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Dossier Le Livre des jeunesses sud-américaines

Bilan du projet « Jeunesses sud-américaines »-Part2

Les cas de la Bolivie et du Brésil

, par IBASE

Voir la partie 1

La Bolivie : Une jeunesse difficile à appréhender

La recherche s’est principalement basée sur les demandes des jeunes et les politiques publiques. D’une part, il s’agissait de savoir quelles étaient les demandes des jeunes et comment celle-ci se construisaient et se traduisaient en droit ? Et d’autre part, que faisait l’État, grâce aux politiques publiques, pour répondre aux demandes des jeunes ? Toutefois, ces questions ne peuvent trouver réponse de manière satisfaisante sans tenir compte des caractéristiques et des points de vue de la jeunesse elle-même dans la société dans laquelle ils vivent. De ce fait, durant la recherche, il s’est avéré important de savoir qu’est-ce qu’être jeune ou comment est construite l’identité jeune ? Les résultats partiels ont été présentés à mesure que le projet avançait, depuis 2007, de sorte qu’ici nous présentons uniquement certains aspects généraux de ces résultats.

Vision de la notion « d’être jeune »

Pour de nombreuses personnes qui cherchent peut-être à trouver des éléments d’identité dans les critères d’âge (l’âge de la liberté, l’imagination, la force, l’absence de peur, etc., liée à une étape au cours du temps) ou dans les idées ni d’une certaine « essence » jeune (nous parlons d’une « culture jeune » ou « de ce qui est jeune »), une recherche empirique comme celle-ci - qui combine les informations qualitatives et quantitatives - a produit des résultats quelque peu décourageants, car plus on cherche la signification singulière de la jeunesse, plus il est difficile de trouver des attributs qui définissent le sujet jeune.

Lors de la recherche, les données qualitatives des entretiens ou des tables rondes semblaient conduire à cette impasse, mais ensuite et par chance, ces idées ont été affaiblies. Une fois la valeur donnée à la liberté, à la force, l’autonomie, aux besoins et aux demandes, etc., il a fallu rentrer dans l’histoire sociale de chacun des jeunes, de leur groupe et de leurs réseaux sociaux. Il était nécessaire de savoir qui ils étaient, de quel quartier ils venaient, à quelles classes sociales ils appartenaient (nous savons que cette notion est discutable), quel était leur niveau de scolarité, s’ils travaillaient ou non, et s’ils travaillaient, dans quel domaine exerçaient-ils, etc.

À partir de là, l’analyse suggère que les valeurs du sujet jeune ont des tonalités différentes, point qui a déjà pu être constaté à travers les résultats des tables rondes, ratifié durant l’entretien et renforcé durant les groupes de dialogue, à mesure que la jeunesse se rend compte qu’elle ne peut pas se projeter dans ses défis et qu’elle ne peut pas porter ses demandes et obtenir le respect de ses droits de manière isolée, en pensant simplement à sa force interne ( de plus, quelle serait cette force interne ?) en tant que groupe, mais qu’étant une partie constitutive de la société dans laquelle elle vit, travaille ou étudie pour « se surpasser », comme disent les jeunes des classes sociales les plus populaires etc., celle-ci doit entrer en contact, rencontrer et, parfois, faire des alliances, qui ne sont pas exemptes de risques comme la corruption, l’aliénation, la cooptation, etc.

Nous avons donc pu constater et il nous a été suggéré, que la connaissance de la jeunesse et de son identité est très importante, mais non pour penser et encore moins philosopher sur l’idéal de la jeunesse et agir en fonction de cela, mais pour mieux intégrer l’analyse, la réflexion et l’action des propres structures sociales des pays, à savoir, les problèmes éducatifs dont souffrent les jeunes - mais aussi les autres groupes sociaux -, les problèmes professionnels, de santé, culturels, de sécurité, de discrimination, etc.

Besoins et demandes, sources multiples de mobilisation. Nous pensons que les besoins et les demandes des jeunes ne doivent seulement être analysés et compris sur la base du principe de la catégorie « jeunesse ». Au contraire, et simultanément, ils doivent être analysés d’une part, dans les conditions sociales, économiques et culturelles des jeunes, et d’autre part, par rapport au caractère social et politique de l’État et des politiques publiques. En effet, comme la jeunesse est diverse et inégale et qu’elle ne peut se traduire avec simplisme dans ses valeurs et ses principes théologiques hégémoniques, l’État n’a pas non plus de principes universels qui garantit à toute la société le principe d’égalité (historiquement, le contraire a été démontré), même lorsqu’il existe, au sein des idéologies sociales de chaque gouvernance, une magie de l’universalisation du particulier.

