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Dossier L’économie verte, la pauvreté et l’inégalité globale

Développement humain et social : un processus évolutif marqué par des transformations révolutionnaires

, par MAHARAJH Rasigan , Rio+20 Portal

Ce texte a été traduit par Annabelle Rochereau et Maxime Barthélémy (traducteurs bénévoles pour Ritimo).

Le spectaculaire essor de l’humanité en tant qu’espèce dominante sur terre a été atteint grâce à l’adaptation évolutive, la coopération intra-spécifique et la compétition inter-spécifique. La production du savoir ayant permis une avancée du progrès humain avant tout autre repose sur la compétition entre individus sous forme de rivalité. Ce détournement, sous le capitalisme, de la compétition comme « loi du plus fort » pose à présent de graves dangers pour toute forme de vie sur terre. On compte aujourd’hui sur terre presque sept milliards de personnes réparties géographiquement au sein de 203 unités politiques. Parmi celles-ci, 193 sont reconnues au niveau international comme étant des États souverains dans la mesure où ils possèdent une population permanente, un territoire déterminé, un gouvernement et la capacité d’entrer en relation avec les autres États. Cependant, 10 autres territoires ne se sont pas vus accorder de légitimité de façon unanime par les Nations Unies, tels la Palestine et le Sahara occidental [République Arabe Sahraouie Démocratique]. Les caractéristiques sociale, politique et économique actuelles de l’humanité sont le résultat d’un développement évolutif de plusieurs millénaires marqué par des transitions révolutionnaires ayant accéléré cette transformation.

L’espèce humaine est actuellement dominante par rapport au nombre total de populations de la planète qui comptent de nombreuses autres espèces notamment de faune et de flore. Ensemble elles constituent des systèmes écologiques permettant l’évolution de la vie telle que nous la connaissons. L’interaction complexe sur de longues périodes entre la matière et le vivant a entraîné des variations systémiques considérables. Les scientifiques ont émis l’hypothèse que l’histoire terrestre a débuté il y a moins de cinq milliards d’années. Depuis ce moment et au cours des deux milliards d’années qui ont suivi, la structure de la planète, sa taille et ses coordonnées se sont consolidées. La période qui s’étend des origines de la vie sur terre à 542 millions d’années après constitue près de 90% de l’histoire de la planète. C’est alors que se sont formés les océans, l’atmosphère et les continents, et que les bactéries sont apparues , les niveaux d’oxygène ont augmenté et les organismes multicellulaires ont commencé à évoluer. Le graphique suivant décrit cette période permettant de nous situer aujourd’hui dans le temps.

Ainsi, alors que la Terre se formait environ 4,5 milliards d’années auparavant, les traces de nos premiers ancêtres apparurent en paléoanthropologie dans les chroniques de fossiles il y a environ 7 millions d’années seulement. Le genre Homo, défini ainsi du fait de l’accroissement de la taille du cerveau et de l’utilisation d’outils, éléments distinctifs de notre passé commun, est apparu il y a seulement 2,5 millions d’années environ. Des squelettes proches de leur forme actuelle ont été reconnus dans les chroniques de fossiles il y a approximativement 190 000 à 150 000 ans et identifiés comme ceux d’Homo sapiens sapiens. L’espèce humaine fait partie de la nature et bien qu’elle représente, d’une certaine façon, une avancée évolutionnaire, certains comportements qui semblent étrangers voire opposés à ses propres intérêts lui sont attachés. Les êtres humains sont issus de l’évolution biologique et façonnés par des facteurs géophysiques tout comme le sont les autres espèces. Au sens anthropologique le plus large, la culture humaine a donné l’opportunité aux espèces de transcender les limites de leur constitution biologique. La population humaine totale aux environ de 100 000 ans AEC a été estimée à environ 20 000 individus seulement.

Il existe également des preuves permettant de dater l’expansion des hommes modernes depuis l’Afrique jusqu’à d’autres régions du monde remontant aux alentours de 60 000 ans auparavant et se poursuivant en petits groupes jusqu’à il y a environ 12 000 ans, au moment où ils atteignirent la pointe australe de l’Amérique du Sud. La mobilité humaine a eu un impact sur tous les territoires habités à l’époque où d’immenses couches de glace recouvraient une grande partie des continents Nord-américain et Eurasien il y a environ 20 000 ans. La période interglaciaire actuelle caractérisée par des températures mondiales moyennes plus chaudes a débuté il y a 10 000 ans environ et la fin de la dernière grande période glaciaire constitue l’un des principaux repères dans l’évolution de notre espèce.

