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Dossier Nicaragua : un « sandinisme » de compromis

Chronologie sur le Nicaragua

1820 – 2013

, par CDATM

Le pays est habité avant le XVIème siècle par différents groupes amérindiens rapidement décimés par la colonisation, puis il passe sous la domination de l’Espagne.

1820 – 1937 : Le premier siècle d’indépendance

1821 : le Nicaragua devient un Etat indépendant. La situation stratégique du pays est un prétexte pour l’intervention des Britanniques et des Etats-Unis.
Conservateurs et libéraux (ces derniers sont hostiles à l’ingérence étasunienne) alternent au pouvoir. Modernisation du pays, développement de la culture du café, séparation de l’Eglise et de l’Etat.

1927 - 1937 : Le général Augusto Cesar Sandino organise la lutte contre l’occupation étasunienne. Les Etats-Unis créent la Garde Nationale, dont ils donnent le commandement à Anastasio Somoza Garcia qui fait assassiner son adversaire politique Sandino (1934).

1937  : Coup d’État de la Garde Nationale appuyée par les Etats-Unis ; Anastasio Somoza est nommé président.

1937 - 1979 : Dictature du clan Somoza avec le soutien des Etats-Unis

La stabilité politique est maintenue grâce à une répression impitoyable de toute opposition. La famille Somoza édifie un véritable empire économique dans le pays (un tiers des terres cultivables et les principales industries). La Garde nationale, dont les cadres sont formés aux Etats-Unis, joue le rôle d’armée et de police.

1956  : Assassinat de Anastasio Somoza ; ses deux fils lui succèdent.

1961 : Formation du Front Sandiniste de Libération Nationale (FSLN) qui vise à renverser la dictature somoziste.

1978 : Le Front sandiniste déclenche une insurrection générale qui fédère l’ensemble de l’opposition, y compris les classes moyennes et l’épiscopat.

1979 - 1990 : le gouvernement sandiniste

1979 : Somoza, lâché par les Etats-Unis, (sous la présidence Carter), s’enfuit à Miami. Le FSLN forme un gouvernement de reconstruction nationale.

Dès 1981 : Les Etats-Unis (sous la présidence Reagan) dénoncent la "dictature communiste" des sandinistes, mettent en place des mesures de rétorsion, organisent le blocus maritime du pays et soutiennent les forces d’opposition.

1982 : Les contre-révolutionnaires, « contras », basés au Honduras reçoivent une première aide financière des Etats-Unis et commencent à faire des incursions au Nicaragua.
L’instauration d’une économie de guerre et la baisse des cours mondiaux du coton et du café accroissent les difficultés économiques. Se pose alors le problème difficile des Indiens Miskitos qui vivent de part et d’autre du Rio Coco, fleuve frontière avec le Honduras.

1983  : La situation économique s’aggrave (l’inflation atteint un taux de 40% en un an).

1984 : A l’approche des premières élections libres, les forces armées étasuniennes minent le port nicaraguayen de Corinto et envahissent les eaux territoriales.
Le sandiniste Daniel Ortega est élu président de la République avec 67% des voix.

1985 : La situation économique continue à se dégrader, le pays s’endette et s’enlise dans une économie de guerre.
Les Etats-Unis imposent au Nicaragua un embargo commercial total.

1987 : « L’affaire de l’Irangate [1] » : Des membres de l’administration Reagan ont vendu illégalement des armes à l’Iran pour financer les "contras". La Cour internationale de justice de La Haye condamnera les Etats-Unis à payer 17 milliards de dollars d’indemnisation au Nicaragua pour avoir soutenu les mouvements « terroristes » agissant en territoire nicaraguayen depuis le Honduras. Les Etats-Unis n’ont toujours pas payé.
Une nouvelle Constitution proclame le pluralisme politique, l’économie mixte et le non-alignement ; elle prévoit l’autonomie pour les régions de l’Est où les Indiens Miskitos s’étaient rebellés.
Un arrêt de la Cour Internationale de Justice de La Haye et une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU condamnent l’embargo commercial imposé par les Etats-Unis.