En laissant de côté la composante État quelque temps, il convient de signaler ce qui suit concernant la jeunesse et ses demandes. Tout d’abord, selon la recherche, la seule composante dans laquelle la jeunesse apparaît comme une chose singulière par rapport aux adultes - en parlant des relations en général - c’est l’utilisation des nouvelles technologies, point sur lequel nous avons déjà suffisamment écrit (voir, par exemple, Cybercultures, le livre de Marcelo Urresti, publié en 2008). Ensuite, les sources des besoins et des demandes des jeunes sont conditionnées par les variables sociales, économiques et culturelles déjà mentionnées ; ce qui évidemment n’exclue pas que les jeunes des classes moyennes ou élevées, par conviction idéologique ou pour d’autres raisons, « pensent » également aux besoins et aux demandes des jeunes pauvres ; positions qui ne sont en rien nouvelles dans l’histoire politique de nos pays. Enfin, les types et les spécificités des demandes diffèrent selon le profil social des jeunes et des adultes. Par exemple, concernant la demande sur l’enseignement : celle-ci n’a pas la même teneur ni la même portée chez la jeune fille domestique, chez le jeune d’origine autochtone et le jeune qui termine ses études universitaires, etc. Dans chaque cas, il existe des attentes, mais aussi des limites différentes. D’autres exemples peuvent être mentionnés, comme la notion de la « qualité de l’enseignement », où certains valorisent plus l’accès et les conditions d’infrastructures alors que les autres invoquent le travail décent et la qualité des cursus ; il en est de même pour la notion du travail, de la sécurité, de la santé ou de la discrimination.

Trajets et chemins sociaux divers

Les chemins et les stratégies d’action sociale peuvent être multiples, mais nous ne savons pas s’ils sont infinis. Ils peuvent être associés aux conditions sociales et historiques auxquelles nous faisons référence et aux possibilités et capacités créatives des acteurs sociaux. Dans ce contexte, il existe certainement de nombreux chemins exploitables et utilisables, tel que mentionné dans l’étude de cas (situation type) de Máximo Quisbert (2007) concernant le combat pour la demande de création d’une école normale dans la ville de El Alto. Une idée qui a été confirmée par les résultats obtenus sur les groupes de dialogue, où celle-ci apparaît parmi d’autres. Et dans ce processus de travail avec les autres (social et générationnel différents), intervient une série de facteurs et de conditions sur lesquels les jeunes doivent être vigilants : par exemple, la qualité de participation (si l’on participe), les accords (que peuvent en tirer les jeunes comme type de bénéfice ?), la fermeté des convictions (conscience ou conscientisation en tant que groupe), la visibilité (être présent pour quelque chose), l’influence sur les politiques publiques (avoir un impact et une efficacité) etc. En résumé, il existe différents chemins que peuvent emprunter les jeunes pour que l’on puisse répondre à leurs demandes et que leurs droits soient respectés, mais la qualité de l’action est déterminée par rapport aux impacts sur eux-mêmes et sur les autres.

L’État et la jeunesse : les politiques publiques

La recherche ne présente pas officiellement les actions de l’État, mais la perception et la valorisation de la société civile, aussi diverse que complexe. Toutefois, il convient de rappeler certaines données des politiques d’État.

1) La nouvelle politique constitutionnelle de l’État de la Bolivie (NCPE), approuvée lors du Congrès national et par référendum de janvier 2009, compte environ sept articles (14, 15, 23, 58, 59, 61, 66) qui parlent de l’adolescence et de la jeunesse ;

2) la Convention internationale sur les droits de la jeunesse est ratifiée par l’État bolivien le 2 mai 2008, en vertu de la loi numéro 3845 ;

3) Il existe des politiques sociales relatives à l’enseignement, tel que le programme d’alphabétisation « Eu posso » (Je peux) et l’allocation « Juancito Pinto » ; à la santé, telle que l’Assurance Universelle Maternelle et Infantile (Sumi), en vigueur depuis 2003 ; au travail, tel que le programme « Meu primeiro emprego » (mon premier emploi) ;

4) Enfin, la réalisation d’une recherche sur l’adolescence et la jeunesse débutée en novembre 2008, soutenue par plusieurs institutions, parmi lesquelles le vice-ministère des Genres et des Affaires générationnelles (VGAG).