Les changements climatiques ainsi qu’une accélération rapide du rythme d’innovation ont entraîné un développement de la domestication des plantes et des animaux au sein de l’espèce humaine. Tel que cela a été soutenu par Friedrich Engels (1876) et Vere Gordon Childe (1936) notamment, l’évolution humaine s’est distinguée d’un simple produit de la sélection naturelle par des capacités d’apprentissage et de communication améliorées permettant à l’humanité de concevoir des innovations technologiques et de transmettre ses idées à travers les générations. Il est généralement admis que les hommes ne peuvent aujourd’hui plus exister au sens strict dans la nature sans outils, équipement ni technique.

La diffusion des technologies a permis à la plupart des populations sédentaires de s’établir et a modifié la vie sociale transformant la subsistance en excédents et en accumulation. Cette transformation matérielle a été accompagnée de l’émergence de la division du travail se traduisant par un accroissement des niveaux de spécialisation et de sophistication. On estime que la notion de différences culturelles en tant que raisonnement abstrait remonte à plus de 9 600 ans AEC et coïncide à la fois avec une période de production excédentaire et avec des préoccupations en matière d’autorité, d’ascendance et de patrimoine héréditaire. L’émergence des hiérarchies sociales et du pouvoir politique a essentiellement pris forme par le biais d’une exploitation de la violence comme mécanisme de possession et de dépossession. Le fourrage a été remplacé par l’agriculture et les progrès technologiques ont peu à peu servi de tremplin à l’adaptation sociale, économique et politique.

Plus récemment – et en particulier au cours des derniers millénaires – l’évolution et l’expansion de l’espèce humaine ont entraîné des changements considérables pour l’environnement. Dans leur quête d’hégémonie mondiale, les classes socialement dominantes et certains groupes de la société ont fait des ravages dans leur implacable course au profit, au détriment du bien-être de la planète. Alors que les modes de production antérieurs pouvaient donner lieu à une fragilité des êtres humains du fait d’une certaine naïveté et ignorance, l’accumulation rapide du savoir et sa disponibilité universelle ne permet plus aucune justification pour les actions causant des dommages.
Bien que les progrès scientifique et technologique découlent de la curiosité collective de l’humanité, les bénéfices obtenus sont répartis de manière inéquitable à l’ensemble des êtres humains. Le savoir, en tant que sous-système développé au niveau social, traduit également l’expression des relations de pouvoir au sein de la société résultant de l’économie politique. Ces relations ont pour effet d’entretenir de façon continue les inégalités mondiales et locales ainsi que les systèmes oppressifs visant à maintenir la domination de la majorité par un petit nombre, dans tous les systèmes politique et sociaux existants jusqu’à maintenant.

Au cours des trois précédents millénaires et de façon plus marquée durant ces cinquante dernières années, la dégradation de l’environnement, les émissions atmosphériques et la pollution de l’eau se sont accumulées et la planète est devenue le témoin d’une extinction massive de la biodiversité, du réchauffement et des changements climatiques. L’incertitude exacerbée est la reconnaissance que les conditions météorologiques à l’échelle mondiale ont été radicalement altérées, provoquant des changements climatiques abrupts et incertains voire inévitables. Cette situation est aggravée par l’extraction continue des ressources non renouvelables et la domination des modes de consommation non viables. Ces facteurs mis en commun concourent à définir l’époque actuelle comme l’Anthropocène. Bien qu’elle ne soit pas précisément datée, il existe un consensus selon lequel la Révolution Industrielle de la fin du 18ème siècle EC et l’établissement du mode de production capitaliste actuel en seraient à l’origine.

