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Dossier L’Ouganda de Museveni

Chronologie et histoire récente sur l’Ouganda

, par Forum Réfugiés-Cosi

Les Ougandais appartiennent à deux grands ensembles ethniques et culturels : les Bantous (Bougandais ou Baganda, Banyankoles, Banyoro et Toro), qui représentent les trois quarts de la population et vivent dans la moitié sud du pays, et les populations nilotiques peuplant le Nord (Acholi, Karamojong et Langi).

Au XVème siècle : Fondation de Bunyoro, premier grand royaume.

Domination britannique

Fin XIXème : Conversion du Buganda au christianisme (catholicisme/protestantisme)

1888-1893 : Le royaume connaît trois guerres de religion reproduisant ainsi les rivalités religieuses chrétiennes (protestantisme/catholicisme).

L’Indépendance des dictatures d’Amin Dada à Tito Okello (1962-1985)

1962 : Indépendance de l’Ouganda. L’Ouganda devient un Etat fédéral regroupant le Bouganda (centre), le Bunyoro, l’Ankolé, le Toro et le Busoga. Le kabaka (roi) Mutesa II est président à vie. Cependant, Milton Obote, un nordiste opposant au roi, fondateur du Congrès du peuple ougandais ( Uganda People’s Congress, UPC), devient Premier ministre.

1966 : Obote, afin d’imposer la centralisation, envoie l’armée au Bouganda et dépose le kabaka, avec l’appui de son chef d’état-major, Idi Amin Dada. Promulgation d’une nouvelle constitution instituant un régime présidentiel à parti unique.

1971 : Janvier : Idi Amin Dada, musulman originaire du Nord-Ouest, prend le pouvoir par un coup d’État et installe un régime autoritaire.

1978 : Faillite du pays dépendant entièrement des prêts accordés par les États musulmans sympathisants. Le contentieux avec la Tanzanie sur des prétentions territoriales déclenche l’intervention militaire de ce pays. Amin Dada s’exile en Arabie Saoudite, le président tanzanien favorise le rétablissement d’un régime civil.

1979-1980 : Occupation de l’Ouganda par la Tanzanie.

1980 : Retour au pouvoir de Milton Obote par la force.

1981 : Après le retrait des troupes tanzaniennes, répression dans le Nord, d’une part, avec les commandos armés des fidèles d’Amin Dada et, d’autre part, dans le Sud, avec l’Armée nationale de résistance (National Resistance Army, NRA), dirigée par Yoweri Museveni. Contestation au sein de l’armée nationale après que Milton Obote ait confié les postes politiques et militaires aux membres de son ethnie.

1981-1986 : Le pays sombre dans un conflit civil, les divisions ethniques au sein de l’armée entrainent une instabilité chronique et de nombreux massacres.

L’Ouganda de Yoweri Museveni (de 1986 à nos jours)

1986 : Après quatre jours de combat à Kampala, la NRA porte son dirigeant, Yoweri Museveni, au pouvoir.

1986 : Apparition du Holy Spirit Movement (HSM) au nord de l’Ouganda créé par Alice Lakwena. Alice Lakwena (de l’ethnie Acholi) prêche un discours mêlant christianisme et religion autochtone dont le principal ennemi est la NRA de Museveni. Ce mouvement est le précurseur de la Lord’s Resistance Army (LRA).

1987 : Suite à ses défaites militaires, fuite d’Alice Lakwena au Kenya. Le HSM est récupéré par Joseph Kony qui fonde la Lord’s Resistance Army (LRA).

1992 : Après avoir levé l’interdiction qui pesait sur les partis politiques, Museveni s’est cependant montré réticent à accepter le multipartisme.

1994 : Élection d’une Assemblée constituante chargée de mettre en place une nouvelle constitution. Ce texte, adopté en septembre 1995, est essentiellement marqué par l’interdiction des partis politiques. L’Ouganda jouit d’une image positive auprès des bailleurs internationaux.

1996 : Mai : Les élections présidentielles consacrent l’élection de Yoweri Museveni. Avec le Rwanda, l’Ouganda soutient la chute du régime zaïrois au sein de l’AFDL. Ayant établi une situation économique positive, l’Ouganda bénéficie pleinement de l’aide financière internationale.
Le conflit avec la LRA (soutenue par le Soudan) perdure au nord, pression occidentale pour l’instauration d’un réel multipartisme.

