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La tragédie de l’Érythrée et de son peuple : pourquoi la jeunesse fuit le pays

Zoom d’actualité

, par CRISLA , LE SANN Alain

Qu’ils restent en Érythrée ou qu’ils tentent de fuir leur pays, les Érythréens vivent un calvaire dont les échos commencent à nous parvenir, 20 ans après la déclaration d’indépendance du pays. Amnesty International a publié un rapport accablant sur la situation des droits humains dans un pays dirigé par un despote alcoolique, Issayas Afeworki, soutenu entre autres par le Qatar et, jusqu’à sa chute, par Kadhafi.

Chaque semaine, des milliers de migrants tentent de traverser la Méditerranée, souvent au péril de leur vie. Parmi ces clandestins figurent de nombreux Érythréens ; ils sont aujourd’hui plus nombreux que les Tunisiens qui fuyaient en masse leur pays après la chute de Ben Ali.

Plus de 800 000 Érythréens vivent en dehors de leur pays, soit le cinquième de la population. Mais qu’ils restent en Érythrée ou qu’ils tentent de fuir leur pays, les Érythréens vivent une tragédie dont les échos commencent à nous parvenir, comme par exemple dans le rapport accablant sur la situation des droits humains (en anglais) publié par Amnesty International. Tortures, disparitions, emprisonnements arbitraires sont la règle. L’ONU a dénoncé, dans un rapport publié en janvier 2014, la violation systématique des droits humains qui est à l’origine de l’émigration massive de la jeunesse du pays.
Les jeunes adultes sont soumis à un esclavage, sur des chantiers ou à l’armée, qui contrôle toute la société. L’économie s’effondre et, dans la capitale, l’électricité n’est fournie que par intermittence, deux à trois heures par jour.

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Sur le marché d’Asmara, Érythrée.

Malheureusement, les émigrants quittent un enfer pour un autre lorsqu’ils tentent de fuir leur pays. Ils tombent souvent entre les mains de passeurs, qui leur promettent le passage en Europe ou en Israël. Certains d’entre eux vont jusqu’à les vendre à des tortionnaires qui vivent en Égypte, dans le Sinaï, et qui les torturent pour obtenir des rançons de leur famille.
Le journal « Le Monde » a publié des reportages sur la violence subie par les jeunes migrants, torturés en direct avec leur famille au téléphone pour obliger au versement d’énormes rançons. Ce trafic lui-même est contrôlé, à partir de camps de réfugiés au Soudan et en Éthiopie, par des Érythréens sous la direction d’un général proche du dictateur Afeworki. Il permettrait de financer la dictature aux abois. Un film documentaire « Voyage en Barbarie » décrit ce commerce sordide.

50 000 Érythréens sont passés par le Sinaï depuis 2009. Plusieurs sont morts, victimes de trafics d’organes. Ceux qui arrivent en Israël restent sous la menace d’une expulsion.

La route vers Israël étant maintenant verrouillée, les Érythréens doivent passer par la Libye où ils sont soumis à la tyrannie des passeurs qui les entassent sur des embarcations vers l’Italie, au risque de faire naufrage. A Lampedusa, on leur fait aussi comprendre que leur installation n’est pas souhaitée. Ils cherchent alors à joindre un pays d’Europe du Nord en passant par la France.

Certains hommes politiques se sont inquiétés de l’arrivée massive des Érythréens en France. Sans doute devraient-ils s’interroger surtout sur les raisons et les conditions de leur fuite massive vers l’Europe...

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