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Dossier Commerce équitable : quelle réponse aux défis sociaux et environnementaux ?

La certification pour crédibiliser la démarche

, par CDTM de Paris

La démarche équitable s’appuie sur des cahiers de charges clairement définis entre le producteur et l’acheteur. Des contrôles indépendants et récurrents authentifient la démarche, avec des critères économiques, sociaux et environnementaux auxquels peuvent s’ajouter des critères sur le mode de gouvernance du groupement de producteurs et sur son implication dans l’éducation au commerce équitable. Suite à ces contrôles, un label - qui est une garantie pour le consommateur - est octroyé. Ce label est matérialisé par un logo sur l’emballage. Il existe 2 types de labels de commerce équitable : ceux concernant seulement la qualité technique, sociale et environnementale du produit, tels que le label Fairtrade/Max Havelaar et ceux concernant la qualité de l’intégralité de la chaîne d’approvisionnement du producteur au détaillant, tels que le label Artisans du Monde ou celui de WFTO, qui depuis février 2016 est devenu un label international.

Le débat entre les différentes organisations de commerce équitable sur le degré d’exigence des référentiels est constant. Certains acteurs pensent qu’il vaut mieux vendre plus avec éventuellement un cahier des charges moins exigeant, d’autres souhaitent une équité « quasi » absolue, au risque de restreindre le volume des ventes.

Le label FSP, Programme d’approvisionnement Fairtrade, mis en place en 2014 par l’organisation Fairtrade International en est un exemple emblématique. Ce label concerne 3 produits phare du commerce équitable qui entrent dans la composition de nombreux produits agro-industriels : cacao, sucre et coton. Il donne la possibilité aux entreprises d’obtenir le label FSP pour des produits finis avec seulement un petit pourcentage d’un seul des ingrédients certifié Fairtrade. Ce label « light » a soulevé de très vives protestations des autres organisations de commerce équitable. Quant à Fairtrade, elle considère qu’une telle mesure renforce les bénéfices des petits producteurs et répond à leur demande.

Actuellement le « Guide international des labels de commerce équitables » (pdf) publié par la PFCE (Plate-Forme du Commerce Equitable), Fairworld Project, Fairness, reconnaît huit labels de commerce équitable qu’il ne faut pas confondre avec les labels de développement durable moins exigeants. Ces labels sont gérés par des organismes situés dans un pays du Nord, sauf le SPP, Symbole producteurs paysans, Simbolo de los Pequenos Productores, qui est une initiative de 2006 du réseau sud-américain des organisations certifiées Fairtrade, le CLAC.

La multiplicité des logos dans les rayons de produits équitables - et parfois plusieurs logos sur le même emballage – peut laisser le consommateur perplexe. Quant au monde industriel qui a investi le secteur équitable, il fait le plus souvent référence à une vaste terminologie : éthique, durable, responsable... Tout cela ajoute à la confusion.

La certification est une étape lourde pour les producteurs qui en ont la charge financière. Ils doivent, en outre, souvent recourir à plusieurs types de certification pour répartir leurs ventes entre divers acheteurs. Les groupements de producteurs accédant à cette certification ont déjà une certaine importance et une organisation structurée. D’où la critique faite au commerce équitable que cette exigence de certification, nécessaire pour les consommateurs, est devenue inaccessible sur le plan humain et financier. Elle écarte les producteurs les plus fragiles de ce commerce qui leur était pourtant destiné.

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