Selon nous, les personnes interrogées sont certainement influencées par ces politiques et, peut-être, par d’autres politiques plus locales menées par les communes. Cependant, les réponses à trois questions concernant l’action de l’État, (si l’État connaît leurs demandes sans agir ; s’il ne les connaît pas et donc n’agit pas, et enfin, s’il soutient et favorise les actions pour la jeunesse) sont assez variées selon les caractéristiques sociales des personnes interrogées. Face à cette réalité, nous concluons que :

1) les politiques publiques doivent être pensées à partir d’un rapprochement entre l’État et la jeunesse grâce à des processus sociaux qui considèrent la participation des jeunes dans leur intégralité comme une base permettant de consolider les organisations jeunes, de développer des alliances interinstitutionnelles, de développement, etc. ;

2) d’autre part, indépendamment des cadres juridiques nationaux et internationaux concernant la jeunesse, les politiques publiques doivent éviter les ébauches générales qui englobent la jeunesse dans son intégralité sans prendre en considération ses particularités. Ici, la participation des jeunes dans la construction d’idées et d’actions pouvant solutionner leurs propres problèmes doit être un principe fondamental pour mettre en place des politiques qui ont une incidence plus importante ;

3) les Politiques Publiques pour la jeunesse doivent être basées sur les demandes identifiées, telle que la qualité de l’enseignement, la garantie d’accès à un travail décent, le soutien des activités culturelles, l’amélioration de la sécurité des citoyens, la diminution de la discrimination, etc. Toutefois, cette mise en place des politiques publiques doit prendre en considération les particularités sociales, culturelles et économiques de la société civile, régionale et locale, ainsi que les capacités des structures politiques et institutionnelles des départements et des communes ;

4) enfin, en revenant sur notre analyse antérieure concernant le peu de singularité des jeunes dans leurs comportements par rapport à d’autres groupes sociaux, il convient de dire (et même logique,) que l’État doit faire de la thématique jeune l’axe stratégique de son développement car son destin est soumis à la qualité de ses ressources humaines et citoyennes.

Brésil : Jeunesse, identités et militantismes, Réflexions à partir du groupe de dialogue national

Considérant le groupe de dialogue national comme une importante étape du Projet Jeunesses sud-américaine, nous présentons, ci-après, les résultats des principaux débats menés à cette occasion où des jeunes Brésiliens membres de différents collectifs jeunes étaient réunis.

Les militants et les espaces de participation

Parmi les jeunes qui ont participé au groupe de dialogue national, nous avons pu constater que ces militants ne sont pas simplement membres de leurs propres groupes. L’action associée aux réseaux et aux forums est courante : 77 % des jeunes déclarent être membres d’autres organismes jeunes. Une proportion quasi aussi grande (73 %) affirme être membre « d’espaces (forums, réseaux, conseils, commissions) qui demandent l’élaboration de « Politiques Publiques pour la Jeunesse » ou qui y participent. Cependant, les espaces cités ne sont pas nécessairement des conseils ou des forums créés pour avoir une incidence sur les politiques publiques tournées vers les jeunes. De nombreux jeunes ont cité les collectifs ou les réseaux de leurs propres organisations (comme le Collectif National de la Jeunesse de la CUT) ; ou des forums et des réseaux dont ils sont membres et qui ont des « champs d’action » différents, tel que le Forum National des Entités engagées dans la lutte contre l’homophobie.

Au total, cinq jeunes sont membres « d’espaces institutionnels » ; trois de conseils pour la jeunesse (un municipal, un d’État et un national) ; et deux autres conseils thématiques : Conseil Municipal de l’Enseignement de Curitiba et Conseil Municipal de la Communauté Noire de Salvador. La majorité a participé à la Première Conférence Nationale de la Jeunesse, réalisée en mars 2008, ce qui révèle un haut niveau de présence dans cet espace récemment ouvert de débat sur les Politiques Publiques pour la Jeunesse.

