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Dossier Éthiopie, entre pauvreté et développement

Chronologie sur l’Ethiopie

, par CRISLA

Le mythe fondateur

La reine de Saba (10ème siècle avant J.C.) aurait rendu visite au roi Salomon en Israël avec qui elle aurait eu un fils Ménélik premier. Ménélik aurait rapporté l’arche d’alliance contenant les tables de la loi en Ethiopie avec 12 000 esclaves juifs, d’où la présence de juifs dans ce pays, qui se prétendent la nouvelle Sion et le nouveau « peuple élu ». Les dynasties qui se sont succédées se considèrent « salomoniques » jusqu’au dernier Négus (roi des rois) Hailé Sélassié.

Préhistoire : Le rift éthiopien serait le premier foyer de l’humanité. « Lucy » trouvée dans la vallée de l’Awash aurait 3 millions d’années.

6ème siècle avant J.C. : Les sabéens introduisent leur langue, leur écriture.
1er au 10ème siècle ap. J.C. : Royaume d’Axoum
330  : Le roi Ezana se convertit au christianisme sous l’influence de l’Eglise copte d’Egypte. Une nouvelle langue, le guèze, remplace peu à peu le sabéen et le grec (famille des langues araméennes, écriture issue des langues sabéennes, toujours utilisée actuellement). Le Guèze reste aujourd’hui la langue liturgique.
451  : le concile de Chalcédoine condamne la doctrine monophysite des coptes (négation de la double nature du Christ). Séparation des coptes d’avec Rome
6ème siècle : des missionnaires du Proche-Orient, « les neuf saints syriens » poursuivent l’évangélisation de l’Ethiopie. Premières communautés monastiques.
7ème siècle : Des musulmans, dont une épouse du prophète Mahomet, se réfugient auprès du roi d’Axoum. Peu à peu, les musulmans installent leurs propres réseaux commerciaux et des sultanats à l’est du plateau abyssin.
11ème et 12ème siècle : Dynastie des Zagouè. Le saint roi Lalibela est maître d’œuvre des églises monolithiques creusées dans la roche, symbolisant une « Nouvelle Jérusalem ».
L’Occident découvre l’existence d’un royaume chrétien situé au-delà des terres de l’Islam.

Période du lac Tana (14ème au 17ème siècle)

1314-1344 : Le roi Amda Syon lutte victorieusement contre les émirs musulmans. Premier texte profane en langue Amharique.
1520  : Arrivée en Abyssinie d’une ambassade portugaise.
1527-1543 : L’imam Ahmed ben Ibrahim « le Gragn » lance une guerre sainte contre les chrétiens qui va durer 16 ans. Axoum tombe.
1535  : L’empereur Lebna Denguel lance un appel de détresse au roi du Portugal qui lui envoie Christophe de Gama et 400 arquebusiers qui seront anéantis. Mais les troupes abyssines reprennent l’avantage, « le Gragn » est tué et les armées musulmanes se replient sur Harar « deuxième ville sainte musulmane ».
Les missionnaires portugais veulent rallier l’Eglise éthiopienne à l’église romaine. Le roi Za Denguel, qui a repoussé les turcs, se convertit au catholicisme et est assassiné peu après. Pour la même raison, le roi Susenyos est contraint d’abdiquer.

Période de Gondar (1632 - 1855)

1632-1667 : Le roi Facilades chasse les jésuites du territoire éthiopien et fonde une nouvelle capitale, Gondar, et rétablit l’ordre à l’intérieur de l’empire abyssin.
Des luttes dynastiques fratricides entraînent le déclin de cet empire.

L’Ethiopie des empereurs réformateurs : milieu du 19ème siècle à 1974

1855-1868 : Thodoros II. Il demande en vain de l’aide à la reine Victoria pour soumettre les musulmans de Harar, puis prend en otage des britanniques. En 1868 le gouvernement anglais envoie 32 000 soldats indiens envahir le territoire éthiopien…
1869  : Les italiens s’installent au port d’Assab sur la mer rouge puis colonisent l’Erythrée.
1872-1888 : Yohannes IV, roi du Tigré, se fait proclamer empereur et obtient allégeance de ses voisins. Il est tué en combattant les musulmans soudanais.
1889 : Ménélik II se proclame Négus Nagast « Roi des rois ».
Il signe avec les italiens un traité délimitant la frontière avec l’Erythrée, mais les italiens veulent élargir leur colonisation.
1896  : Bataille d’Adoua, défaite cuisante des Italiens. Cependant, l’Ethiopie perd ses accès à la mer : Erythrée italienne, Somalie britannique, Djibouti française au nord ; Somalie italienne à l’est.
Avec l’aide de la France, construction du chemin de fer Djibouti-Addis-Abeba (terminé en 1917).
1896-1906 : Ménélik II annexe les régions arides qui entourent le plateau abyssin à l’est, au sud et à l’ouest et l’empire atteint les frontières qu’il a gardées aujourd’hui. Il crée la nouvelle capitale Addis-Abeba en prenant modèle sur les capitales occidentales (banque, électricité, poste, téléphone, etc.)
1909  : L’empereur malade nomme un régent pour son petit fils Iyassou. En 1911, Iyassou se proclame empereur à l’âge de 16 ans. Trop proche des musulmans, il est excommunié et écarté en 1916.
1916 Un petit-cousin, Ras Tafari Makonnen est désigné comme successeur, avec l’impératrice Zaoutitou, fille de Ménélik, comme régente.
1924  : L’Ethiopie est le premier pays africain à entrer à la Société des Nations
1926  : A la mort de la régente, Ras Tafari est proclamé Négus et prend le nom de Hailé Sélassié « pouvoir de la trinité ».
1931  : Hailé Sélassié abolit l’esclavage.
1935  : Mussolini déclare la guerre à l’Ethiopie. La Société Des Nations condamne cette agression ce qui pousse Mussolini à s’allier avec Hitler.
1936-1941 : Occupation italienne en Ethiopie. Hailé Sélassié se réfugie en Angleterre.
1940-1941 : Hailé Sélassié reçoit le soutien de l’Angleterre ; depuis le Soudan, des forces éthiopiennes et britanniques libèrent le pays et Hailé Sélassié rentre en vainqueur à Addis-Abeba.
1950  : Une résolution de l’ONU donne le statut de territoire autonome à l’Erythrée et la rattache à l’Ethiopie par un lien fédéral.
1960  : Tentative de coup d’Etat par des généraux progressistes. L’empereur répond en annexant carrément l’Erythrée. Création du Front de Libération de l’Erythrée (FLE) qui deviendra le FPLE marxiste.
1963 : Hailé Sélassié préside la première Conférence de l’Unité Africaine (OUA) dont le siège est toujours à Addis-Abeba.
Révoltes dans la province Somalie et en pays Oromo. Répression sanglante.
1970  : Etat d’urgence en Erythrée. Le gouverneur civil est remplacé par un général.
1973-1974 : Sécheresse et famine occultée par le gouvernement. Augmentation de 50% du prix du pétrole. Agitation étudiante, grève des taxis puis grève générale, révoltes de paysans et mutineries de soldats.

