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Dossier La longue marche des Roms vers la conquête de leurs droits

Glossaire sur les Roms

, par CIIP

"Rom" signifie "homme d’ethnie romani" ou "mari" selon les variantes du romani ou les auteurs.
Les Roms sont – avec les Sintés et les Kalés - une des trois grandes branches des Roms (terme générique), population originaire du nord de l’Inde. Les premières traces écrites de leur arrivée en Europe remontent au XIVe siècle. On trouve les Roms essentiellement dans les Balkans et en Europe centrale et orientale. Ils parlent pour la plupart le romani (romani chib). Ils se divisent en sous-groupes ("endaïa") : les Kelderash, les Lovari, les Gurbeti, les Tchurari, les Ursari, etc.
Il existe dans les Balkans des groupes s’auto-identifiant comme des Roms mais qui ne parlent pas le romani. C’est le cas des Boyash (Beash, Bayash, Banyash, Baiesi ou Rudari, selon les pays) dont le parler dérive du moéso-roumain, ou de certains Ashkali qui parlent albanais.
Le terme "Rom" est assez largement employé en Europe centrale et orientale. Dans certaines variantes du romani, on écrit "Rrom" avec deux "r" ; c’est parfois d’usage pour des raisons politiques dans certains pays comme la Roumanie (pour différencier Rroms de Roumains). En français, il est recommandé par le Conseil de l’Europe d’utiliser l’adjectif "rom" qui s’accorde en nombre mais pas en genre (le peuple rom, des femmes roms, etc.) et de réserver l’usage de l’adjectif "romani" (invariable) pour la langue et la culture : la langue romani et la culture romani.
Le terme de "Rom" est également adopté par l’Union romani internationale (IRU) lors du premier Congrès international des Roms (Londres, 1971) qui a revendiqué le droit légitime de ce peuple à être reconnu en tant que tel, et officialisa la dénomination.

Romani (prononcé parfois romanès en France) parfois appelé domani ou lomani : une langue indo-européenne, proche du sanscrit, que récemment transcrite en alphabet latin (sous-branche : indo-aryenne) comprise par une très large partie des Roms d’Europe en dépit de nombreuses variantes qui s’expliquent par le fait que certains groupes ont plus ou moins emprunté du vocabulaire à la langue de leur environnement : les pays de résidence des locuteurs ont donné ainsi naissance à plusieurs variétés, telles le romani carpatique (Subcarpatie), le vlach (Roumanie), le greko, l’anglo-romani, le welsh-romani ou les dix-neuf variétés de la seule Bulgarie. En Hongrie, une partie des Roms utilise le beash, une version archaïque de la langue roumaine. D’autres variétés sont liées aux métiers pratiqués. C’est le cas du lovari des maquignons, qui est parlé en France, en Allemagne et en Hongrie, du kalderash des chaudronniers ou encore du tchourar des rétameurs.

Le groupe des Sintés se trouve essentiellement dans les régions germanophones (Allemagne, Suisse, Autriche), le Benelux et certains pays nordiques. En France (à l’est, notamment en Alsace), ils sont appelés Manouches. "Manouche" vient d’un mot romani qui veut dire "être humain". Il existe une sous-branche méridionale des Sintés qui vivent dans le nord de l’Italie (Piémont, Lombardie) ou en Provence et qui ont emprunté du lexique à l’italien.
Sinto  : version germanisée de la langue romani (appelé romnepen dans la langue elle-même)

Le groupe des Kalés (plus couramment appelés "Gitans" de l’espagnol gitano, déformation d’egyptiano, égyptien – selon une ancienne légende, les Roms seraient venus d’Égypte) se trouve de la péninsule ibérique et du sud de la France ; ils ont quasiment perdu l’usage du romani.
Il existe également un groupe "Kaalé" en Finlande qui tente de préserver ses traditions et des Kalés au Pays de Galles qui, depuis les années 50, ont perdu l’usage du kalo.
Kaló  : de l’espagnol (lexique et grammaire) avec quelques emprunts au romani. Il existe deux variantes (kaló espagnol et kaló catalan) ; quelquefois orthographié avec un c : Caló

Le groupe des Romanichels (vient de l’adjectif romani (rom) et du nom čel (peuple, communauté, tribu) : groupe du Royaume-Uni, essentiellement Angleterre et sud du Pays de Galles, qui s’auto identifie "Gypsies" (parfois "Roma/Gypsies" dans les textes officiels). Ils parlent une langue appelée anglo-romani, un mélange de vocabulaire anglais et romani avec une grammaire anglaise.
Le terme est devenu désuet en France,

Les Tsiganes : En Europe occidentale (Royaume Uni, Espagne, France, etc.), en Hongrie et dans certaines parties de la Russie, "Tsigane", ou son équivalent national ("Gypsy", "Gitanos", "Cigány", "Tsyganye", etc.). Terme apparu dans la langue française au début du XIXe siècle qui a, aux yeux de beaucoup de Roms, une connotation péjorative ; il est jugé inacceptable par les Roms et les Sintés d’Europe dans la mesure où il est considéré comme un nom exogène s’apparentant à tous les stéréotypes négatifs et paternalistes qui perdurent en Europe à leur sujet.

Gens du voyage : terme administratif pour désigner les personnes vivant en France ayant un mode de vie itinérant. Elles doivent être munies d’un livret spécial de circulation qui doit être visé tous les trois mois. Ce terme regroupe donc à la fois différentes branches roms mais aussi d’autres populations.

Les Manouches (proche de manushya, qui signifie homme, être humain en et en , et qui vient du romani manouche signifiant aussi "homme"). Ils ne se reconnaissent pas en tant que Roms (Jean-Pierre Liégeois in "Roms et Tsiganes", 2009)

Les Yéniches : population autochtone non-rom vivant notamment en Suisse et qui mène une vie itinérante bien que la plupart des Yéniches (plus de 90%) soient aujourd’hui sédentarisés. Ils parlent allemand avec certains mots empruntés au romani, au latin et à l’hébreu.

Les Bohémiens terme utilisé à partir du XVe siècle. Le terme Boumians que l’on rencontre parfois, est une forme occitane de Bohémiens

Les gadgés sont les "non Roms" en romani, tous ceux qui n’appartiennent pas à leur communauté. (Il est recommandé de ne pas mettre de majuscule à gadjo/gadjé contrairement à Roms/Sintés/Kalés car il ne s’agit pas d’un peuple).

Holocauste des Roms : On dénombre entre 500 000 et 1,5 million de Roms victimes de la Seconde Guerre Mondiale, soit près de 80% de la population totale, représentant parfois plus de 90% de la population rom de certains pays [source : The Holocaust of Gypsies, 1990 publication by Jan-Otto Johanssen collects information on Roma holocaust from : Simon Wiesenthal Institut, Olof Palme Institut, Miriam Novich Foundation].
En romani, il existe deux termes pour désigner l’Holocauste (en fonction des communautés et des variantes linguistiques) : "Samudaripe(n)" ou bien "Pharraj(i)mos". 
Samudaripe(n) signifie "meurtre de tous", à rapprocher du terme "Shoah" ("anéantissement") employé par les Juifs.
Pharraj(i)mos signifie "qui dévore". Étant donné que Pharraj(i)mos peut être confondu avec "Porrajmos" qui a dans de nombreuses variantes de la langue romani une connotation sexuelle, il est recommandé d’utiliser "Samudaripe(n)".
 

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