La société humaine s’est en grande partie développée à travers des phases non linéaires. Plus exactement, la société humaine est le résultat collectif de changements divers incluant une longue période de gestation comme proto-humains, chasseurs, premiers agriculteurs, agriculteurs évolués, puis d’industrialisation, jusqu’à la phase actuelle qui se définie comme société technologique. La conception matérialiste de l’Histoire à suggéré des transitions successives séquencées à travers le paléolithique, le néolithique, les périodes urbaine et industrielle du développement historique et culturel humain, ponctuées par au moins trois révolutions.

Une Révolution Néolithique a transformé les cultures de chasseur-cueilleur en agriculture établie. Une Révolution Urbaine a transformé l’agriculture Néolithique qui était généralement caractérisée par de petites exploitations familiales dans des villages agricoles illettrés en systèmes hiérarchiques de fabrication et de commerce plus complexes. Ceci a aidé à établir des implantations humaines qui sont devenues de grandes sociétés urbaines socialement complexes. Une Révolution Industrielle a massivement étendu les capacités productives, a accru la production de marchandises et étendu le commerce à une échelle internationale. Ces trois Révolutions ont été enracinées dans la base substantielle des sociétés que le processus transformerait finalement. Dans tous les cas, les nouveaux régimes ont résulté du développement des forces de production intégrées à des ressources physiques et technologiques.

L’ascendant du capitalisme est fondé sur la séparation entre le travail et le capital. C’est un développement récent dans la longue chronologie de l’évolution humaine. Son déploiement et expansion dans des relations mondiales ont révolutionné la vie humaine sur cette planète. Marx (1845) a reconnu la société civile comme apparaissant au dix-huitième siècle, quand la propriété et d’autres relations sociales se sont dégagées de la société féodale médiévale. On peut voir que la société civile en tant que telle, s’est développée seulement avec la monté du capitalisme. C’est donc cohérent avec les formes d’organisation sociale se développant à partir d’un système capitaliste de production, de distribution et d’échange. Cette catégorie sociale émergente a aussi mis en évidence le système idéologique et la multiplicité de superstructures et de formes qui caractérisent le capitalisme aujourd’hui. La société civile est parfois utilisée pour se référer à l’apparition d’une petite bourgeoisie indépendante de l’État, parfois au renforcement "de l’état de droit", et parfois au développement d’associations volontaires indépendamment des transactions commerciales. En somme, la société civile peut être caractérisée par l’existence du travail "libre" et d’un marché des matières premières, un système chargé de l’application de la loi, et des associations volontaires sous le capitalisme.

Les exigences du capitalisme se reproduisant forment et influencent maintenant la voie du développement humain. Selon Immanuel Wallenstein (2011), la conduite à la base de l’objectif des capitalistes dans un système capitaliste est l’accumulation infinie de capital, partout et par n’importe quel moyen. Puisqu’une telle accumulation exige l’appropriation de plus-value, cette conduite précipite la lutte des classes.

La première étape du capitalisme industriel est souvent caricaturée comme une période de compétition libérale (laissez faire). La mise en place du mode de production capitaliste est passée par la séparation brutale du peuple et de la propriété. Les relations suivantes de production entre les détenteurs de capital et ceux qui avaient seulement leur main-d’œuvre à vendre ont mûri au cours d’une longue période jusqu’à la fin du 19ème siècle. Pour la production capitaliste, tant les moyens de production que le travail salarié devaient être achetés. Selon Karl Marx (1867), le mode de production capitaliste était essentiellement le processus de production de marchandises dont le but unique était l’accumulation de plus-value. La base du Capitalisme peut être décrite comme le processus d’exploitation de la puissance de la main d’œuvre avec pour objet l’accumulation de plus-value pour la reproduction continue de capitaux.

David Harvey (1982) a reconnu que dans le circuit de capitaux décrit ci-dessus, les fournisseurs des moyens de production et la main-d’œuvre devraient en fin de compte être également les clients potentiels demandant le produit. Avec sa valeur totale devant se dépasser elle-même, des fonds supplémentaires devaient être créés. En tant que système fermé, la même entreprise devrait produire la valeur supplémentaire qui pourrait alors être réalisée seulement dans l’avenir. C’est contre cette différence entre la valeur totale réelle actuelle du produit en espèces et les valeurs marchandes qui doivent encore être produites que le système de crédit a été établi et que « le capital fictif » a été créé. La dernière catégorie représentait l’argent mis en circulation comme un capital sans aucune base matérielle dans les matières premières ou activité productive. C’est sur cette base que le système bancaire s’est étendu pour finalement occuper un rôle si significatif dans la société contemporaine.

