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Dossier Emergence de nouvelles exigences démocratiques au Mexique

Les Etats-Unis, toujours un eldorado

, par CIDES

Les migrations vers les Etats-Unis

Pendant tout le XXème siècle, les Etats-Unis ont adapté l’ouverture ou la fermeture de la frontière à leurs nécessités économiques, provoquant des flux de migrations qui sont avant tout temporaires.

Aujourd’hui encore, les entrepreneurs américains ont besoin de ces travailleurs migrants dans le secteur agricole et dans celui des services.
La politique migratoire s’est durcie sous la présidence de Georges W. Bush Jr. avec la volonté d’accroître considérablement la surveillance à la frontière, dans le but de lutter contre l’immigration illégale.

Le Mexique au pied du mur ?

« […] les barrières ne sont pas une solution aux problèmes migratoires. » (Déclaration du gouvernement mexicain)
La frontière avec les Etats-Unis, en partie naturelle (Rio Bravo), connaît un trafic de plusieurs millions de personnes chaque année, dont un million de passages légaux par jour.. Les illégaux (mojados) tentent leur chance dans un jeu du « chat et de la souris » face à la police migratoire (la migra). .
Le passage est dangereux à cause des risques naturels (fleuve, zone désertique), des passeurs, (coyotes), des multiples trafics, et des milices privées constituées par des citoyens américains. :.

Sous le prétexte de lutter contre l’insécurité et le terrorisme, le gouvernement américain a promulgué, en novembre 2006, une loi pour la construction d’une « clôture » de 1200 km sur la frontière, instaurant une véritable militarisation de la zone (radars, détecteurs, caméras à infrarouge, clôture…). Cette mesure a provoqué un net refroidissement des relations entre Mexico et Washington. Ce renforcement rend le franchissement de la frontière encore plus difficile et dangereux.
Depuis 2008, avec la crise économique et l’augmentation du coût de la vie aux Etats-Unis, le flux d’immigrants qui passent la frontière a diminué,. mais le différentiel entre les revenus du travail (de 1 à 10) entre les deux pays continue à alimenter le « rêve américain ».
Le mode de vie migratoire semble s’être « institutionnalisé » chez certains avec de fréquents allers-retours, une communication plus forte, un désir de maintenir des liens entre le village d’origine et le lieu d’installation.

La politique du président Obama

La population d’origine mexicaine aux Etats-Unis était évaluée à 31,8 millions en 2010, dont 6 millions d’illégaux.
Le président Obama prépare pour 2013 une réforme de l’immigration et la légalisation de 11 millions de clandestins (dont une majorité de Latino-américains).
Ce projet suscite l’inquiétude des agriculteurs californiens qui ne souhaitent pas que diminue le flux de migrants illégaux, estimant que, si les sans-papiers sont légalisés, leurs enfants ne voudront plus travailler 12 heures par jour dans les champs.

La frontière…

…commence « à ressembler au bilan d’un conflit larvé dans une région en voie de développement. » Ruben Martinez, La Frontera.
A la suite des accords de l’ALENA l’installation massive des « maquiladoras » (usines de sous-traitance) dans les villes frontalières a attiré le prolétariat misérable de l’intérieur, du sud du pays et des autres pays d’Amérique centrale, au lieu de faire revenir les ouvriers agricoles émigrés aux Etats-Unis. De plus, la difficulté du franchissement de la frontière a développé et renforcé la criminalité. Une délinquance spécifique due à tous les trafics (drogues, armes, faux-papiers, traite des femmes …) couverts et parfois aidés par la police, se révèle particulièrement violente : la disparition de nombreuses jeunes femmes près de Ciudad Juarez est connue au-delà des frontières nationales.
Cette frontière est aussi le lieu de passage de la drogue. : En 2011, les experts estimaient à 25 milliards de dollars le montant du trafic de drogue des cartels mexicains à destination des Etats-Unis.

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