1999 : Conflit avec le Rwanda autour de la question congolaise provoquant une fragilisation de la politique intérieure du gouvernement ainsi qu’une méfiance de la communauté internationale. Décembre : signature d’un accord de bon voisinage entre le Soudan et l’Ouganda.

2000 : Juillet : Refus du multipartisme lors des élections. Sur le plan extérieur, des combats violents opposent les armées ougandaise et rwandaise sur le territoire congolais depuis 1999.

2001 : Mars : Dans un contexte d’élections pour la première fois concurrentielles, Museveni est réélu à la présidence avec 69,3 % des voix. 26 juin : élections législatives dans un climat politico-militaire durci. Le pouvoir en place conserve la majorité au Parlement même si quelques ministres et députés sortants ont été défaits. Départ en trompe-l’œil des troupes ougandaises accusées de pillage des ressources en RDC, accroissement des tensions entre Kampala et Kigali, à l’inverse réchauffement des relations avec Khartoum.

2002 : Mars : Kampala et Khartoum ont signé un accord autorisant l’armée ougandaise à mener une opération militaire « limitée » au Soudan du Sud du Sud (opération Poing d’Acier) pour y détruire les bases arrière de la LRA. Mai : Pour contrer une opposition politique de plus en plus virulente, adoption d’une loi visant à restreindre l’activité des partis politiques.

2003 : Face à une fragilisation de l’unité du Mouvement de la résistance nationale (NRM organisation pivot du régime), le président Yoweri Museveni se prononce pour le multipartisme. Dégradation de la situation sécuritaire suite à l’échec de l’opération militaire ougandaise menée au Soudan du Sud du Sud contre la LRA, les rebelles étendent leurs attaques hors de l’Acholi vers le Lango (au sud) et le Teso (à l’est).
Décembre : Plusieurs hauts responsables sont démis de leurs fonctions et passent en cour martiale. Le président Museveni défère à la Cour pénale internationale (CPI) les crimes perpétrés par le LRA dans le nord de l’Ouganda.

2004 : Ouverture d’un dialogue national entre les différentes forces politiques. Février  : Massacre du camp de Barlonyo par la LRA.
Novembre : Accords de cessez-le-feu entre le gouvernement ougandais et la LRA.

2005
Janvier : Remaniement ministériel, retour des fidèles du régime.
Février : Reprise des violences de la LRA contre des civils.
29 juillet : Un référendum populaire aux chiffres fantaisistes autorise de nouveau le multipartisme.
Septembre : Première incursion de la LRA en République démocratique du Congo. Vincent Otti (adjoint de Kony) et quelques soixante combattants de la LRA franchissent la frontière et s’installent dans le parc national de la Garamba.
Octobre : Cinq mandats d’arrêt internationaux sont lancés par la CPI à l’encontre des principaux dirigeants de la LRA. La Cour pénale internationale délivre des mandats d’arrêt à l’encontre de cinq dirigeants de la LRA pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Décembre : De nombreux donateurs ont exprimé leur préoccupation devant les faibles avancées du régime dans la transition vers le pluralisme politique.
En 2005, les attaques de la LRA ont provoqué le déplacement de 1,67 million de personnes sur tout le territoire de l’est et du nord de l’Ouganda.

2006
Février  : Réélection de Museveni pour un troisième mandat lors d’un scrutin entaché d’importantes irrégularités. 6 avril : Rejet du recours en annulation de l’élection présidentielle déposé par Kiizia Besigye le principal adversaire de Museveni à l’élection présidentielle. Mai : Nouveaux pourparlers de paix avec la LRA à Juba, un cessez-le-feu est signé en août 2006 entre le gouvernement ougandais et la LRA. La LRA se doit de retirer ses troupes de RDC et du Soudan du Sud. Les négociations s’avèrent difficiles avec les dirigeants du mouvement rebelle étant donné les mandats d’arrêt lancés par la Cour pénale internationale. La LRA se réorganise en République démocratique du Congo.