En 1910, des spécialistes comme Hilferding ont décrit la transformation du capitalisme libéral compétitif et pluraliste en un “capital de finance” monopoliste. L’unification des intérêts industriels, marchands et bancaires avait désamorcé les demandes capitalistes libérales précédentes pour la réduction du rôle économique d’un État mercantiliste, et le capital financier a plutôt cherché un État centralisé et distribuant des privilèges. Selon Hilferding, ceci a changé les demandes du capital et celles de la bourgeoisie dont les demandes constitutionnelles initiales affectaient tous les citoyens de la même façon mais cherchaient désormais, sous la direction d’un secteur financier de plus en plus fort, l’intervention de l’État au nom des classes possédant les richesses : capitaliste, plutôt que la noblesse des modes de production féodaux antérieurs.

Cette seconde étape du mode capitaliste de production a souvent été identifiée comme une période de capitalisme monopoliste avec Lénine définissant la période comme le niveau le plus élevé du capitalisme : l’impérialisme en 1916. Cette étape a pris racine au début du 20ème siècle et s’est étendue jusqu’au début des années 1970. Alors que l’orientation fondamentale de cette étape était de développer les relations de production capitalistes à travers le monde, la période a aussi été témoin de la mise en place de stratégies diverses incluant l’intégration entre les banques et l’industrie, l’exportation de capitaux, l’exacerbation du conflit inter-impérialiste, un cycle de vie réduit pour le capital fixe, l’innovation technologique accélérée, l’économie militaire permanente, la croissance de sociétés multinationales et l’expansion du crédit avec l’endettement global conséquent.

Selon une évaluation de John Bellamy Foster, Brett Clark et Richard York (2010), l’origine de notre crise écologique se trouve dans le paradoxe de la richesse dans la société capitaliste qui étend la richesse individuelle aux dépends de la richesse publique, y compris la richesse de la nature. Dans le processus, une énorme rupture écologique est créée entre les êtres humains et la nature, sapant les conditions d’existence durable : une rupture dans la relation métabolique entre l’humanité et la nature qui est irréparable au sein d’une société capitaliste, puisque cette rupture est inhérente à ses propres lois mécaniques. Des changements fondamentaux dans les relations sociales doivent se produire si les problèmes écologiques et sociaux auxquels fait actuellement face la planète doivent être dépassés. Leur analyse souligne le changement au-delà du régime de capital actuel qui peut être caractérisé comme une forme de néo-libéralisme ; et la nécessité d’évoluer vers une société de développement humain durable.

Pour avancer le long d’un tel chemin, il est cependant nécessaire d’approfondir notre compréhension de cette phase actuelle de capitalisme mondial. Le néo-libéralisme représente un processus historique qui a systématiquement cherché à démanteler plusieurs des structures qui limitent et régulent l’opération du marché, tant en ce qui concerne les relations entre capital et travail que les relations entre différentes initiatives capitalistes. Le néo-libéralisme est le paradigme hégémonique actuel de l’empire et le système idéologique du 21e siècle. Il comprend au moins six caractéristiques principales. Premièrement, la libération des entreprises de toutes les frontières réglementaires précédemment établies par des gouvernements agissant comme l’État, avec l’objectif de liberté totale de mouvement pour les capitaux, les biens et services. Deuxièmement, la dépense publique pour des services sociaux incluant la santé, l’éducation et l’assistance sociale a été significativement réduite. Le cadrage idéologique de l’assistance sociale comme un fardeau sur les mécanismes fiscaux publics a été utilisé pour justifier cette approche qui contrevient aux contrats sociaux libéraux de Thomas Hobbes (1651) et John Locke (1689), entre autres.

