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Deux idées reçues sur le sport et la solidarité

, par Agenda de la Solidarité Internationale

« Le football, aussi bien que le rugby et le cricket et les autres sports collectifs, a le pouvoir de guérir les blessures. »
Nelson Mandela

Idée reçue n°1 : Par son esprit de compétition et/ou d’élimination, le sport est incompatible avec les valeurs de la solidarité

Abîmé par la compétition à outrance, l’appât du gain, le dopage ou la tricherie, le sport – surtout le sport de haut niveau – présente parfois des réalités peu reluisantes.
Initialement pourtant, le sport incarne des valeurs humaines fortes qui contribuent au maintien du lien social : l’effort, l’engagement, l’épanouissement personnel, la solidarité. La pratique d’un sport collectif est essentielle dans le parcours des jeunes vers l’autonomie et la citoyenneté. Ils y apprennent des règles de vie collective, le respect des autres, la tolérance, la responsabilisation...

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Tournoi de football, Gulu, Ouganda, août 2010. Photo Stttijn cc by-nc-nd 2.0

De nombreux acteurs investissent aujourd’hui le sport pour mener à bien des projets de coopération internationale, pour promouvoir le dialogue interculturel et la paix. Dans les pays du Sud, les activités sportives contribuent à améliorer la santé et à l’intégration sociale. Ils soutiennent développement des enfants et des jeunes dans les régions du monde les plus défavorisées et améliorent ainsi les conditions de vie des familles.

Par les valeurs de tolérance, de respect, de citoyenneté qu’il porte de façon ludique, le sport est également utilisé comme vecteur de paix dans les zones de conflits et de pauvreté. Enfin, de par le monde, les valeurs sportives sont un moyen de lutter contre les discriminations économiques, sociales, raciales. La pratique du sport est un fer de lance pour promouvoir la participation des femmes et ainsi l’égalité des genres.

Idée reçue n°2 : Les grands événements sportifs permettent de générer des revenus pour le développement des pays d’accueil

Le premier constat qui bat en brèche cette idée reçue est que la plupart des bénéfices occasionnés ne durent pas : l’effet sur l’emploi lié au développement des infrastructures n’est que de courte durée, et porte sur des emplois faiblement qualifiés. D’autre part, ce genre d’événements provoque une hausse généralisée des prix, qui affecte en premier lieu les populations locales les plus défavorisées. Alors non, l’organisation des grands événements sportifs ne provoque pas une envolée économique des pays qui les accueillent.

En 2010, la Coupe du monde de football en Afrique du Sud a permis d’enregistrer un point de croissance supplémentaire pour le pays. L’exposition médiatique dont a bénéficié le pays a permis de relancer le tourisme mais les emplois créés se sont arrêtés dès la fin du Mondial. Ces événements sportifs de grande ampleur font parfois plus de dégâts qu’ils ne créent de bénéfices et la remontée du chômage qui s’ensuit alimente les cycles de mécontentement voire de violence.
En 2014, la Coupe du monde au Brésil a mobilisé nombre de citoyens brésiliens qui ont refusé d’y participer. Avec les slogans « Nous n’avons pas besoin de stades, nous avons besoin d’éducation, de nourriture, de travail et de santé », ces citoyen-ne-s ont dénoncé la supercherie du gouvernement, faisant croire que l’organisation d’un tel événement provoquera le changement dont le pays a besoin et améliorera leur niveau de vie. En réalité, la majeure partie de l’argent dépensée est allée directement dans les poches de la Fédération internationale de football association (FIFA) tandis que l’argent du tourisme et des investisseurs dans celles des Brésiliens déjà aisés. Cette polémique a grandi au vu du comportement du gouvernement et de la police : de nombreuses personnes ont été expulsées et leurs maisons détruites, les habitants des favelas refoulés à la périphérie des villes pour « nettoyer » les centres villes...
Reste que ces grands événements sportifs permettent d’encourager la pratique sportive de masse, bénéfique à la santé.

Rappelons d’ailleurs que les Nations Unies avaient fait du sport leur cheval de bataille pour le progrès et le développement, dans le cadre de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Que peut-on faire ?

  • Se renseigner sur les associations qui investissent dans le sport pour la paix, le développement, la lutte contre les discriminations dans un objectif de solidarité internationale :
  • Lire les rapports et agir avec Amnesty International sur les conditions d’exploitation des ouvriers migrants au Qatar pour préparer la Coupe du Monde de football en 2022 www.amnesty.fr
  • Boycotter le prochain Mondial 2018 – qui devrait se dérouler en Russie en juin/juillet 2018 - pour protester contre l’attitude du président russe Vladimir Poutine dans la crise ukrainienne.

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