaptabilité au « modèle républicain français » et dans les pratiques, avec les contrôles au faciès et la prévalence d’une politique sécuritaire dans les zones habitées majoritairement par des populations issues de l’immigration… On constate la banalisation des préjugés racistes par les plus hautes instances de l’Etat, l’utilisation d’amalgames xénophobes cherchant à alimenter la peur de l’« autre », la stigmatisation de groupes de personnes en raison de leur origine, de leur religion ou de leur nationalité.

Le discours du chef d’Etat français, Nicolas Sarkozy, de juillet 2010, à Grenoble, est emblématique de ces dérives : en affirmant vouloir retirer la nationalité française aux personnes d’origine étrangère ayant volontairement porté atteinte à la vie d’un policier, et en poursuivant le démantèlement de campements sauvages de Roms, ce discours incarne une assimilation totale entre immigration et délinquance. Le Front National, qui développe une stricte délimitation des populations entre les Français et les « autres » est loin d’avoir disparu du paysage politique.

Son retour sur le devant de la scène, l’occasion de la campagne présidentielle, s’accompagne d’une résurgence inquiétante de la théorie xénophobe de préférence nationale. Depuis 2007, une politique migratoire de plus en plus restrictive et la mise en exergue d’une politique sécuritaire ont donc donné une nette inflexion voire un écho tangible à l’idéologie d’extrême-droite. Cette « politique du pilori » redonne, sans le dire, toute sa place au concept de « race » : il s’agit bien de déterminer des caractéristiques propres à un groupe et de le désigner en propre.
Cette « racialisation » de la politique au plus haut niveau de l’Etat, qui a pour but de séduire les électeurs qui verraient dans le Front national (FN) un recours possible, est inacceptable : elle viole des principes élémentaires et des conventions internationales ratifiées par la France, dont la Déclaration universelle des droits de l’Homme ; elle conduit à la violation des droits de l’Homme fondamentaux. Pour lutter contre ces dérives, de nombreuses associations citoyennes sont actives sur le terrain de la lutte contre le racisme et la xénophobie qui imprègnent la société française. Elles mettent en place des interventions, notamment en milieu scolaire, pour déconstruire les préjugés et la peur de l’autre et organisent des débats publics. Mais lorsque le racisme et la xénophobie sont impulsés par les plus hautes instances de l’Etat, le combat est d’autant plus ardu. Les premiers réflexes pour entrer en lutte : l’indignation, pour combattre la banalisation, puis la mobilisation et l’action !

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Publié dans l’Agenda de la solidarité internationale, 2012

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