Troisièmement, le néolibéralisme a cherché à réduire le salaire social et le filet de sécurité des pauvres. Ceci a inclus de nouvelles réductions de dépenses fiscales et inclut la réduction d’investissement dans l’entretien d’infrastructures comme le logement, l’eau, les transports et d’autres aménagements, en augmentant dans le même temps le subventionnement d’entreprises privées par crédits d’impôt, les transferts directs d’autorité et d’autres moyens qui favorisent les classes dirigeantes. Quatrièmement, un autre aspect clé du néolibéralisme a été de mettre l’accent sur la déréglementation à grande échelle, y compris le démantèlement de la protection de l’environnement, de la santé et des dispositifs de sécurité.
La cinquième caractéristique définissant le néolibéralisme est la vente d’entreprises de biens et de services publiques à des investisseurs privés. Cette forme de privatisation inclut généralement les instituions de développement financier, les industries de biens d’équipement, les chemins de fer, les autoroutes à péage, l’électricité, les écoles, les hôpitaux et même l’eau douce. La privatisation a cherché à réaliser les objectifs d’efficacité accrue et l’optimisation de ressources maximale. Les résultats mondiaux indiquent cependant une concentration accrue de richesse dans quelques mains et une augmentation des coûts pour les utilisateurs des services publics. Dans quelques cas, la privatisation comme politique explicite est menée à travers la corporatisation des entités publiques qui fournit la couverture pour un comportement de secteur privé derrière la façade de l’autorité du secteur public.

La sixième caractéristique principale du néo-libéralisme est une caractéristique sommative par laquelle le concept même de “biens publics" voire même la notion de communauté est remplacée par la responsabilité individuelle. Ceci a pour effet de déplacer le blâme vers les victimes tout en augmentant l’aliénation du pauvre. L’élite des bénéficiaires du néo-libéralisme se rassemble de plus en plus autour des valeurs cosmopolites partagées et elle est séparée et opposée aux vraies luttes des marginalisés dans des territoires divers sous-développés.
La conséquence ultime de l’économie politique du capitalisme mondial, son idéologie néo-libérale et la combinaison de multiples crises déchainées est une augmentation massive de l’inégalité à travers l’ensemble de la planète et au sein des unités politiques nationales. Cet effet brut est en corrélation avec les inégalités intra-nationales et internationales en croissance. Le mécontentement, l’agitation et l’insécurité augmentent en parallèle avec le déploiement d’un Terrorisme d’État alors que la violence organisée devient le seul mécanisme possible pour maintenir le statu quo et assurer la reproduction du capitalisme mondial.

Le monde contemporain est en grande partie formé par le capitalisme mondial, notamment sous les conditions d’impérialisme d’entreprise mis en application par l’Empire et connu comme le néo-libéralisme. La dégradation environnementale est exacerbée, l’exploitation intensifiée, tout comme l’oppression par le chômage massif dans les secteurs formels, le travail de contrats à courte durée, ’la précarisation’, le travail de plus en plus vide de sens et ennuyeux ponctué par des périodes de chômage et de chômage partiel, la baisse des salaires réels, la diminution rapide du salaire social, et l’aliénation globale provoquant problèmes de santé mentale intensifiés et crimes antisociaux.

Le capitalisme a créé les conditions de surproduction et de sous-consommation actuelle par sa logique implacable et finalement auto-destructrice de profit. Les améliorations des conditions de vie matérielles de l’humanité sont me résultat de l’extension de la mise à disposition d’infrastructures diverses incluant l’approvisionnement en eau, logement, électricité, connexions de transport et une vaste gamme de produits essentiels et activités culturelles. Ceci n’est cependant pas universalisé et est de plus en plus devenu dépendant de liens internationaux dans les chaînes de production mondiales pour leur mise à disposition et leur entretien. Les coûts en ce qui concerne ces infrastructures sont de nouveau disproportionnellement portés par la classe ouvrière et ceux à la limite de la classe moyenne.

Bien que des réformes majeures de cette mesure, comme les réductions énormes dans l’industrie de l’armement, le financement du transport public gratuit et la réduction du transport privé, la baisse de la dépendance aux combustibles fossiles, et la fin de la promotion, par les médias et l’industrie publicitaire, d’une philosophie consumériste et de sa production prodigieusement gaspilleuse de marchandises superflues, soient souvent vendues comme la route vers le Salut, elles restent inaccessibles sous les relations de production capitalistes.

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