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Dossier Forum Mondial de l’eau vs Forum alternatif mondial de l’eau

FME : La Banque Africaine de Développement (BAD) et la sécurité en eau de l’Afrique

, par BOUGUERRA Mohamed Larbi

Sécurité en eau de l'Afrique

La BAD a organisé une conférence de presse le 14 mars 2012 au Forum Mondial de l’Eau (FME) pour rendre compte de la table ronde qui s’est tenue sur la sécurité de l’eau en Afrique en présence de ministres africains, d’experts, de fonctionnaires internationaux….

Parmi les présents : Donald Karebuka, le président de cette banque, Michel Camdessus, ancien directeur du FMI et gouverneur honoraire de la Banque de France, la Ministre de l’Eau et des Ressources Hydriques d’Afrique du Sud, présidente de l’AMCOW (Ministres Africains du Conseil de l’Eau), Sering Jallow, directeur du Département Eau et Assainissement de la BAD et de la Facilité Africaine de l’Eau… « La Banque a créé l’Initiative pour l’Alimentation en eau et l’assainissement pour mettre l’accent sur les zones rurales en vue d’aider les pays à atteindre une couverture de service de 80% d’ici 2015 » affirme Jallow.

Cette table ronde était parrainée aussi par la Commission Économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), l’Union Africaine et la France. Son but : discuter de solutions et de financement pour renforcer la sécurité de l’eau en Afrique pour être probablement en phase avec le slogan-mot d’ordre de ce 6ème Forum mondial de l’Eau et qui est précisément : « Le temps des solutions ».

A l’ouverture du Forum le 12 mars, le Prince Willem-Alexander des Pays-Bas avait rappelé que le Secrétariat Général des Nations Unies a annoncé que l’Objectif du Millénaire pour le Développement de l’eau potable a été atteint et on aurait là «  le premier objectif à être atteint par la communauté internationale ». Le taux de couverture de l’eau potable à travers le monde est passé de 76% en 1990 à 89% en 2010. Deux milliards de personnes ont eu accès à l’eau potable durant ce laps de temps. S’agissant de l’Afrique cependant, seuls 11 des 50 pays sub-sahariens ont atteint l’Objectif Eau potable soit 275 millions de personnes desservies.

Au cours de la conférence de presse, Camdessus a relevé que les changements stratégiques de la banque ont rendu plus efficaces les instruments. La banque a lancé son action à Paris en 2005. 34 millions de personnes en zones rurales ont eu ainsi accès à de l’eau saine. « C’est là un changement copernicien dans les orientations de la banque » note l’orateur. A l’avenir, celle-ci ne travaillera qu’en fonction de la demande. Elle vise à l’avenir «  ownership » et « empowerment » comme elle vise à plus de transparence et de coopération avec les pays. Elle tient aussi beaucoup compte du phénomène de réchauffement climatique. Camdessus relève que les pays africains (Niger, Afrique du Sud…) sont devenus des contributeurs au programme Eau de la BAD à côté de la France, de l’Italie, des Pays-Bas et de la Suisse. Le Niger, par exemple, va contribuer à hauteur d’un million d’euros pour devenir membre et participer à la gouvernance.

On rappellera que la BAD a récemment accordé 32,5 millions d’euros à la Tunisie pour renforcer l’irrigation agricole. Cette opération concernera une trentaine de stations d’épuration dans 17 gouvernorats (préfectures) tunisiens.

COMMENTAIRE :

Il est clair que l’Afrique a encore bien du retard dans le domaine de l’eau et de l’assainissement. L’urbanisation galopante aggrave les problèmes. En zones rurales, la corvée d’eau reste un vrai calvaire pour les femmes et empêche les filles d’avoir une scolarité normale.

Outre les fonds, il faut la volonté politique pour que les Africains aient accès à une eau saine et un assainissement correct car si selon l’adage médical, « L’être humain boit 80% de ses maladies », Halfdan Malher, ancien directeur général de l’OMS assure : « Le nombre de robinets par millier d’habitants deviendra un meilleur indicateur de santé que le nombre de lits d’hôpitaux. »

Il est clair que pour l’heure, l’Afrique n’a pas assez de robinets et que les actions demeurent en deçà des besoins vitaux des populations du continent en dépit de l’optimisme de façade affiché par les officiels.

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