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Dossier Chili : les enfants de la dictature

Le Néolibéralisme comme clé du problème ?

Le changement, c’est pour quand ?

, par CIIP

Alors qu’avec les alternatives régionales comme l’ALBA et les exemples de l’Argentine des opportunités d’alternatives régionales se multiplient, le Chili peine à se débarrasser de son statut de "Laboratoire néolibéral de l’Amérique Latine". Quel avenir peut-on espérer pour ce pays dont les structures ont été violemment modifiées sous la dictature pour coller parfaitement aux aspirations néolibérales ? Un changement est-il envisageable ?

Mis en place par la dictature de Pinochet et ses Chicago Boys, le néolibéralisme draine le pays depuis le milieu des années 70. Tous les secteurs ont été privatisés au profit d’une économie de marché toute puissante. Résultat après plus de 30 ans : le Chili est non seulement le pays de toutes les inégalités sociales, mais rien n’est fait pour changer la donne. Les hôpitaux, l’éducation, les systèmes de retraites répondent à une logique mercantile qui divise la population entre ceux qui ont les moyens d’accéder à des soins ou une éducation de qualité, et ceux qui ne pourront jamais espérer améliorer leurs conditions de vie.

Malgré la mort du général Pinochet et l’arrivée au pouvoir de gouvernements socialistes, le Chili ne change pas de modèle économique, car la plupart des Chiliens croient en un modèle qui a globalement réussi au pays, malgré les coûts sociaux et les inégalités persistantes qu’il crée. La peur d’un retour à un régime autoritaire qui reste très présente dans les esprits fait que les politiques n’envisagent le changement que "dans la mesure du possible" ; alors que par deux fois, sous le gouvernement Bachelet, la majorité a été atteinte au Parlement, aucune révision constitutionnelle n’a été envisagée et c’est bien la Constitution de 1980, créée de toute pièce par la Junte militaire pour asseoir sa pérennité au-delà de la dictature, qui continue de régir la vie économique et sociale du pays en 2012.

Si des voix s’élèvent dans les régions les plus pauvres, ou par le biais des nouvelles générations qui se lassent de tant d’ancrage dans une époque inconnue par eux, le pays, qui vit majoritairement de l’exploitation de ses ressources naturelles (cuivre ; lithium ; bois ; saumon) ne parvient pas à faire la transition nécessaire vers un modèle économique plus égalitaire et moins dépendant des matières premières. La route vers un modèle "durable" et plus "exploiteur" est encore longue, et les mentalités des gouvernants ne sont pas prêtes de changer avec le retour au pouvoir d’une droite décomplexée et ouvertement capitaliste.

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