1988 : A partir de mars, des négociations s’engagent pour la réinsertion des "contras" dans la vie sociale du pays.

1989 : Accord de Tela qui met un terme à une guerre « interne » de onze ans qui a fait 30 000 morts, 500 000 déplacés et des milliards de dollars de dégâts.

Février 1990 : Election présidentielle qui voit la victoire de Violeta Chamorro soutenue par une coalition de l’opposition (UNO). Signature d’un protocole de transition : respect de la Constitution et poursuite du désarmement des "contras". Humberto Ortega, sandiniste et frère de Daniel Ortega, reste à la tête de l’armée.

1990 - 2006 : la période néo-libérale

1990-1994 : Le gouvernement de Violeta Chamorro met en œuvre une politique économique libérale supervisée par le FMI et la Banque mondiale. Fin de l’embargo des Etats-Unis, mais remise en cause des progrès sociaux de la période précédente.

1996 : Election présidentielle : Arnoldo Alemán, candidat du Parti libéral constitutionnaliste (PLC, droite néolibérale), ancien somoziste, est élu.

1997 : Restitution à leurs anciens propriétaires des terres confisquées pendant la période sandiniste.

1999 : L’affrontement entre le gouvernement et les sandinistes aboutit à une situation « d’ingouvernabilité » ; un « pacte » entre le sandiniste Ortega et le président Alemán permet un « partage du pouvoir ». La loi électorale est modifiée.

2001 : Election présidentielle : Enrique Bolaños (PLC) bat Daniel Ortega. Arnoldo Alemán laisse une situation économique catastrophique.

2002 : Début de la croisade anti-corruption par une action contre l’ancien président Alemán, devenu député et président de l’Assemblée nationale. Il est mis en résidence surveillée.

2004 : La Banque mondiale efface 80 % de la dette du Nicaragua.

2006 : En octobre, le Parlement (députés sandinistes et conservateurs) vote la loi annulant l’article du code pénal qui autorisait l’avortement thérapeutique en cas de danger pour la vie de la mère ou en cas de viol. Les contrevenantes, et ceux qui les aident (médecins, personnels infirmiers, etc.), seront condamnés à huit années de prison.
Election présidentielle (5 novembre) : avec 37,99% des suffrages, Daniel Ortega est élu à la présidence du Nicaragua, malgré le soutien affiché de Washington aux candidats conservateurs.

2007 – 2013 : Nouveaux gouvernements sandinistes

Janvier 2007 : Daniel Ortega prend ses fonctions en janvier 2007, pour un mandat de cinq ans.
Entrée du Nicaragua dans l’ALBA (Alternative bolivarienne pour les Amériques), alternative à la ZLEA (Zone de libre-échange des Amériques, ou ALCA en espagnol) promue par les Etats-Unis ; il y rejoint Cuba, la Bolivie et le Venezuela.

Le programme de Daniel Ortega pour "sortir le pays de la pauvreté" est mis en œuvre et reçoit l’aide financière du Venezuela et de Cuba dans le domaine de la santé.

Octobre 2009 : la Salle constitutionnelle de la Cour suprême de justice (CSJ) déclare inapplicable l’article 147 de la Constitution qui interdit deux mandats successifs à la présidence. Ceci permet à Daniel Ortega d’être à nouveau candidat.

Novembre 2011 : Réélection à la présidence de Daniel Ortega au premier tour de scrutin avec plus de 62 % des voix.

Notes

[1L’Irangate (« Affaire Iran-Contras ») éclate en novembre 1986 : un article révèle des ventes illégales d’armes des Etats-Unis à l’Iran, entre 1982 et 1985, malgré l’opposition du Congrès. Les profits ont été utilisés pour financer secrètement les « contras ». Ce scandale éclabousse la Maison-Blanche qui se trouve affaiblie mais néanmoins, ne modifie pas sa stratégie d’isolement du Nicaragua par le blocus.

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