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Dossier Introduction

Chili : les enfants de la dictature

, par CIIP

Le Chili, un pays idéalisé, souvent méconnu

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Marche pour l’égalité
Santiago, Chili, 23 juin 2012
Simenon

Près de 40 ans après le coup d’Etat sanglant qui, avec la mort d’Allende sonna le glas de l’expérience socialiste née dans ce pays du bout du Monde, l’espoir n’est pas mort. La société n’a plus grand-chose à voir avec celle qui, idéaliste, rêvait de changer le Monde, pourtant les idées sont là, les luttes ne sont pas mortes mais renaissent de leurs cendres. C’est un Chili nouveau qui s’ouvre aujourd’hui sur le Monde, un Chili qui demande à être connu dans sa multiplicité et avec ses failles : après des années de dictature et d’immobilisme, la société chilienne est en ébullition.

Une société morcelée et injuste

La société chilienne est à double vitesse, modelée par 17 ans de dictature qui, non contente d’avoir marqué le pays dans sa chair, a entièrement restructuré la société à son image, grâce à l’application massive et combinée de la répression et des théories néolibérale des Chicago Boys. Une société qui pousse ses citoyens à la consommation, à l’endettement, qui favorise les plus riches au détriment de tous les autres. Une société fragmentée, divisée, où parler de politique n’est pas de bon ton, où le travail de mémoire reste un projet chimérique. Une société où même les gouvernements socialistes n’ont jamais véritablement cherché à changer des lois et un système économique issus de la volonté du dictateur Pinochet.

L’amnésie comme seule échappatoire

Malgré une certaine volonté d’unifier la société, affichée par les gouvernements socialistes de Ricardo Lagos et de Michelle Bachelet, le Chili n’a toujours pas renoué avec son passé. La division et les incompréhensions sont le prix à payer de cette amnésie volontaire, et c’est toute la société qui le fait, comptant.

Le retour de la Droite au Pouvoir

En 2010, après 20 ans de Concertation de Centre Gauche, l’élection du Président Piñera, icône de la droite rénovée, marque à la fois le retour de la droite au pouvoir (pour la première fois depuis la fin de la dictature), et une certaine distanciation de la Concertation qui, en 20 ans de pouvoir, n’a pas cherché à changer la société faite "sur mesure" par le Général Pinochet. Une droite piñeriste, qui se veut démocratique, moderne et détachée des fantômes de la Dictature, mais qui privilégie les cercles d’amis, le business et le leadership aux véritables besoins de la population chilienne.

Une onde de changement se fait sentir

Lassée de cet immobilisme et de l’inégalité permanente qui règne, mieux informée et plus indisciplinée, la société se modernise et connaît un réveil social, puisque des mouvements étudiants, écologiques et ouvriers, sans oublier les mouvements indigènes, secouent régulièrement le pays depuis le milieu des années 2000, en particulier depuis avril 2011 et ses marches étudiantes qui dénoncent la politique du profit de l’Etat chilien.

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