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Dossier Introduction

Les conflits oubliés du Soudan

, par Forum Réfugiés-Cosi

Le Soudan a été le théâtre d’une guerre civile longue de plusieurs décennies : de 1983 à 2005, un conflit a opposé le Sud et le Nord, les groupes rebelles et les autorités centrales de Khartoum. Ce conflit a définitivement pris fin en 2011 avec l’indépendance de la partie du Sud du pays, qui est ainsi devenue le Soudan du Sud (ou Sud-Soudan) et est encore aujourd’hui le plus jeune État reconnu du monde. Pour autant, cette indépendance n’a pas permis à la population soudanaise de retrouver la paix : loin des attentions médiatiques, le conflit du Darfour, à l’est du pays, continue de faire des milliers de victimes et de déplacés. Au Sud, un groupe armé issu de la rébellion, maintenant au pouvoir au Sud-Soudan continue de réclamer le départ du président Omar el-Béchir : encore aujourd’hui, les populations civiles sont sous le feu des groupes armés rebelles d’un côté et des exactions des forces de sécurité gouvernementales de l’autre.

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Soldat égyptien chargé de la sécurité à Um Kadada (Nord Darfour), septembre 2011. Photo UNAMID cc by-nc-nd

Outre ces conflits meurtriers, les violences politiques et les atteintes à la liberté d’expression sont récurrentes à Khartoum, la capitale, et aux alentours, où il ne fait pas bon d’être considéré comme un opposant, ou même un simple sympathisant d’une cause politique, indépendantiste, ou même associative. Omar el-Béchir, le Président soudanais, est arrivé au pouvoir en 1989 à la faveur d’un coup d’État. Depuis, il assure son pouvoir en faisant taire les dissidences : les mouvements étudiants, la presse, les partis politiques d’opposition…Autant de cibles pour les redoutés agents de la NISS, les services secrets et de renseignements (National Intelligence Security Service), régulièrement coupables d’arrestations et de détentions arbitraires, de torture et de mauvais traitements. Pourtant en janvier 2014, le Président avait assuré vouloir débuter un processus de « Dialogue national », permettant à l’ensemble des composantes politiques du pays, y compris les représentants des groupes armés rebelles, de dialoguer afin de trouver des issues aux différents conflits. En avril de la même année, Omar el-Béchir assurait vouloir libérer tous les prisonniers politiques du pays, dont il niait pourtant l’existence peu de temps auparavant… Ses promesses furent de courte durée : en mai, les autorités faisaient arrêter Sadik el-Mahdi, le leader d’un des principaux partis de l’opposition, quelques jours après des déclarations de ce dernier qui fustigeait les exactions des forces armées gouvernementales au Darfour. Cette arrestation mis un terme à tout dialogue et les partis d’opposition annonçaient leur refus de participer à tout processus électoral sans promesse de gouvernement d’unité nationale.

Ainsi en avril 2015, sans réel adversaire, Omar el-Béchir est réélu à son poste de président, avec plus de 94% des suffrages. Il a assuré que ce mandat serait le dernier.

Omar el-Béchir, se joue par ailleurs d’un mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) en 2009 et 2010 pour des accusations de crimes de guerre, crimes contre l’humanité, et crimes de génocide pour les exactions commises au Darfour par les milices proches du pouvoir, qui auraient agi sur ordre des plus hautes autorités.

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