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Dossier Introduction

La sécurité alimentaire à Cuba

, par CDTM 34

Depuis l’effondrement du bloc soviétique, en 1989, Cuba vit les affres de la « période spéciale » marquée par une profonde crise économique et sociale. La fin des accords commerciaux avec l’URSS et le COMECON (Council for Mutual Economic Assistance), organisation d’entraide économique entre différents pays du bloc communiste, déstabilise profondément l’économie cubaine. Par ailleurs, les Etats-Unis ont renforcé l’embargo qui coupe Cuba d’un marché d’exportation de proximité et étrangle l’économie de l’île. La population découvre la malnutrition.

Dans ce contexte politique et économique, la question de la sécurité alimentaire à Cuba se pose aujourd’hui de manière renouvelée : l’économie est en panne et le pays ne peut fournir à sa population les biens de consommation courante ; 80 % des produits alimentaires sont importés. Le gouvernement doit faire face aux difficultés de mise en valeur des surfaces agricoles productives et de mise en œuvre d’une nouvelle stratégie conciliant planification et régulation par le marché.

Le pays est amené à repenser son agriculture autour de trois principes : plus d’auto-suffisance en termes de consommation de produits agricoles comme d’intrants nécessaires à la production, plus de décentralisation des processus productifs, plus de durabilité écologique.

Dans un contexte de changements profonds de l’organisation économique promus par le dernier congrès du Parti communiste cubain, en avril 2011, et de contraintes extérieures fortes (difficulté d’accès à des financements compétitifs, blocus économique imposé par les Etats Unis détérioration des termes de l’échange de l’économie), l’agriculture cubaine devra relever trois défis :

  • Assurer l’accès de produits alimentaires en quantité suffisante et accessibles pour tous. Le gouvernement cubain entend transformer le système de carnet de rationnement « la libreta » , en cours depuis la révolution qui garantit la distribution mensuelle à chaque famille cubaine, d’aliments et de produits de base à des prix subventionnés (pain, huile, savon …). Actuellement la libreta ne couvre qu’une dizaine de jours des besoins des familles, mais assure aux plus pauvres un minimum indispensable. La réduction ou la suppression de la libreta serait compensée par l’augmentation de l’offre des produits de base, grâce à la création de marchés paysans de proximité (« agro-mercados » ) dans une stratégie globale de substitution aux importations. Les prix de ces denrées devraient rester accessibles aux plus démunis
  • Augmenter la production par l’incorporation de nouveaux profils de producteurs. Le gouvernement a mis à disposition en usufruit, 800 000 hectares de terres non cultivées.
  • Favoriser une productivité agricole respectueuse de l’environnement, en s’attelant en priorité à la structuration et à l’organisation de l’agro-écologie.

Le chef de l’Etat, Raul Castro, a déclaré que la production d’aliments est « une affaire de sécurité nationale ». En effet, la mise en place de nouvelles politiques économiques, en cette période de transition vers l’ouverture au marché mondial, doit prendre en compte la nécessité de consolider les acquisitions sociales de la révolution et notamment le droit pour chacun de se nourrir convenablement.

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