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Dossier Colombie, un peuple pris en otage

Bibliographie de la Colombie

, par CDATM

Ouvrages

Colombie, les heures sombres
HYLTON, Forrest - PARIS : IMHO, 2008/03, 191 P.
L’auteur tente d’expliquer la transformation d’un des pays les plus progressistes au XIXe siècle en une république déchirée par un affrontement d’une violence inouïe. Celle-ci s’est installée à fin du XIXe quand l’essor des exportations de café a modifié la répartition des richesses et des terres au profit d’une minorité. Elle s’est renforcée à la fin des années 1950 dans un contexte de guerre froide avec l’engagement dans l’économie de marché marqué par le début de l’ingérence permanente des Etats-Unis. D’où un enchaînement de contestations réprimées et d’insurrections amenant la contre-insurrection du Front national gouvernant sans partage et finalement une escalade avec des groupes armées se disputant le contrôle du territoire. Les milices paramilitaires ont infiltré des partis et des organismes du gouvernement. La Colombie se trouve dans une des périodes les plus sombres de son histoire.

Colombie, derrière l’écran de fumée, histoire du terrorisme d’État
CALVO OSPINA, Hernandez. Le Temps Des Cerises 2008/03, 406 P.
Préface d’Ignacio Ramonet.
La violence politique est une des caractéristiques de la Colombie, conséquence des énormes inégalités sociales et de l’autoritarisme intransigeant de l’Etat. Le pays a d’immenses ressources naturelles dont l’oligarchie nationale, les Etats-Unis et certaines autres puissances ont voulu s’emparer en écrasant le peuple. Pendant longtemps, ce sont les forces armées officielles qui ont maintenu l’ordre de façon très sauvage ; maintenant, ce sont les paramilitaires qu’elles ont mis en place qui se chargent du travail. Le trafic de drogues est un des ressorts des luttes qui ensanglantent le pays, les Etats-Unis étant passé maîtres dans la manipulation dans ce domaine. Assassinats, enlèvements, politiques ou mafieux, se succèdent. Courageusement, des secteurs de la population, des personnalités, essaient d’organiser la résistance en adoptant diverses formes de lutte.

Colombie : « Laissez-nous vivre en paix ! » Les civils, victimes du conflit armé en Colombie
AMNESTY INTERNATIONAL - 2008/10/28, 80 P.
Le gouvernement colombien refuse d’admettre la situation réelle des droits humains dans le pays et la réduit à une lutte contre le terrorisme international entretenant la guérilla. Malgré des informations faisant état de déplacements forcés où les groupes paramilitaires sont fortement impliqués, d’attaques contre des militants des droits humains et d’homicides commis par les forces de sécurité, les autorités persistent à essayer de donner une image positive de la situation. Le rapport relate l’histoire des personnes et des communautés les plus touchées par le conflit, notamment les membres des communautés afro-colombiennes, autochtones et paysannes tués ou déplacés de chez eux. Au moins 1 400 civils ont trouvé la mort en 2007, nombre en augmentation par rapport à 2006. Le rapport dément certaines vérités assénées par le gouvernement colombien, selon lequel les groupes paramilitaires ont été neutralisés. Amnesty International engage toutes les parties au conflit colombien à faire preuve d’une volonté politique afin de mettre fin aux atteintes aux droits humains.

Les FARC, une guérilla sans fins ?
PECAUT, Daniel - PARIS : LIGNES DE REPERES, 2008/06, 169 P.
Cet ouvrage évoque l’histoire de la guérilla colombienne des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie), de sa longévité, de ses objectifs militaires et politiques, mais il vise surtout à décrire leurs formes d’insertion dans la société, leur recrutement, leurs ressources financières, leurs moyens d’action dans ce pays longtemps resté très mal connu de la France. Des fins ? Les FARC en ont affichées. Une fin ? Difficile à prévoir : la Colombie a changé en un demi-siècle et la direction des FARC a perdu des figures légendaires dont l’autorité était reconnue ; tout dépend de la capacité des nouvelles "têtes" de la guérilla à affirmer leur autorité et à développer une stratégie politique qui les fasse reconnaître comme acteurs politiques et non comme belligérants.

Colombie : Laboratoire expérimental pour la conduite privée de la guerre
AZZELLINI, DARIO - BAYONNE ; PARIS : GATUZAIN, 2006/07, P. 133-165
Derrière la façade démocratique, la Colombie est un Etat paramilitaire dans lequel, chaque année, il y a plus de personnes assassinées pour des motifs politiques que pendant la dictature de Pinochet au Chili : les victimes sont des syndicalistes ou des militants des droits de l’Homme qualifiés par les paramilitaires de sympathisants de la guérilla. L’auteur analyse comment les groupes paramilitaires ont été créés, comment les élites locales s’en sont remises à des compagnies militaires privées (CMP), grâce à l’aide financière et politique en provenance des Etats-unis principalement et comment les multinationales travaillent conjointement avec les forces armées et interviennent directement dans la guerre.

