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Le fossé entre riches et pauvres

, par Red del Tercer Mundo

Cette déclaration a été traduite de l’espagnol au français par Marcela Arias et Virginie de Amorim, traductrices bénévoles pour Ritimo. Retrouvez l’article original sur le site de Red del Tercer Mundo : La brecha entre ricos y pobres

Par Martin Khor

L’inégalité des revenus et des richesses est passée d’un sujet académique à un sujet de premier plan de l’agenda mondial. Lors de la récente réunion du Forum de Davos, les médias ont accordé plus d’attention à un rapport d’Oxfam sur le sujet qu’à l’opinion de l’élite politique et patronale.

Selon Oxfam, la richesse des 62 personnes les plus riches de la planète est égale aux revenus de la moitié de la population mondiale la plus pauvre, et cet écart n’a pas cessé d’augmenter.

Ce sujet a déjà attiré l’attention d’hommes politiques, d’économistes, de leaders religieux et de journalistes.

Barack Obama a qualifié l’inégalité comme étant « le défi qui définit notre époque » et Bernie Sanders, le candidat à l’investiture démocrate pour la présidence américaine a dit qu’il s’occuperait de « l’avidité des entreprises et de Wall Street et qu’il lutterait pour protéger la classe moyenne ». Le Pape François, quant à lui, a déclaré que « l’inégalité est la racine des maux sociaux » et a critiqué « les marchés libres et sans restrictions et la théorie du ruissellement ».

Dans un article publié la semaine dernière dans le Financial Times, intitulé « Les perdants économiques se rebellent contre l’élite », Martin Wolf affirme que cela a conduit à l’émergence de politiciens populistes de droite.

Wolf a raison, mais il existe aussi une tendance inverse, car le désenchantement provoqué par les mesures d’austérité adoptées dans des pays tels que la Grèce et l’Espagne a conduit à la montée des mouvements de gauche.

Après la Deuxième Guerre Mondiale, il y a eu consensus dans lequel l’État devait taxer les plus riches et redistribuer ces recettes, ainsi qu’augmenter les dépenses pendant la période de faible croissance ou de récession, en stimulant la demande et l’emploi, afin d’atténuer les cycles d’essor et de déclin.

La révolution Reagan-Thatcher a brisé ce consensus. Cependant, la crise financière mondiale de 2007-2011 et le ralentissement économique qui s’en est suivi, ont relancé les politiques keynésiennes d’intervention de l’État.

De nombreux économistes estiment que le ralentissement économique ou la récession découlent du manque d’une demande agrégée.

Alan Krueger, président du Conseil des Conseillers Économiques d’Obama, a conclu dans un rapport de 2012, que l’un des effets de l’accentuation des inégalités est que l’augmentation des revenus des riches provoque un ralentissement de la consommation et de la croissance économique. Les riches ont tendance à économiser environ 50% de leurs revenus marginaux, tandis que le reste de la population en économise 10% seulement.

De récentes études ont démontré que, dans de nombreux pays, la part des salaires dans le revenu national a baissé, tandis que, dans la même mesure, la part des profits a augmenté, et cette augmentation de l’inégalité est liée à l’insuffisance de la demande et au ralentissement de la croissance.

Par conséquent, en plus des raisons morales, éthiques, sociales et politiques, il existe une forte justification économique pour réduire l’inégalité : c’est un facteur essentiel pour renverser le ralentissement économique mondial.

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Martin Khor est le directeur général du Centro Sur

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