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Bosnie-Herzégovine : l’unité dans la révolte

Zoom d’actualité

, par CEDIDELP , GERGAUD Sophie

Face aux brutales politiques néolibérales et à la dégradation sociale, à la corruption et à la mal-gouvernance généralisées, les protestations se sont multipliées ces derniers mois dans le Sud-Est de l’Europe, notamment dans les États issus de l’ancienne Yougoslavie. Alors que la police fédérale de Bosnie-Herzégovine ressort tous les vieux clichés de la propagande pour tenter de discréditer le mouvement de protestation qui dure depuis un mois et que nos médias restent silencieux, cette sélection d’articles vous propose de revenir sur ces impressionnantes mobilisations citoyennes. Que signifient ces mouvements, quelles sont les responsabilités européennes et les perspectives pour les populations de la région ?

Début février, ce sont d’abord les ouvriers de Tuzla qui sont descendus dans la rue pour protester contre la destruction de leurs emplois, la négation de leurs droits sociaux, l’incurie et la corruption des gouvernants. Les articles Révolte sociale en Bosnie-Herzégovine : « Qui sème la misère récolte la colère » de Catherine Samary et The revolt rocking Bosnia de James Robertson reviennent sur cette première vague de protestations tout en remettant ces manifestations civiles, les plus importantes depuis les années 1990, dans le contexte des accords de "paix" et de la politique d’austérité imposée au pays.

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Marche 2013
Photo : Philippe Merlant

Philippe Merlant, dans son article Bosnie, la grande oubliée, montre également comment les accords de Dayton ont complètement bloqué l’avancée vers un pays unique. Mais il revient surtout sur les raisons pour lesquelles la Bosnie semble aujourd’hui tombée dans l’oubli, aussi bien de la part de la communauté internationale que des ONG, tout en soulignant la responsabilité de la Commission européenne.

L’article de Bernard Dreano, Bosnie, cœur de l’Europe, approfondit encore d’avantage l’analyse de la situation géo-politique actuelle du pays à la lumière des événements historiques. Il montre ensuite comment le mouvement, parti de Tuzla, a très vite gagné toute la Bosnie-Herzégovine, des milliers de personnes réclamant la démission des autorités politiques locales et nationales, remettant en cause les « élites » qui contrôlent les institutions mises en place après la fin de la guerre.
Des « plénums de citoyens » se sont organisés, élaborant des listes de revendications que les autorités cantonales finissent souvent par accepter. Trois articles permettent de mieux appréhender ces nouvelles expériences de démocratie directe aux taux de participation impressionnants et dont la réussite surprend les personnalités politiques en place, habituées à régner sur des citoyens divisés : Les plénums et leurs membres sont l’embryon d’un renouvellement en Bosnie-Herzégovine, par Aleksandar Hemon et Jasmin Mujanovic, "Je n’ai pas pris les armes pour cette Bosnie-là" d’Hélène Despic-Popovic pour Libération et Bosnia and Herzegovina : The Exceptional Meaning of the Tuzla Plenum, par Radnička Borba.

Le Courrier des Balkans propose un dossier, "Balkans : la grogne sociale monte", qui donne un aperçu des multiples visages des mobilisations et des revendications citoyennes.

Un Forum de la Paix aura lieu du 6 au 9 juin à Sarajevo, un siècle après le début de la Première Guerre mondiale et deux décennies après la fin de la guerre la plus sanglante en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Ce Forum invite les citoyens à venir discuter et échanger leurs idées et expériences avec des personnes venues des Balkans, d’Europe et du monde entier, et s’inscrit dans le mouvement mondial en faveur de la paix dont de nombreuses initiatives se déroulent actuellement dans les Balkans. Pour en savoir plus et s’inscrire : Peace Events

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