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Dossier Chili : les enfants de la dictature

Glossaire du dossier Chili

, par CIIP

Alliance pour le Chili

La Coalition pour le changement (Coalición por el Cambio), est une alliance entre trois partis chiliens née en 2009 en remplacement de l’Alliance pour le Chili. Il s’agit d’une coalition de partis de droite et de centre-droit, d’inspiration conservatrice et libérale, comprenant Rénovation nationale (RN), l’Union démocrate indépendante (UDI) et ChilePrimero. Antérieurement elle incluait également le Partido del Sur (régionaliste) et l’Unión de Centro Centro Progresista (UCCP), tous deux aujourd’hui dissous.
Par le passé, l’alliance s’est appelée : Democracia y Progreso (1989-1992), Participación y Progreso (1992-1993), Unión por el Progreso (1993-1996), Unión por Chile (1996-2000), Alianza por Chile (2000-2009).
Depuis sa fondation en 1989, les principaux dirigeants ou personnalités politiques de l’Alliance ont été Jovino Novoa (UDI), Pablo Longueira (UDI), Jaime Guzmán (UDI), Joaquín Lavín (UDI), Sebastián Piñera (RN), Carlos Larrain (RN), Lily Pérez (RN), Andrés Allamand (RN), Sergio Onofre (RN), et Sergio Romero (RN).
Son principal adversaire est la Concertation des partis pour la démocratie au pouvoir au niveau national depuis le retour de la démocratie en 1990.

Chicago Boys

Ce surnom désigne un groupe d’économistes chiliens des années 1970, formés à l’Université de Chicago et influencés par les théories économiques de Milton Friedman et Arnold Harberger.
À la suite de la nationalisation d’entreprises effectuée par Salvador Allende, ils rédigent clandestinement un rapport de 189 pages appelant à la privatisation immédiate des entreprises publiques chiliennes et décrivant de façon plus générale la politique économique qu’ils conseillaient de suivre. Ce texte, dit El Ladrillo ("La brique"), est destiné à guider la politique économique d’un gouvernement alternatif, alors que légalement le mandat d’Allende doit durer jusqu’en novembre 1976. Le jour même du coup d’État renversant Allende, le texte est imprimé, et remis dès le lendemain aux dirigeants de la dictature militaire.
Leur théorie principale est celle d’imposer au pays une "thérapie de choc" en privatisant tous les secteurs de la société chilienne, menant à une refonte massive et radicale du modèle social chilien.
Ils travaillèrent pour la dictature militaire chilienne sous les ordres du général Pinochet, et jouèrent un rôle majeur dans ce qui est parfois appelé le "miracle chilien", selon une formule de Milton Friedman. De par leurs réformes, ils contribuèrent à faire du Chili le Laboratoire du Néolibéralisme qui s’implanta durablement dans tout le reste de l’Amérique Latine.

Concertation

La Concertation des partis pour la démocratie (Concertación de Partidos por la Democracia, ou simplement Concertación en espagnol) est une coalition de partis politiques du centre et de la gauche, née sous le nom de Concertación de Partidos por el No (Concertation des partis pour le non) à l’occasion du référendum de 1988 portant sur le maintien au pouvoir du général Augusto Pinochet. La Concertation a remporté toutes les élections législatives et présidentielles depuis le retour des élections libres en 1989, jusqu’à 2009-2010.
Son symbole, l’arc-en-ciel, symbolise la diversité des projets et intérêts qui composent la coalition.
Les quatre présidents qu’a connu le Chili de 1990 à 2010 sont tous issus de la Concertación : Patricio Aylwin (PDC) de 1990 à 1994, Eduardo Frei Ruiz-Tagle (PDC) de 1994 à 2000, Ricardo Lagos (PPD-PS), de 2000 à 2006 et Michelle Bachelet (PS) de 2006 à 2010.

DINA

La Dirección de inteligencia nacional (Direction nationale du renseignement) était la police politique chilienne pendant la dictature militaire d’Augusto Pinochet. En raison de son image fortement négative quant aux nombreuses violations des droits de l’homme dont elle s’était rendue coupable, elle fut renommée en 1977 Central Nacional de Información (CNI).
Dirigée par Manuel Contreras, qui répondait directement aux ordres de Pinochet, elle a rapidement supplanté les divers services de renseignement de l’armée chilienne, et a été au centre de l’opération Condor. Parallèlement à son réseau d’agents, la DINA était en contact étroit avec des terroristes néofascistes européens, avec qui elle mena un certain nombre d’opérations (assassinats, etc.).

Transition pactée

La défaite de Pinochet au référendum de 1988 conduit le pays à une période de transition. Des élections pour le Congrès et la présidence de la république sont organisées en 1989.
Dès la fin 1988, le premier accord politique est conclu entre les deux coalitions visant à ne pas remettre en cause le décret-loi 2191 du 18 avril 1978 octroyant l’amnistie pour les crimes et délits commis entre 1973 et 1978, protégeant ainsi les militaires de la justice. Une série de lois, connues sous le nom de "lois d’amarrage", est édictée. Les 30 000 fonctionnaires nommés sous les gouvernements de Pinochet sont assurés de demeurer à leur poste tandis qu’au niveau local, le futur président de la République se voit autoriser à nommer 15 des 325 maires du pays.
Verrouillant le système judiciaire, le général Pinochet nomme neuf nouveaux juges à la Cour suprême tandis qu’une loi électorale établit un système binominal unique au monde pour les élections parlementaires, rendant quasi-obligatoire la mise en œuvre de coalitions électorales alors que le découpage électoral favorise les zones rurales réputées plus conservatrices. Selon ce mode spécial de scrutin, concocté par le juriste et idéologue grémialiste Jaime Guzman, dans chaque circonscription, si la liste arrivée en tête obtient plus du double des voix de celle qui la suit, elle obtient 2 sièges. Sinon, chacune des 2 premières listes a droit à deux sièges. En plus des sénateurs nommés (anciens membres de la Cour Suprême, des militaires) et de ceux à vie (les anciens Présidents de la République s’ils ont été en poste pendant 6 années), le scrutin binominal favorise un rapport de force presque égal entre les deux coalitions à la chambre des députés.
Ensuite, la loi constitutionnelle nº 18 825 du 17 août 1989, négociée entre le gouvernement et les partis politiques chiliens, est préalablement approuvée par référendum plébiscitaire le 30 juillet 1989 par 91,25 % des électeurs. Cette loi impliquant 54 réformes constitutionnelles complète les articles concernant la réforme constitutionnelle, donne au pluralisme politique une valeur constitutionnelle (sauf pour les formations dites terroristes et antidémocratiques), renforce les droits constitutionnels et les principes démocratiques, encadre le recours à l’état d’urgence, révise les compétences des tribunaux militaires et annule les articles sur la proscription et la confiscation des biens des partis politiques.
En décembre 1990, les élections présidentielles aboutissent à la victoire de Patricio Aylwin (membre de la démocratie chrétienne, et candidat de la Concertation des partis pour la démocratie) et les élections parlementaires à celle de la Concertation.
Le résultat du référendum a ainsi concrètement abouti au départ d’Augusto Pinochet et des militaires du gouvernement du Chili, à une transition "pactée" entre les 2 coalitions et à l’organisation d’élections présidentielles en sus d’élections législatives dans le cadre d’une transition négociée. L’entrée en fonction de Patricio Aylwin le 11 mars 1990 marque le début de la nouvelle ère démocratique.

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