Les paramilitaires à Medellin : Démobilisation ou légalisation ?
AMNESTY INTERNATIONAL, 2005/09, 49 P.
Le système paramilitaire qui a conduit à une paramilitarisation de la Colombie est décrit. Au lieu de dissoudre les groupes paramilitaires et de mener des actions judiciaires pour respecter les droits des victimes, le gouvernement Uribe a engagé des négociations avec les paramilitaires pour définir un processus de démobilisation. La loi pour la justice et la paix qu’il a fait voter reconnait bien le droit des victimes à la vérité, à la justice et aux réparations mais le texte ne prévoit pas les mesures d’application. Elle est considérée par les observateurs internationaux comme une loi d’impunité qui légalise l’existence de paramilitaires. Ces prévisions se confirment. Les paramilitaires sont recyclés dans la sécurité privée et certains d’entre eux accèdent à des mandats politiques. Des persécutions des défenseurs des droits humains qui leur sont imputables, se poursuivent.

Colombie : Le conflit armé favorise les violences sexuelles à l’égard des femmes
AMNESTY INTERNATIONAL, 2004/10/13, 71 P.
Tous les groupes armés pratiquent des violences sexuelles. Les femmes sont particulièrement visées. Ces violences sont courantes lors des massacres perpétrés par les paramilitaires. Des femmes subissent des violences souvent sexuelles lorsqu’elles sont détenues par des groupes armées ou lors de perquisitions. Elles sont aussi enlevées pour servir d’esclaves sexuelles ou agressées après recrutement par des membres de leur propre camp. Les femmes sont devenues les victimes cachées de ce conflit dans la mesure où il leur est difficile de porter plainte dans un contexte où la victime est trop souvent mal accueillie. Ce rapport leur donne la parole pour contribuer à faire connaître l’ampleur et la gravité de ce type de violence.

Dans les revues

Les guerres de l’or ou ce qui est en jeu en Colombie
OSPINA, William - ESPACES LATINOS, n°190-191, 2002/02, P. 17-22
Depuis la colonisation, chaque richesse a donné lieu à des violences : cruautés, esclavage, servage, conflits entre colons, conflits pour la terre, conflits politiques, persécution des organisations de travailleurs ... Une oligarchie a privilégié une exploitation des richesses destinée à l’exportation et les intérêts des populations et de la main-d’œuvre ont été oubliés ; c’est "l’incapacité à défendre et à partager" ces richesses qui explique ces violences. En Colombie, l’Etat doit se donner les moyens de faire face aux défis de notre siècle.

Colombie indigène
IKEWAN, n°75, 2010/01, P. 3-11, P. 16
Pas moins de 81 peuples autochtones vivent disséminés sur le territoire colombien. Ils sont très souvent en première ligne des conflits qui meurtrissent ce pays et les richesses de leurs terres ont toujours attiré les Occidentaux : quatre petits peuples d’Amazonie colombienne ont ainsi été quasiment décimés au début du 20e siècle. Aujourd’hui, les Embera Katio, qui avaient déjà vu une partie de leurs terres ancestrales immergée sous les eaux d’un barrage, sont menacés par le projet de construction d’un second barrage. Mais ces peuples sont très mobilisés pour faire respecter leurs droits et leurs cultures. Le programme d’éducation autochtone de l’Université d’Antioquia à Medellin en est un exemple, unique en son genre et qui mérite d’être soutenu.

Chômage et précarisation du travail : une autre menace qui plane toujours
DELGADO, Alvaro - DIAL, n°3071, 2009/09/01, 4 P.
La médiatisation de la menace des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) sur les Colombiens, ne doit pas faire oublier une autre menace, les lois sur le travail qui concernent les conditions de vie de millions d’habitants. L’auteur analyse les effets sociaux désastreux de la politique gouvernementale. Ces lois, dont certaines rappellent des lois françaises d’aujourd’hui, déstabilisent le pays qui réagit par de nombreuses mobilisations des travailleurs, avec la perspective dramatique d’une catastrophe imminente.

La difficile dépolitisation du conflit armé
QUIROGA GOMEZ, Diego - DIAL, n°3070, 2009/09/01, 4 P.
L’auteur présente une critique argumentée de l’effort du gouvernement pour réduire le problème des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie), mais les problèmes à l’origine du soulèvement armé persistent : déplacements de populations, expropriations violentes, irruption de la "guerre contre le terrorisme" ; ces questions confirment que la résolution du conflit armé se joue sur le terrain politique et non par la guerre comme le prétend le gouvernement.