Valeurs et préoccupations

Il est intéressant de noter que, lorsqu’ils sont invités à dire quelle est leur plus grande peur, la moitié des jeunes Brésiliens ayant participé au groupe de dialogue national répond sur un plan personnel, et plus particulièrement : la mort/la perte d’un membre de la famille et la violence ; et le futur/la perspective de vie ou ne pas avoir de revenus ou de travail. D’autre part, à peine un tiers fait référence aux appréhensions sur un plan sociopolitique ou environnemental : le capitalisme, les inégalités et les injustices sociales, la catastrophe atomique, la conjoncture politique.

La majorité d’entre eux (22 à 26 jeunes) signale l’inégalité entre les riches et les pauvres comme une des principales menaces pour la démocratie. La corruption est également vue comme une menace pour la démocratie par les jeunes militants (10 jeunes sur 26 signalent cette option). En comparant ces résultats avec ceux de la recherche quantitative, nous pouvons remarquer que les proportions sont changées : quant aux résultats relatifs à la population en général, la corruption vient en premier lieu et l’inégalité en second ; parmi les jeunes militants, l’inégalité est de loin la plus importante.

Nous notons également un nombre significatif de jeunes qui citent le système judiciaire et l’absence de perspective professionnelle pour les jeunes comme une menace pour la démocratie, ce qui a également été plus cité par les jeunes que par les adultes dans la recherche quantitative, en renforçant l’idée que ce sont deux thèmes qui touchent énormément cette génération.

Soulignons que le consumérisme stimulé par le modèle économique inquiète plus que le narcotrafic. L’inégalité, quant à elle, préoccupe et est très souvent citée lorsque l’on demande ce qui inquiète le plus dans le pays : 10 des 26 participants du GD (38,5 %) ont évoqué cette préoccupation et quatre autres jeunes ont cité des notions ayant un lien, telles que « le manque de distribution de la richesse », « l’exclusion », « le chômage ». L’inégalité se confirme être un thème de préoccupation centrale pour la jeunesse, et confirme des tendances déjà vérifiées dans la recherche quantitative et durant les tables rondes.

Perception sur la jeunesse, droits et demandes des jeunes

De manière générale, les mots associés à la jeunesse ont un sens positif et, dans la majorité des cas, ils sont liés aux idées d’innovation et de changement, de force et d’espoir. En analysant l’ensemble, il est possible de percevoir une sorte de posture de combat présent et de projection pour la construction d’un avenir meilleur/transformation sociale (changement, révolution et transformation se combinent avec le combat, la participation et la construction pour former ce sens).

La liberté et l’espoir sont les termes qui, seuls, se répètent le plus, trois fois chacun. La force et l’énergie sont également citées par trois participants. Ce sont également des idées et des termes qui sont énoncés dans la recherche quantitative et, surtout, lors des tables rondes, mais soulignons qu’ici, la notion de combat et de changement qui y est associée est encore plus présente.

Par rapport aux étapes antérieures de la recherche, les réponses données lors de l’exercice qui consistait à décrire « en trois mots, tout jeune a le droit de… », révèlent le renforcement de l’idée du droit à l’enseignement : 12 jeunes sur 26 définissent ce droit comme étant un droit des jeunes. De nombreux autres droits sont cités, mais aucun, à l’exception de l’enseignement, n’est mentionné par plus de cinq jeunes. Il y a toutefois une nouveauté par rapport aux étapes antérieures de la recherche : si nous ajoutons le terme liberté à liberté d’expression, nous obtenons huit citations, ce qui démontre que ce droit est relativement valorisé par les jeunes militants.

Il est intéressant de souligner que la majorité des termes concerne les droits « sociaux », tels que l’enseignement, le travail, la santé, la culture, les loisirs, la sécurité, le sport, le revenu ou, de manière plus générale, la qualité de vie, les politiques publiques, la citoyenneté, totalisant 36 termes sur 75. Dans une moindre mesure, figurent ceux que nous pourrions inclure dans la classification des droits « politiques » (participation, liberté, liberté d’expression), qui comptabilisent 13 citations.

De nombreux autres se réfèrent à des droits plus abstraits ou plus subjectifs (comme l’autonomie, la dignité, le respect, la réalisation, la valorisation), totalisant 20 citations.

