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Idées reçues sur le tourisme

, par Agenda de la Solidarité Internationale

« Il n’y a d’homme plus complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie. » Alphonse de Lamartine, poète français (1790-1869).

Idée 1 : le tourisme de masse bénéficie aux populations des pays du Sud

Le tourisme de masse, comme son nom l’indique, est une activité qui inscrit le voyage dans une dimension industrielle. Économies d’échelle, pressions sur les tarifs pour maximiser les taux de marge, concurrence exaltée… : le volume de biens et de services consommés par les voyageur-se-s est la pierre angulaire de ce commerce.
Or les entreprises qui tirent la majorité des bénéfices du tourisme de masse sont peu nombreuses, de grande envergure et occidentales. Mastodontes du voyage, elles ont la capacité d’influer sur des destinations entières (régions ou parfois pays), car les volumes de voyageur-se-s géré-e-s entrainent des dépendances économiques.
Ce rapport de forces est totalement défavorable aux populations des Sud et en premier lieu aux travailleur-se-s du secteur : bas salaires, contrats précaires, non-respect de la réglementation en vigueur… Il a aussi des conséquences néfastes sur la qualité et les conditions de vie des populations qui accueillent les touristes : augmentation des prix, raréfaction des denrées alimentaires et de l’eau, dégradation des écosystèmes, pollutions diverses. Le foncier se retrouve sous pression avec le développement de la corruption, l’accaparement de terres pour la construction de complexes hôteliers ou encore la privatisation d’espaces publics comme les plages.
Ainsi, seules quelques familles privilégiées parviennent à s’allier aux multinationales et tirent un bénéfice économique de cette exploitation sauvage des ressources locales. Le tourisme de masse coûte très cher aux populations hôtes ; chacun-e doit être conscient-e que l’achat, souvent au rabais, d’un voyage conçu dans cette logique économique, a des conséquences durables, comme la dégradation du paradis visité et la dépossession des populations des Suds de leurs patrimoines.

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Tisserande, village d’Amaru, Pérou. © Au-delà des paysages

Idée 2 : les voyages organisés permettent la rencontre avec l’autre

C’est surtout votre voisin-e que vous rencontrerez à l’autre bout du monde dans le cadre d’un voyage organisé par les spécialistes du tourisme de masse. Les lieux d’hébergement et de détente sont souvent fermés pour des raisons sécuritaires. Pour l’entreprise organisatrice, il s’agit aussi de contenir les voyageur-se-s dans un espace géographique bien délimité et contrôlé afin de récupérer l’ensemble des bénéficies liés à la vente de biens et des services (taxis, restauration, souvenirs, visites guidées…). Cet entre-soi ne favorise aucunement la rencontre avec les populations locales ; tout au plus, vous pourrez discuter un peu avec les travailleur-se-s des complexes hôteliers, mais il est clair que le cadre biaise les échanges.
Lors de courtes expéditions ou petits événements festifs organisés par les agences, « l’autre » est le plus souvent figé-e dans une image folklorique, qui fait la part belle aux fantasmes sur la culture et l’histoire de la région visitée ; des clichés qui n’aident pas à comprendre les réalités du pays, les aspirations et revendications des populations.
S’il lui est impossible de cacher le dénuement dans lequel vit une large majorité des habitant-e-s de notre planète, le tourisme traditionnel, dans sa recherche de stabilité sociale, limite les rencontres avec les populations locales aux échanges marchands et masque les luttes pour un partage plus équitable des richesses.
Les commentaires de type « ils/elles sont pauvres mais tellement souriant-e-s et accueillant-e-s » sont des échos au mythe du « bon sauvage » que l’industrie du tourisme, notamment, s’efforce de faire perdurer.

Que peut-on faire ?

- Préparer son voyage pour rencontrer les autres : prendre le temps de choisir les services, s’assurer qu’ils sont dans une dynamique responsable, faire en sorte que chaque acteur de la filière touristique soit solidaire et respectueux des droits des personnes et de la nature

- S’adresser à une association ou un voyagiste qui organisera son voyage dans les termes du commerce équitable
www.tourismesolidaire.org
www.voyageons-autrement.com
www.audeladespaysages.com

- Voyager près de chez soi, à travers des balades urbaines de quartiers, guidées par les habitants eux-mêmes ou par des migrants
www.bastina.fr/voyages-bastina/france.html

- Choisir de consommer équitable, un acte de solidarité vis-à-vis des pays du Sud
www.jeconsommeequitable.fr
www.commercequitable.org

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