Quel bilan tirer de sept années de présidence Uribe ?
DURAN, Mauricia Garcia - DIAL, n°3069, 2009/09/01, 2 P.
Les proches du président Uribe insistent sur les réussites de son administration. Cependant, le conflit armé et le narcotrafic persistent ainsi que le phénomène des paramilitaires. La politique gouvernementale favorise les intérêts des grands industriels aux dépens du bien-être collectif. Pour le gouvernement, la cohésion sociale est synonyme d’unité autour de l’image du président Uribe. Cette opinion est confirmée par des sondages qui sont peu représentatifs des conditions de vie d’une grande partie des Colombiens.

Mingas : contestation et réflexion
ABAD, Susan - DIAL, n°3035, 2009/01/01, P. 1-4
Dans ce dossier des mobilisations populaires, on constate que les MINGAS, ou marches, ont vu des milliers d’Indiens protester en octobre et novembre 2008. Depuis que le président URIBE est au pouvoir, ce sont en effet 1253 Indiens qui ont été assassinés et 18 groupes d’Indiens qui sont en voie de disparition. L’Etat ne veut pas reconnaître de problème territorial et légalise la spoliation. Les MINGAS revendiquent les droits ancestraux des Indiens et veulent s’opposer aux transnationales qui mettent en oeuvre des projets destructeurs.

Des commmunautés de villageois s’affrontent à une entreprise minière
ABAD, Susan - DIAL, n°3034, 2009/01/01, P. 1-4
Les populations indiennes et afro-colombiennes se mobilisent pour défendre leurs droits à la terre. El Cerrejon, consortium international d’entreprises australienne, britannique anglo-américaine et suisse, a ouvert la mine de charbon à ciel ouvert la plus grande du monde. Ce consortium viole les droits de dizaines de communautés et expulse les habitants de leurs terres. Malgré une bataille juridique pour défendre ces populations, de nombreuses familles sont en détresse car l’entreprise qui a gagné 1,5 millions de dollars en 2007 tarde à prendre en charge les dommages causés aux populations locales.

Un pays de déracinés
MANRIQUE, Jenny - DIAL, n°3003, 2008/06/01, P. 1-4
A cause des menaces des différents groupes armés sur le territoire, ce conflit a causé le déplacement interne de trois millions de personnes depuis 20 ans. Le pays est ainsi en train de se reformer dans les quartiers pauvres de la périphérie de Bogota. Cette population est dépendante de la coopération internationale. Une organisation créée par les personnes déplacées essaie de faire prendre conscience du problème afin que l’assistanat soit remplacé par un investissement social.

Colombie : or vert, sang et larmes
RUEDA, Danilo - ALTERMONDES, n°14, 2008/06, P. 23
En Colombie, des communautés paysannes sont forcées d’abandonner leur territoire pour laisser place à la culture des agrocarburants, substitut au pétrole ; plus de quatre millions de personnes ont ainsi été déplacées en quinze ans sous la pression des groupes paramilitaires. La résistance civile s’organise sous la forme de "zones humanitaires", villages qui remettent en place les cultures vivrières traditionnelles, respectueuses de l’environnement.

La tournure inattendue du processus de démobilisation des paramilitaires
LEECH, Gary, 2007/07/06.
La démobilisation des paramilitaires a terriblement mal tourné pour l’administration Uribe. Elle a révélé le scandale de la parapolitique. Il a été déclenché lors des élections municipales et législatives de 2006 à la suite d’informations sur les liens entre les chefs paramilitaires et des candidats de droite pro-Uribe, confirmées par la saisie d’un ordinateur portable d’un assistant d’un chef paramilitaire. En mai 2007, plus de 50 élus nationaux ou locaux sont mis en cause. Des proches alliés politiques du président Uribe sont accusés de crimes. L’accueil hostile réservé au Président lors d’une visite à Washington au début du mois de mai montre que le scandale de la "parapolitique" commence à ternir sa réputation.

Fiches d’expérience DPH

L’éducation populaire en situation de conflit
MATIAS Daniel, 2001/12
[en ligne : http://base.d-p-h.info/...]

L’état inachevé : Les racines de la violence en Colombie
Pierre Yves GUIHENEUF, DPH, 1996/04
[en ligne : http://base.d-p-h.info...]

Réseau des constructeurs de paix en Colombie »
Diego Escobar, Cinep, 2002
[en ligne : http://base.d-p-h.info...]

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