La révolution

12 septembre 1974 : révolution avec la déposition de l’empereur (assassiné en détention en août 1975 à 86ans), suspension de la constitution et dissolution du parlement. Un Comité de coordination des forces armées (Derg = comité, en amharique) assume le pouvoir, ce que contestent les étudiants. Les étudiants sont envoyés alphabétiser les campagnes et l’université est fermée.
Le Derg annonce l’instauration du socialisme en Ethiopie et la nationalisation des terres, des industries, entreprises et propriétés urbaines. Création de comités de quartier (québélé). Nombreuses exécutions de dignitaires.
1975-1976 : Mise en œuvre de ce programme et nombreuses purges. Le parti révolutionnaire (EPRP) passe dans la clandestinité et la guérilla urbaine. « Terreur blanche ».
1977-1978 : Le colonel Mengistu, le « Négus rouge », devient chef de l’Etat et lance la « terreur rouge » contre les « contre-révolutionnaires ». Il va mener, avec l’aide de l’URSS et de Cuba, une lutte sans merci contre les sécessionnistes érythréens, tigréens et somalis de l’Ogaden.
1984 : Famine et appel à l’aide internationale, en même temps que les festivités des 10 ans de la révolution… Israël organise l’immigration de 6 500 Falachas éthiopiens menacés de famine.
1985 : Plan d’installation d’un million et demi de personnes dans le sud. Transfert autoritaire de populations vers le sud. Exode de populations vers le Soudan. Polémique dans les médias occidentaux sur les transferts de population. Expulsion de MSF.
1987 : Malgré de nombreuses défections d’officiels éthiopiens, une nouvelles constitution est adoptée. Le colonel Mengistu est élu président de la république par les députés.
Mais le FPLT (Front populaire de libération du Tigré) et son allié le FPLE (Front populaire de libération de l’Erythrée) poursuivent leur lutte de résistance.
1991 : Abandonné par la Russie, le pouvoir s’écroule face au FDRPE (Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien) qui regroupe les différents fronts régionaux. Mengistu s’exile au Zimbabwe. Gouvernement provisoire présidé par Meles Zenawi, chef incontesté du mouvement.

Démocratie de principe

1993 : Référendum en Erythrée pour l’indépendance de ce pays qui devient le 52ème Etat Africain.
1994 : Election de l’Assemblée constituante et nouvelle constitution : la République Démocratique Fédérale d’Ethiopie assure une large autonomie aux différentes régions. Meles Zenawi devient premier ministre et le restera jusqu’à sa mort (de maladie) en août 2012.
1997 : Procès à Addis-Abeba de Mengistu (absent) et de ses sbires, accusés de génocide et de crimes contre l’humanité (exécutions et disparitions de 100 00 à 200 000 personnes)…
1998-2000 : L’Erythrée attaque l’Ethiopie déclenchant une nouvelle guerre qui sera gagnée par l’Ethiopie. Malgré des observateurs de l’ONU, la question frontalière reste en suspend.
2005  : Nouvelles élections, multipartites, encore remportées par le FDRPE qui passe de 90% à 60% de sièges. Contestation des résultats, arrestation de chefs de l’opposition et boycott d’un certains nombre de députés de l’opposition.
2007-2009 : l’Ethiopie intervient militairement en Somalie, avec l’aide des Etats Unis, contre des groupes islamistes.
2010  : Nouvelles élections, avec un taux de participation de 90%. Le FDPRE et ses alliés sont encore largement vainqueurs.
août 2012  : Mort de Meles Zénawi après 21 ans de pouvoir. Conformément à la Constitution, Hailé Mariam Dessalegn est désigné comme premier ministre par la chambre des représentants des peuples.
mai 2015 : Le Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens (FDPRE) remporte la totalité des sièges aux élections générales. Alors que l’opposition, qui perd le seul siège qui lui restait au Parlement, dénonce des fraudes et pointe du doigt un pays au parti unique, la Commission électorale, elle, affirme que les élections se sont bien déroulées, soulignant qu’elles ont été « libres, équitables et crédibles ».

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