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Deux idées reçues sur les énergies

Retrouvez les idées reçues dans l’Agenda solidaire 2014 !

, par RITIMO

« A l’aube d’un changement d’ère énergétique (…), il appartient à l’homo sapiens que nous sommes d’œuvrer pour repenser notre mode de vie, notre rapport à la terre, notre capacité à vivre ensemble. » Yves Hubert, architecte-paysagiste et urbaniste, Passerelle n°9, 2013.

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Photo : Plateforme de Forage de Gaz de Schiste en Pennsylvanie, États-Unis. © Ruhrfisch, cc-by-nc-nd

« L’exploitation du gaz de schiste est une bonne réponse au coût de l’énergie qui ne cesse d’augmenter »

Le gaz de schiste est un gaz naturel contenu dans des roches marneuses ou argileuses riches en matières organiques. Depuis le début du XXIe siècle, plusieurs pays s’intéressent à ce gaz naturel, affirmant qu’il représente une alternative aux énergies fossiles épuisables (pétrole, charbon). Plusieurs gouvernements d’Amérique du Nord, d’Europe, d’Asie et d’Australie ont commencé à exploiter ce gaz. Pourtant, un mouvement citoyen mondial de grande ampleur s’oppose farouchement à cette exploitation et réclame un moratoire international. Pourquoi ? Parce que la production de gaz de schiste est en réalité très néfaste pour l’Homme et l’environnement. Pour extraire du gaz de schiste, il faut forer très profond, à plus de 3000 mètres. Le procédé utilisé s’appelle la fracturation hydraulique qui consiste à injecter des millions de litres d’eau et de sable mélangés à des produits chimiques très toxiques pour faire éclater la roche et libérer le gaz pour qu’il remonte à la surface. Cette technique a des conséquences désastreuses : destruction du paysage avec l’installation de multiples puits sur la zone d’exploitation et l’explosion du sous-sol, dilapidation des ressources en eaux, pollution des sols et de la nappe phréatique avec des produits chimiques qui sont cancérigènes, radioactifs, ou qui peuvent entraîner la stérilité, etc.
Les intérêts énergétiques et économiques seront-ils prioritaires par rapports aux enjeux environnementaux, humains, sanitaires ? Les multinationales continuent leur lobby pour rendre possible l’exploitation de gaz de schiste mais de nombreux gouvernements, comme en France ou au Québec, ont prononcé un moratoire ou même interdit l’exploitation de gaz de schiste. La loi française du 13 juillet 2011 interdit la fracturation hydraulique mais laisse la possibilité « d’expérimentations réalisées à des fins de recherches scientifiques ». Une clause imprudente, qui pourrait être utilisée pour contourner l’interdiction…
Malgré l’épuisement prochain des énergies fossiles, le gaz de schiste n’est donc pas une piste viable pour aller vers l’indépendance énergétique. La résistance citoyenne ne doit pas faiblir, en veillant à ce que l’arbre des gaz de schiste ne cache pas la forêt de tous les autres hydrocarbures à exploitation dangereuse, énergivore et polluante, comme les sables bitumineux.

« Il n’est pas possible de réduire notre consommation d’énergie sans sacrifier notre bien-être »

L’énergie est indispensable pour satisfaire nos besoins essentiels : se nourrir, se loger, se chauffer, se déplacer… Dans la plupart des pays en développement, l’accès aux services énergétiques les plus élémentaires n’est pas assuré, alors que les modes de production et de consommation dans les pays du Nord sont beaucoup trop énergivores et ont des coûts économiques, sociaux et écologiques.
Il est faux de penser que réduire notre consommation d’énergie va forcément affecter notre façon de vivre ou qu’il est tout bonnement impossible de réduire cette consommation. Le concept « d’efficacité énergétique » répond à la nécessité d’une meilleure utilisation de l’énergie. En limitant les gaspillages dans les équipements et les infrastructures et en utilisant de façon plus rationnelle les produits énergétiques (électricité, carburants), nous pourrions réduire notre consommation de 20 à 40 % pour les vingt à trente prochaines années et préserver les ressources naturelles. Et cela ne suppose pas de vivre comme un ascète ! Pour que cette nécessaire transition énergétique ait lieu, tous les acteurs doivent s’impliquer : les gouvernements, les collectivités territoriales, les entreprises, les industriels, les citoyens...
Voici des exemples d’utilisation rationnelle de l’énergie dans deux secteurs :
- Habitat : en améliorant la qualité thermique des bâtiments, en utilisant des matériaux sains et écologiques, en optimisant l’isolation, en contrôlant l’éclairage… cela évite les déperditions d’énergie et réduit les émissions de gaz à effet de serre.
- Transport : utiliser les transports en commun plutôt que les transports individuels, faire du covoiturage ou du vélo, utiliser des véhicules qui consomment peu d’énergie et rejettent moins de dioxyde de carbone, limiter la puissance et la vitesse des voitures et poids lourds…
Les meilleurs investissements en termes de sécurité énergétique sont ceux qui réduisent la demande et la dépendance.

Que peut-on faire ?

- S’informer en lisant la Revue Durable, la revue Passerelle, les analyses et propositions de Global Chance
www.larevuedurable.com
www.global-chance.org
www.coredem.info/article88.html

- Adhérer à Enercoop (distributeur d’énergies renouvelables) au lieu d’EDF
www.enercoop.fr

- Découvrir le scénario négaWatt, avec des mesures concrètes de sobriété énergétique
www.negawatt.org

- Adhérer à un collectif anti gaz de schiste près de chez soi
www.nongazdeschiste.fr
www.convergenceenergetique.org

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