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Idées reçues sur l’éducation

, par Agenda de la Solidarité Internationale

« Le but de l’éducateur n’est plus seulement d’apprendre quelque chose à son interlocuteur, mais de chercher avec lui les moyens de transformer le monde dans lequel ils vivent. » Paulo Freire, pédagogue brésilien, 1974

Idée n°1 : "L’éducation passe seulement par l’école"

 «  Il faut tout un village pour éduquer un enfant » ! Ce célèbre proverbe africain tord le cou à l’idée reçue que seule l’école peut assumer un rôle d’éducation. Ce serait nier la participation des parents, de la famille élargie, de l’entourage, de l’environnement culturel, du social... et surtout, de tout ce qui relève de l’éducation informelle et non formelle. L’éducation ne se limite pas à des apprentissages didactiques et ne se confond pas avec l’instruction ou l’enseignement. Si l’on revient à sa définition étymologique (du latin « ex ducere »), il s’agit de « guider hors de », accompagner vers l’extérieur, vers la société.

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Najmi, province de Muthanna, Irak, 2008. Photo Aaron D. Snipe CC BY 2.0

L’éducation est un processus permanent, tout au long de la vie, où chacun acquiert des connaissances mais aussi des attitudes, des valeurs, des savoir-être et savoir-faire. Cet apprentissage peut venir de la vie quotidienne, des influences et des expériences dites informelles comme le travail, les voisins, la religion, mais aussi les médias, les arts, les réseaux sociaux ou Internet.

Il se formalise également dans les structures et initiatives d’éducation non formelle. Certaines sont mêmes considérées comme complémentaires de l’école car elles sont orientées vers l’acquisition de connaissances et de compétences nécessaires à la vie quotidienne, à la vie en société, au lien entre la nature et l’humanité, à la prévention et à la protection, à l’insertion professionnelle (alphabétisation des adultes...) et plus largement, à la formation continue. L’éducation populaire, une éducation « pour tou-te-s » et « par tou-te-s », a une visée citoyenne : apprendre à vivre ensemble, à participer à la vie civique, aux prises de décisions... De nombreuses structures éducatives existent pour organiser, structurer et encadrer ces apprentissages citoyens : centres de loisirs, structures dédiées à la jeunesse comme les Maisons des jeunes et de la culture (MJC), les associations culturelles ou sportives, les forums citoyens, les conseils de jeunes...

L’éducation populaire place au cœur de son action le débat, la pratique et l’expérimentation. Chacun, quelle que soit sa place ou sa fonction (parents, éducateurs, collectivités, institutions publiques) est concerné et responsable pour permettre la réussite éducative de tou-te-s, mais aussi l’épanouissement social, culturel et citoyen.
 

Idée n°2 : « On apprenait mieux avant »

 
« Avant, on faisait des dictées, on savait qui était Charlemagne et où se situaient les villes de France. Avant, tout était mieux ». Les données sur l’éducation en France tendent à renforcer ces propos nostalgiques que l’on entend souvent en matière d’enseignement. En effet, une majorité d’enfants de 15 ans ne maîtrisent pas les compétences de base, le nombre d’abandon scolaire connaît une forte hausse et les dernières études internationales, telle l’étude PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves), montre que les élèves français sont parmi les moins performants du monde. A qui doit-on cette rapide déchéance ? Aux enseignants, aux parents ou à un système éducatif inadapté au monde actuel ?

Et si ce tableau paraissait plus noir qu’il ne l’est en réalité ?
Nos enfants ne savent peut-être plus les mêmes choses, mais ils n’en savent pas forcément moins. Habitués dès leurs plus jeunes âges aux nouvelles technologies, ils maîtrisent facilement ordinateurs, tablettes et globalement tout l’environnement numérique. Leurs pratiques régulières des jeux vidéo les aident d’ailleurs dans leurs apprentissages, comme le note le Massachusett Institute of Technology : jouer à Zelda ou Sim City leur apprend à évoluer dans des univers interactifs, où ils endossent des rôles divers et fictifs. Ils s’imprègnent des divers modes de narration, analysent les données en temps réel et renforcent ainsi leurs capacités à prendre des décisions. Certains objecteront que les résultats des enquêtes internationales sont bien réels et montrent sans conteste la faiblesse du système éducatif français. A ces derniers, il sera alors facile de rétorquer que ces études sont loin d’être objectives, tant elles s’attachent à comparer l’ultra-performance d’enfants issus de pays et de cultures différentes, sans s’intéresser à leur développement personnel ou à leurs talents artistiques. 
 

Que peut-on faire ?

  • Participer à la campagne mondiale pour l’éducation www.educationpourtous.com  
  • Pour les jeunes en France, trouver la bonne formation, la liste des lycées autonomes, les bons plans logements/transports/mobilité internationale ainsi que des pistes d’engagement citoyen sur le site du ministère des droits des femmes, de la ville, de la jeunesse et des sports www.jeunes.gouv.fr
  • Voir les conférences gesticulées de Franck Lepage, notamment la première (« L’Education populaire, monsieur, ils n’en ont pas voulu ») et la deuxième (« Et si on empêchait les riches de s’instruire plus vite que les pauvres... ») www.scoplepave.org

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