Du point de vue des résultats généraux du Projet Jeunesses sud-américaines, il est clairement établi que la jeunesse représente une catégorie d’une grande importance dans le domaine des mobilisations sociales, du combat contre l’inégalité, et que les acteurs jeunes en scène ont beaucoup à dire et à contribuer pour enrichir le registre des droits et faire face aux dilemmes mis en évidence par différentes stratégies appliquées par ceux qui se battent contre la radicalisation de la démocratie et de la justice sociale.

Il a été proposé aux participants de se constituer en petits groupes pour débattre sur les sept demandes provenant des étapes antérieures de la recherche (enseignement, travail, culture, transport, sécurité, environnement et santé), plus une, de libre choix (la huitième demande choisie a été la communication), et de répondre, pour chacune d’entre elles, aux questions suivantes : cette demande concerne-t-elle un droit ? S’agit-il d’un droit des jeunes ? Dans quelle mesure ce droit est-il garanti ?

Les résultats de cet exercice fournissent des éléments intéressants, et permettent principalement de comprendre de quelle façon les jeunes militants voient la singularité des demandes et des droits des jeunes. Toutes les demandes ont été définies comme des droits et, de manière générale, nous pouvons dire que le sens du terme renvoie à un besoin qui doit être pris en considération par les politiques publiques.

Toutes les demandes ont également été définies comme des droits universels et pertinents pour les jeunes. La phrase suivante : « c’est un droit universel et de la jeunesse également », a été la plus commune. Ceci renvoie à la pensée qu’il n’y a pas de droit « exclusif » de la jeunesse, mais qu’il y a des droits qui, de par leur caractère universel, touchent la jeunesse de manière particulière.

En quoi consiste cette particularité ?

Les déclarations des participants ont plus d’un sens : la nécessité s’impose de manière plus pointue ou de manière différente pour les jeunes en fonction du moment du cycle de vie dans lequel ils se trouvent ou des caractéristiques de la conjoncture historique, qui produit des situations qui touchent cette génération en particulier. Il est également établi que les jeunes se sentent plus particulièrement et plus fortement concernés par certains thèmes, et sont plus acharnés à affirmer certains droits, en transformant leur demande en fer de lance particulièrement important pour les acteurs jeunes. Ceci étant, ces droits ne sont pas suffisamment garantis et il est nécessaire de développer des politiques publiques spécifiques ou de présenter un « découpage de la jeunesse » ou un raisonnement du point de vue de la jeunesse.

Comprendre le sens de l’implication et de l’engagement des jeunes Brésiliens dans les débats est un point important qu’il convient de souligner : la maîtrise des questions, la particularité des thèmes présentés et la profondeur de la réflexion dont ils ont fait preuve concernant des questions cruciales, non seulement pour les mouvements jeunes, mais pour tous les mouvements et acteurs sociaux brésiliens préoccupés par les questions relatives à la victoire sur les inégalités et au renforcement de la démocratie. Le sérieux et le respect dont ils ont fait preuve les uns envers les autres durant tout le processus a également été impressionnant, et ils ont pu exposer, de manière claire, leurs arguments et également écouter ceux des autres, mais sans oublier les opinions discordantes et sans forcer les consensus artificiels.

Dans ce sens, l’objectif de créer d’autres niveaux de réflexions concernant l’opinion politique semble avoir été atteint grâce aux dialogues. Comme nous le savons, les jeunes membres d’organisations jeunes brésiliennes ont eu, plus que jamais, la possibilité de se rencontrer et de confronter leurs revendications et leurs demandes durant les différentes rencontres, forums, colloques et conférences qui ont été réalisées ces dernières années. Mais le débat né de ce groupe de dialogue, sans aucun type d’enjeu dans les délibérations, a pu atteindre un niveau de réflexion et une dimension particulière, qui a grandement contribué à la compréhension des différentes positions dans le « domaine de la jeunesse ».

Enfin, les résultats de la recherche mettent clairement en évidence que la jeunesse représente une catégorie d’une grande importance dans le domaine des mobilisations sociales, du combat contre l’inégalité, et que les acteurs jeunes en scène ont beaucoup à dire et à contribuer pour enrichir le registre des droits et faire face aux dilemmes mis en évidence par différentes stratégies appliquées par ceux qui se battent contre la radicalisation de la démocratie et de la justice sociale.

Voir la partie 3

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