2007
Janvier  : La LRA est définitivement implantée en RDC.
Mars  : Climat politique tendu, les forces de sécurité pénètrent dans la Haute Cour de justice pour procéder à des arrestations.
Avril  : Forte répression d’une manifestation pour la sauvegarde de la forêt de Mabira mais le gouvernement abandonne en octobre son projet de cession à une entreprise privée.
Juin  : A l’issue de longues négociations entre la LRA et le gouvernement ougandais, les parties conviennent de tenir des procès nationaux en Ouganda pour les affaires relevant de la compétence de la CPI.
Août  : Tensions avec la RDC autour de l’exploitation pétrolière du lac Albert à la frontière entre les deux pays.

2008
Février  : Les négociations avec la LRA avancent sur les questions de justice et réconciliation, un accord prévoit la création d’une division spéciale au sein de la Haute Cour de justice pour juger les plus grands responsables des violences. Mais Joseph Kony refuse de signer un accord de paix définitif tant que le mandat d’arrêt émis par la CPI contre lui n’est pas levé. Septembre : Opération ougando-congolaise Rudia appuyé par la MONUC visant à contenir la LRA à l’intérieur du parc de la Garamba. Début des attaques contre les populations civiles congolaises.
14 décembre : Lancement de l’opération conjointe Eclair et Tonnerre entre les armées ougandaise et congolaise pour combattre les bases de la LRA implantées en RDC. Cette opération accroît les attaques contre les populations civiles congolaises (« massacres de Noël » commis par la LRA : voir la bibliographie).

2009
Janvier  : Adoption par le gouvernement ougandais d’un plan d’action relatif aux enfants associés aux forces armées.
Mars  : Fin de l’opération militaire ougando-congolaise contre la LRA dans la Haut-Uele (province orintale de la RDC) comme convenu par les deux parties.
Juin  : Museveni s’oppose à une réforme sur la loi électorale qui l’empêcherait de briguer un nouveau mandat. Poursuite des attaques régulières de la LRA contre les populations civiles dans le Haut-Uélé.
Août  : Arrestation de dix membres de l’opposition ougandaise. Ils exigeaient le remplacement des dirigeants de la Commission électorale nationale qui devait superviser le scrutin présidentiel prévu en février 2011.
10 septembre : Fragilisation du pouvoir : émeutes violentes à Kampala orchestrées par les partisans du kabaka (roi) Ronald Muwenda Mutebi II, souverain traditionnel des Baganda, l’une des principales tribus ougandaises implantée dans le sud du pays et majoritaire dans la capitale. Ces émeutes entraineront environ 500 interpellations et 14 arrestations. Selon Human Rights Watch, 40 personnes sont alors tuées lors des affrontements avec les forces de police.

2010
11 juin : Un double attentat revendiqué par les Shebabs (groupe islamiste somalien) fait 74 morts à Kampala.

2011
18 février : Yoweri Musevini est élu à la présidence pour son 4ème mandat avec 68,38% des voix. Kizza Besigye, principal leader de l’opposition, dénonce de nouveau des fraudes massives, tout comme les responsables des autres partis politiques.
Avril : Un mouvement de protestation se répand, relayé par le groupe « Activist for Change » (A4C), qui appelle à la contestation contre la corruption du régime et le coût de la vie. Ces manifestations, fortement réprimées par les forces de l’ordre, parfois en faisant usage de balles réelles, font au moins 9 morts. Des journalistes couvrant l’événement ont été la cible de tirs et leurs appareils détruits.
Octobre  : 27 membres d’A4C sont arrêtés et inculpés pour incitation à la violence et trahison.

2012
21 mars : Des affrontements entre forces de police et militants provoquent la mort d’un policier. Le gouvernement accuse le groupe A4C d’en être responsable. Plusieurs membres sont arrêtés, dont les chefs de file.
4 avril : Activist For Change est classé par le gouvernement comme un groupe illégal « dangereux pour la paix et la stabilité de l’Ouganda ».

2013 : Une loi limite drastiquement les possibilités de manifester, donnant de larges pouvoirs discrétionnaires à la police pour en accorder l’autorisation ou bien au contraire suspendre tout rassemblement de plus de trois personnes. Une autre loi en discussion prévoit la peine de mort pour « certaines activités homosexuelles ».

Janvier 2014 : Un rapport du groupe d’experts des Nations Unies sur la République Démocratique accuse l’Ouganda et le Rwanda d’avoir apporté un soutien logistique et financier au groupe rebelle congolais du M23

Février 2014 : Promulgation de la loi prévoyant la peine de mort en cas de pratiques homosexuelles.

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